Plusieurs élus et acteurs de l’industrie de l’aluminium ou du milieu économique du Saguenay–Lac-Saint-Jean ont assisté, mercredi, à la conférence de presse de la ministre Mélanie Joly, qui a annoncé 5 M$ pour soutenir un projet de traçabilité de l’aluminium canadien. L’annonce avait lieu à l’Université du Québec à Chicoutimi, dans le respect des mesures de distanciation sociale.
Plusieurs élus et acteurs de l’industrie de l’aluminium ou du milieu économique du Saguenay–Lac-Saint-Jean ont assisté, mercredi, à la conférence de presse de la ministre Mélanie Joly, qui a annoncé 5 M$ pour soutenir un projet de traçabilité de l’aluminium canadien. L’annonce avait lieu à l’Université du Québec à Chicoutimi, dans le respect des mesures de distanciation sociale.

Traçabilité de l’aluminium: une annonce bien reçue, mais d’autres actions réclamées

Myriam Gauthier, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Myriam Gauthier, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Le Quotidien
L’annonce d’un projet de traçabilité de l’aluminium canadien a généralement été bien reçue par les acteurs du milieu au Saguenay–Lac-Saint-Jean, mais elle en amène certains à réclamer des actions supplémentaires.

Le président du Syndicat des travailleurs de l’aluminium d’Alma, Sylvain Maltais, s’est dit satisfait et a rappelé que la traçabilité était attendue par le milieu de l’aluminium. «C’est une première étape, mais il faut qu’il y ait beaucoup d’autres étapes subséquentes qui vont suivre», a-t-il cependant soulevé, en entrevue avec Le Quotidien, après avoir assisté à l’annonce de la ministre Mélanie Joly, mercredi.

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«Je pense que ce n’est pas ça qui va nous sortir de la crise avec les États-Unis et la crise dans laquelle on est», a poursuivi le représentant des Métallos de l’Usine Alma de Rio Tinto.

Il assure que son syndicat sera «très, très exigeant» quant à l’utilisation des sommes tirées des représailles tarifaires d’Ottawa, lesquelles doivent entrer en vigueur le 16 septembre, en réplique aux tarifs douaniers américains imposés depuis le 16 août sur l’aluminium brut canadien.

«Un bon pas dans la bonne direction», souligne Josée Néron

La mairesse de Saguenay, Josée Néron, a accueilli la mesure comme «un bon pas dans la bonne direction» qui s’inscrit dans la suite des demandes de la délégation régionale qui s’était rendue à Ottawa en janvier pour rencontrer la ministre Chrystia Freeland.

Elle espère que ce projet de traçabilité permettra éventuellement de mettre en valeur l’aluminium «vert» produit dans la région. «Ça permettrait à nos usines qui se démarquent déjà par la qualité de l’aluminium qu’elles produisent d’avoir leur reconnaissance enfin ultime lorsqu’un produit est mis sur une tablette.»

Des sommes «modestes», selon Richard Martel

Le député conservateur de Chicoutimi–Le Fjord, Richard Martel, qui était également présent mercredi, a qualifié l’annonce de «petit pas vers la valorisation de l’industrie».

«Mais il ne faut pas arrêter! Il reste beaucoup à faire pour sécuriser le marché. C’est sûr que ce n’est pas mauvais. Les sommes sont quand même modestes. On aurait aimé être au Parlement et demander un peu plus, mais là, vu qu’on ne siège pas, on écoute et c’est un peu plus difficile de débattre de certaines choses», a-t-il commenté, au lendemain de l’annonce de la prorogation du Parlement par le premier ministre Justin Trudeau.

Une annonce importante pour l’industrie, affirme Rio Tinto

Sébastien Ross, directeur exécutif Opérations Québec chez Rio Tinto, a pour sa part souligné qu’assurer la traçabilité de l’aluminium canadien était un élément important pour l’industrie.

«On pense que c’est un pas dans la bonne direction pour le futur, pour parler avec des chiffres à l’appui, quand on parle avec les autorités américaines», a exprimé le grand patron de l’entreprise au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

«Déception et scepticisme» du côté des bloquistes

Les députés bloquistes de la région ont accueilli l’annonce avec «déception et scepticisme», tout en déplorant qu’elle ne répondait pas aux attentes de l’industrie. «C’est louable de vouloir stimuler la croissance et l’innovation, mais encore faut-il se donner les moyens pour y arriver», a affirmé le député de Lac-Saint-Jean, Alexis Brunelle-Duceppe, par voie de communiqué.

Il réclame que les sommes récoltées par les contre-mesures, lors du dernier différend commercial entre Ottawa et Washington, soient retournées entièrement à l’industrie.

«Tout le monde s’attend à des mesures bien plus musclées et structurantes dans un contexte où l’industrie est encore une fois menacée», a critiqué pour sa part son collègue de Jonquière, Mario Simard.