En août, le taux de chômage a atteint 3,7 % dans la région métropolitaine de recensement de Québec.

Taux de chômage: Québec reprend sa couronne

Les patrons à la recherche de paires de bras ne sont pas au bout de leurs peines dans la région métropolitaine de recensement (RMR) de Québec. En août, le taux de chômage a atteint 3,7 %, alors qu’il se situait à 3,9 % en juillet.

Au cours des derniers mois, plusieurs compagnies en manque de cerveaux ont rapporté dans différents médias qu’ils pourraient devoir reporter l’exécution de contrats pour des clients. Pire encore, elles doivent parfois en refuser, comme cela pourrait être le cas chez Fibrotek, dans Charlevoix. 

Le Tim Hortons sur le chemin Sainte-Foy a même été contraint de fermer quelques jours cette semaine, faute d’employés.

Une situation qui cause des maux de tête. Et le mois d’août n’aura pas fait exception.

Selon les données de l’Enquête sur la population active publiées vendredi par Statistique Canada, il s’est perdu dans la RMR de Québec, qui couvre essentiellement les territoires des villes de Québec et de Lévis, 2900 emplois le mois dernier. 

On observe également une diminution de la population active de l’ordre de 3700 individus.

Québec a aussi regagné sa couronne des régions métropolitaines du Canada avec le plus bas taux de chômage.

«C’est le repli de la population active supérieur à celui de l’emploi qui a engendré l’abaissement du taux de chômage à 3,7 %», explique Émile Émond, économiste chez Québec International.

Ce dernier a toutefois de bonnes nouvelles pour les employeurs. 

«Plusieurs indicateurs font miroiter des occasions qui permettront de relâcher la pression sur la disponibilité de main-d’oeuvre», dit-il. «En effet, le taux d’emploi de la RMR est passé de 67,8 % au mois de mai à 66,4 % en août. Cette baisse laisse entrevoir qu’un bassin de travailleurs inexploité est potentiellement accessible», poursuit-il.

Il ajoute également que l’emploi à temps plein a crû dans la RMR, grâce, entre autres, aux «moins de 25 ans qui semblent intégrer de plus en plus le marché du travail».

Pour les amateurs de chiffres, vendredi, sur le site d’Emploi-Québec, 7074 postes étaient à pourvoir dans la Capitale-Nationale et 3530 du côté de Chaudière-Appalaches.

Au Québec

Quant à la province, le taux de chômage est demeuré stable à 5,6 %. Il s’est perdu 2300 postes. 

Les baisses dans le travail à temps partiel (-18 800) ont contrebalancé les hausses dans le travail à temps plein (+16 500).

La majorité des postes disparues est dans le commerce de gros et de détail (-14 200).

«Les données d’août déçoivent», mentionne dans un rapport l’économiste principale du Mouvement Desjardins, Joëlle Noreau. 

«Toutefois, selon le Baromètre des affaires de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, les intentions d’embauche sont positives, particulièrement au Québec, et ce, malgré le contexte d’incertitude entourant la négociation de l’ALENA. La rareté de candidats peut aussi nuire au recrutement», poursuit-elle. 

Au Canada

Au Canada, le taux de chômage est reparti à la hausse en août pour s’établir à 6,0 % , soit une augmentation de 0,2 point.

L’économie canadienne a perdu 52 000 emplois, après avoir enregistré la création de 54 000 nouveaux postes en juillet et de 32 000 autres en juin.

«La baisse globale de l’emploi est principalement attribuable aux personnes de 55 ans et plus» avec une perte de 22 000 postes, a précisé l’agence fédérale.

Au cours du dernier mois, des pertes d’emplois ont été enregistrées «dans le commerce de gros et de détail, ainsi que dans la construction».

À l’inverse, «le secteur des services aux entreprises, des services relatifs aux bâtiments et des autres services de soutien» ont connu des créations nettes de postes. 

Selon un rapport de l’équipe économique du Mouvement Desjardins, «un rebond de l’emploi est attendu dans les mois à venir.» Avec la presse canadienne et AFP

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ÉTATS-UNIS: PLACE À L'EMBAUCHE!

L’économie américaine a continué à embaucher fortement en août, dépassant les attentes des analystes même si le taux de chômage est resté stable tandis que les salaires ont nettement augmenté.

Le taux de chômage aux États-Unis s’est maintenu à 3,9 % et les créations d’emplois ont été plus fortes que prévu à 201 000 contre 147 000 en juillet, selon les données du ministère du Travail publiées vendredi.

Les analystes misaient sur 187 000 nouvelles embauches et un taux de chômage stable.

Mais surtout, face à l’étroitesse du marché de l’emploi, les salaires ont augmenté. La hausse du salaire horaire moyen sur un an en août — à 2,9 % —, est la plus forte depuis juin 2009.

En cette période de pré-rentrée où la consommation se porte bien, les secteurs qui ont le plus embauché sont le commerce de gros (22 000), les transports (20 000) et les services de santé (33 000).

Petite ombre au tableau, l’emploi manufacturier, cheval de bataille du président Donald Trump, est tombé dans le rouge (-3000) pour la première fois depuis un an.

Le nombre de chômeurs est resté stable malgré les embauches.

Il y avait en août 6,2 millions de chômeurs aux États-Unis. AFP