André Trudel, directeur régional de l’ACQ pour la Mauricie, Bois-Francs, Centre-du-Québec et Lanaudière, et Guillaume Houle, responsable des affaires publiques de l’ACQ.

Toujours en manque de bras dans la construction

Trois-Rivières — Le manque de main-d’œuvre dans le domaine de la construction est un phénomène connu depuis des années et selon les prévisions de l’Association de la construction du Québec, il manquera environ 250 travailleurs par année durant les 10 prochaines années pour satisfaire la demande de l’industrie dans la région.

L’ACQ a dévoilé il y a deux semaines le résultat d’une étude réalisée par la firme Raymond Chabot Grant Thornton qui démontre le manque de près de 20 000 travailleurs à l’échelle québécoise dans différents corps de métier. En Mauricie et au Centre-du-Québec, le milieu de la construction a surtout besoin d’opérateurs de machineries lourdes, de soudeurs, de briqueteurs-maçons, de grutier et de calorifugeurs.

«Les métiers en pénurie en Mauricie peuvent faire ralentir considérablement les travaux. Ça augmente les coûts de construction», déclare Guillaume Houle, responsable des relations publiques de l’ACQ qui organisait, mercredi à Trois-Rivières, une rencontre concernant le manque de travailleurs.

«La pénurie de main-d’œuvre a un impact majeur. Des entreprises auraient doublé leur chiffre d’affaires si elles avaient eu suffisamment de main-d’œuvre. Donc, ce n’est pas l’ouvrage qui manque», ajoute le directeur régional pour la Mauricie, les Bois-Francs, le Centre-du-Québec et Lanaudière, André Trudel, en donnant comme exemples les chantiers du nouveau Colisée et du développement de Trois-Rivières sur Saint-Laurent.

Avec les programmes d’infrastructures annoncés par les gouvernements et les projets privés, l’activité dans cette industrie va très bien. Selon M. Houle, 2019 devrait se conclure avec un total de 180 millions d’heures travaillées. L’ancienne marque date de 2012 et était de 165 millions d’heures travaillées.

«Avec les prévisions pour les 10 prochaines années, on n’anticipe pas une diminution du nombre d’heures en deçà de 2012», ajoute M. Houle.

Voilà pourquoi l’ACQ réclame du gouvernement un soutien pour accompagner l’industrie de la construction dans le recrutement de personnel.

Cela passe par l’offre de formation en régions pour les formations professionnelles et par l’investissement dans les nouvelles technologies qui pourraient soutenir les entreprises à accomplir des tâches par des équipements robotisés.

Guillaume Houle reconnaît que la promotion des métiers de la construction doit être améliorée.

«On tend la main à l’ensemble des partenaires de l’industrie pour valoriser les métiers de la construction. Ce sont des métiers très bien rémunérés. On parle en moyenne de 40 $ l’heure, avec un fonds de pension très compétitif et des assurances payées à 100 % par l’employeur. Et il y a une garantie de travail.»