Jean Rainville, président et chef de la direction de Métaux BlackRock.

Salle comble pour BlackRock

Après dix ans de démarches, la société minière Métaux BlackRock (MBR) met la table aux entrepreneurs de la région afin de préparer le lancement de son projet d’ouverture de mine de ferrovanadium dans la région de Chibougamau et la construction d’une usine de production de fonte de fer sur le site industrialo-portuaire de Grande-Anse, au coût de 1 G $.

Lors d’un dîner devant une salle comble de 350 gens d’affaires réunis au Montagnais à l’initiative de la Chambre de commerce et d’industrie Saguenay-Le Fjord, l’équipe de direction a fait le point sur les avancées du projet et a pu rencontrer en après-midi 75 entreprises intéressées à brasser des affaires à l’occasion de rencontres éclairs d’une durée de cinq minutes.

La participation de nombreuses entreprises régionales, ces dernières décennies, dans la construction d’alumineries, de barrages et de mines à la Baie-James et dans le Nord-du-Québec justifient cette démarche. 

Lors d’une énième présentation publique, Jean Rainville, président et chef de la direction de MBR, a mentionné que la minière s’attend d’ici la fin de 2018 au dévoilement de l’étude d’impact environnemental qui pavera la voie au processus d’audiences publiques du BAPE et aux autorisations gouvernementales finales.

En entrevue, Jacqueline Leroux, vice-présidente régionale Environnement, a mentionné que dans le cadre des échanges avec le ministère du Développement durable, rien n’accroche réellement. Toutefois, des choses complexes, comme la modélisation de la qualité de l’air émanant de la future usine de production de fonte de fer utilisant des dépoussiéreurs et épurateurs, font l’objet de nombreuses interrogations. « On ne peut présenter de projets mal ficelés. On vient s’installer à Port Saguenay en face du Parc du Cap Jaseux. On a le devoir de présenter un projet environnementalement responsable. On a déjà fait des préconsultations sur le sujet pour recueillir les opinions de nos voisins », a-t-elle mentionné.

L’activité organisée par la Chambre de commerce et d’industrie Saguenay-Le Fjord a fait salle comble facilement.

Appels d’offres

M. Rainville a indiqué qu’au cours des prochaines semaines, MBR lancera les premiers appels d’offres pour la réalisation de l’ingénierie détaillée de la future usine tandis que certains autres ont déjà été lancés pour l’ouverture de la mine. 

En ce qui a trait à l’aspect financier du projet, M. Rainville a mentionné que le marché du vanadium, qui devrait représenter 40 % du chiffre d’affaires de la minière, est en hausse constante au prix actuel de 40 000 $ la tonne et s’approche de sommets historiques atteints en 2004-2005.

MBR poursuit la recherche de financement pour son projet de 1 G $ et s’attend à du financement de 100 M $ provenant d’Investissement Québec, en équité et en dette. Un tel financement provenant du gouvernement est susceptible de rassurer d’éventuels investisseurs privés. Il a ajouté que des rencontres se poursuivent à la Délégation du Québec à New York pour recruter de nouveaux investisseurs.

Même s’il s’est refusé à dévoiler des chiffres, M. Rainville a mentionné qu’il est impossible de financer un projet minier de 1 G $ sans offrir un rendement minimum de 15 %.

Plus tôt cette semaine, MBR a annoncé la participation financière d’Orion Financial Group au projet de développement minier qui prévoit la production de 840 000 tonnes de minerai qui seront acheminées à La Baie pour la production annuelle d’un demi-million de tonnes de fonte de fer, 5000 tonnes de vanadium, ainsi que des concentrés de titanium.