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Tarifs sur l'aluminium: une victoire, mais un optimisme prudent
Tarifs sur l'aluminium: une victoire, mais un optimisme prudent
Le président du Syndicat national des employés de l’aluminium d’Arvida, Donat Pearson. 
Le président du Syndicat national des employés de l’aluminium d’Arvida, Donat Pearson. 

Le monde syndical souhaite mettre l’emphase sur la transformation

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
La décision de Rio Tinto de mettre sur la glace les investissements majeurs au complexe Jonquière et à son aluminerie d’Alma oblige plus que jamais les acteurs socioéconomiques de la région à se tourner vers la transformation de l’aluminium pour soutenir le développement économique à partir du métal de première fusion.

Vendredi dernier, les dirigeants syndicaux des principales alumineries du Québec participaient à la consultation du ministère de l’Économie sur la Politique de l’aluminium. Cet énoncé de principe, adopté par le gouvernement du Québec en 2015 avec un budget de 230 M$, arrive à échéance en 2025 et tout indique que le gouvernement du Québec est à la recherche de projets pour activer la reprise économique post-pandémie.

Le président du Syndicat national des employés de l’aluminium d’Arvida (SNEAA-Local 1937-Unifor), Donat Pearson, affirme que la région possède tous les leviers nécessaires pour activer le secteur de la transformation pourvu que tous les paliers de gouvernement mettent l’épaule à la roue.

Les dirigeants syndicaux, explique Donat Pearson, ont disposé d’une heure pour discuter des enjeux de l’aluminium en compagnie de l’adjoint au sous-ministre à l’économie. Malgré la durée de l’entretien, le leader syndical assure que les représentants des travailleurs ont eu le temps de passer les bons messages.

«On doit prendre acte de la décision de Rio Tinto qui a mis sur la glace les projets d’investissement. Je ne suis pas là pour les défendre, mais c’est clair que la situation est difficile. On doit donc se tourner vers le secteur de la transformation et il faut tenter de mettre en place un parc industriel dans lequel on regrouperait les entreprises de façon à ce qu’elles puissent se compléter», précise celui qui siège au conseil d’administration de la Société de la vallée de l’aluminium.

À la base, reprend Donat Pearson, la région dispose d’un approvisionnement en aluminium liquide. Il y a maintenant une entreprise d’extrusion. Ce sont des atouts qui peuvent servir de leviers. Il est anormal, selon M. Pearson, que les Québécois achètent des meubles d’extérieur provenant de l’Asie quand on a ici la matière première.

«Il y a des projets intéressants sur la table, mais il faut que les gouvernements épaulent ces projets. On parle de tous les niveaux de gouvernement, puisque nous voyons des projets aboutir dans des municipalités qui offrent des avantages fiscaux», reprend le président du SNEAAA.

Dans cette foulée, le président du SNEAAA considère que les intentions du gouvernement pour développer le nouveau créneau «Fabriqué au Québec», répété à plusieurs reprises par le premier ministre François Legault, peuvent aussi devenir un levier pour les investisseurs et les entrepreneurs.

Ce sont des ouvertures qui doivent faire partie de la réflexion gouvernementale et dans la région pour tirer profit de la présence de Rio Tinto, avec la disponibilité de métal, certes, mais également avec ses capacités techniques. Donat Pearson a précisé que le SNEAAA, avec le changement de garde, allait être très actif pour tout ce qui concerne l’industrie de la transformation de l’aluminium dans le futur.

Investissements à l’usine Vaudreuil
Pour ce qui est du fonctionnement de Rio Tinto, ce dernier explique qu’il y a certains investissements dans l’usine de produits chimiques Vaudreuil. Il s’agit d’investissements nécessaires pour augmenter la capacité de production de cette usine très importante au chapitre des emplois.

Le syndicat a aussi fait la démonstration que Rio Tinto ne veut pas abandonner rapidement la production d’aluminium dans les salles de cuves précuites malgré la décision de l’entreprise de ne pas remplacer les cuves mortes. Selon Donat Pearson, Rio Tinto procède au remplacement de certaines de ces cuves afin de maintenir le procédé et remplir les carnets de commandes. La décision de ne pas remplacer toutes les cuves mortes est toujours en vigueur.

«L’aluminium est un procédé dans le temps qui a besoin d’un équilibre. Comme on le dit dans les usines, ils ne veulent pas perdre la recette et c’est pour cette raison qu’ils doivent remplacer certaines cuves mortes.»