Une barrière donnant accès à la centrale Isle-Maligne de Rio Tinto est au coeur du litige entre Rio Tinto et le Syndicat des travailleurs et travailleuses d’Énergie électrique nord (STEEN).

STEEN: deux suspensions annulées

Un arbitre de grief a annulé deux suspensions de 80 heures imposées par Rio Tinto à deux syndiqués membres du Syndicat des travailleurs et travailleuses d’Énergie électrique nord (STEEN). Il est demandé à l’entreprise de plutôt y aller d’une réprimande écrite. Rio Tinto devra également les rembourser pour toute somme perdue.

La décision a été rendue par l’arbitre de grief Me Richard Bertrand vendredi dernier.

Le 1er février 2016, Rio Tinto avait suspendu les électriciens Claude Bergeron et André Fortin pour avoir installé des équipements sans l’autorisation de l’employeur. La multinationale les accusait également d’avoir menti à leur employeur lorsqu’interrogés.

Le syndicat a répliqué par des griefs qui ont été débattus en Tribunal d’arbitrage les 30 et 31 août 2017 ainsi que le 31 octobre 2017.

L’histoire tourne autour du système de contrôle de la barrière de la centrale électrique Isle-Maligne (CIM) à Alma. Un nouveau système avait été installé et l’ancien, qui comprend une télécommande et permet l’ouverture de la barrière à l’aide d’une carte détenue par les employés, avait été retiré. Or, le 7 janvier 2016, les deux électriciens visés l’avaient réinstallé de leur propre gré durant quelques heures puis l’ont enlevé, craignant que la panne du nouveau système qui sévissait pourrait avoir été causée par cette installation. 

Selon l’employeur

L’employeur a soutenu alors qu’ils avaient reçu un ordre clair quelque temps auparavant de ne pas réinstaller l’ancien système. Dans la lettre datée du 1er février et annonçant les suspensions, Rio Tinto était sans équivoque. « Notre enquête révèle qu’en compagnie de votre collègue, vous avez altéré le fonctionnement de la barrière de sécurité de CIM afin de permettre le contrôle à distance de celle-ci, et ce, à l’insu de votre superviseur et dans le contexte où un nouveau système de sécurité de cette barrière venait d’être installé. De plus, au moment des faits, alors que votre superviseur vous a questionné sur le travail que vous étiez en train d’effectuer, vous avez menti à celui-ci. Vous n’êtes pas sans savoir que d’altérer les équipements de la compagnie à l’insu de votre superviseur et de lui mentir par surcroît ne peut être toléré chez Rio Tinto », était-il écrit à Claude Bergeron et André Fortin.

Selon le syndicat

Lors de la défense, le syndicat avait soutenu que deux employés, sous l’instruction d’un contremaître, avaient demandé aux deux hommes quand la télécommande allait être installée. Le juge a retenu que cette conversation avait pu installer un certain doute. Il a aussi indiqué que l’ordre n’était pas aussi clair que le prétendait l’employeur. « Or, j’ai déjà eu l’occasion de mentionner que la preuve ne révèle pas que les plaignants se soient rendus coupables d’insubordination caractérisée, d’altération ou de destruction des biens de l’employeur, de vandalisme ou de sabotage. Je crois néanmoins qu’ils ont commis une faute, qui se situe toutefois à un niveau bien moindre que celui allégué par l’employeur et pour lequel il a jugé à-propos d’imposer une suspension de 80 heures. Conséquemment, il y a lieu d’intervenir pour modifier la mesure disciplinaire imposée et la transformer en avertissement sérieux de s’en tenir aux directives de l’employeur », a tranché le juge.

Contactée par Le Quotidien, la porte-parole de Rio Tinto, Xuân-Lan Vu a mentionné que l’entreprise ne commentait pas les dossiers touchant des employés en particulier.

Rappelons qu’en janvier dernier le STEEN avait perdu une autre cause plus importante, Joëlle L’Heureux du Tribunal d’arbitrage avait confirmé, le 11 janvier dernier, le congédiement de l’ancien vice-président du syndicat, Mario Jean, par Rio Tinto en avril 2014. Il avait été accusé par Rio Tinto d’avoir fabriqué le 6 février 2014 une fausse lettre signée par un haut dirigeant annonçant la suppression à venir de postes de cadres.