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Tarifs sur l'aluminium: une victoire, mais un optimisme prudent
Tarifs sur l'aluminium: une victoire, mais un optimisme prudent
Sylvain Maltais, président du Syndicat des Métallos Local 9490. 
Sylvain Maltais, président du Syndicat des Métallos Local 9490. 

Investissements chez Rio Tinto: Sylvain Maltais presse Québec d’agir

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
Le gouvernement du Québec a la bonne fenêtre pour mettre en place des incitatifs que la multinationale Rio Tinto pourra difficilement refuser et ainsi relancer les investissements dans Alma 2, la nouvelle usine de billettes et l’accélération du projet Élysis avec une usine de production de cette technologie.

Le président du Syndicat des Métallos Local 9490, Sylvain Maltais, n’y va pas de main morte. Il a clairement laissé entendre qu’après une rencontre tenue vendredi dernier avec le sous-ministre adjoint à l’économie du gouvernement du Québec, il fera suivre un document audacieux qui tient compte de la nouvelle réalité, dont la fin de la surtaxe à l’exportation aux États-Unis.

«Il s’agit d’une bonne rencontre. Nous ne tournons pas le dos à la deuxième et troisième transformation, mais nous sommes toujours convaincus de l’importance de nos projets industriels majeurs pour l’usine d’Alma. Quand ils ont construit l’usine, la décision a été prise d’investir 100 M$ dans un laminoir à tige. Aujourd’hui, ce laminoir est un équipement névralgique pour l’usine. C’était audacieux à l’époque, mais ça rapporte.»

Sylvain Maltais a la même réflexion pour l’usine de billettes d’aluminium qui en était à l’étape de la réalisation, au moment du report du projet. «Le gouvernement doit faire une offre tellement intéressante à Rio Tinto qu’ils ne pourront pas dire non. Oui, c’est toujours difficile d’aider les grandes entreprises, mais c’est ce qu’il faut faire pour la région», plaide le syndicaliste.

En plus de la fin des tarifs douaniers, Sylvain Maltais estime que la situation à la haute direction de Rio Tinto pourrait offrir cette fenêtre au gouvernement du Québec. Le départ du grand patron Jean-Sébastien Jacques, provoqué par le dynamitage des cavernes des aborigènes en Australie, pourrait avoir des répercussions dans la région. Jean-Sébastien Jacques accordait une très grande importance à la gestion des liquidités au sein de l’entreprise.


« Le gouvernement doit faire une offre tellement intéressante à Rio Tinto qu’ils ne pourront pas dire non. Oui, c’est toujours difficile d’aider les grandes entreprises, mais c’est ce qu’il faut faire pour la région. »
Sylvain Maltais

Sylvain Maltais ne critique pas cette façon de faire, mais considère qu’il y a autre chose que les liquidités pour assurer l’avenir. Il juge que l’on a peut-être négligé les investissements dans les projets qui rapporteront inévitablement un jour ou l’autre.

Le leader syndical est convaincu que la présente consultation menée par le gouvernement du Québec constitue un bon outil pour mettre de la pression sur les producteurs d’aluminium. Il a constaté que les sous-ministres adjoints présents à la rencontre des présidents de syndicat connaissaient très bien les grands enjeux de l’industrie et la situation des alumineries. Dans un tel contexte, il admet avoir confiance dans la volonté du gouvernement caquiste de faire bouger les choses après le gel des investissements décrété par la haute direction de Rio Tinto.

«Ce n’est pas trop compliqué. Nous demandons en plus des billettes la réalisation d’Alma 2 avec l’intégration de la technologie Élysis, puisque cette technologie sera offerte avant la technologie AP40 qui est en ce moment la plus utilisée dans le monde.»

Sylvain Maltais ajoute aux demandes syndicales la construction d’une usine de production d’anodes de la gamme Élysis à Alma. Cette technologie, il faut le rappeler, aura des impacts importants sur la main-d’œuvre dans les salles de cuves en raison de la durée de vie beaucoup plus longue des anodes de céramique. Dans un tel contexte, le leader syndical croit qu’il est important que la région obtienne l’usine de production de ces anodes.

Le leader syndical est revenu brièvement sur la fin des droits douaniers américains sur l’aluminium canadien.

«En général, on frappe sur les politiciens. Mais cette fois, pour le dossier des droits sur l’aluminium, on doit reconnaître que Mme Chrystia Freeland (ministre des Affaires étrangères à l’époque), qui a mené le dossier, a livré la marchandise comme elle l’avait promis. Elle n’est pas très grande, mais elle en impose et surtout, quand vous lui parlez, elle a la qualité de vous écouter pour comprendre vos enjeux en tant que travailleur.»