La pluie et la main-d’oeuvre sont attendues par les producteurs de la région. ­
La pluie et la main-d’oeuvre sont attendues par les producteurs de la région. ­

Saison des cultures: main-d’oeuvre et pluie attendues

Le froid des dernières semaines retarde légèrement les travaux pour préparer la saison des cultures au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Même si le beau temps s’annonce au rendez-vous, la pluie est indispensable pour réchauffer les sols, rappelle Mario Théberge, président régional de l’Union des producteurs agricoles (UPA).

« Avec la météo qu’on voit, il va manquer d’eau tantôt. Ça prend deux choses pour que ça pousse : de l’eau et du chaud. Là, on a du froid et pas d’eau. Il y a même encore un peu de neige à certains endroits. La seule chose qui fait descendre la gelée, c’est l’eau. Le soleil n’entre pas dans la terre », pointe le président de l’UPA.

Difficile de dire si la saison sera retardée, car les choses peuvent évoluer rapidement en matière de conditions météorologiques.

« On va le voir dans un mois, mais c’est inquiétant. Mais on a appris à ne pas paniquer. Un vrai producteur, c’est toujours inquiet un peu. L’inquiétude finit lorsque tu récoltes. Mais pour l’instant, il n’y a rien qui décolle. Certains ont commencé à planter, mais il sème sur de la terre très froide. Ça dort là tant et aussi longtemps que la terre n’est pas chauffée », image M. Théberge.

Les importantes précipitations de neige encouragent toutefois les producteurs. Les terres ont été bien protégées pendant la saison hivernale, ce qui laisse présager moins de pertes.

« L’hiver a été clément. La neige est le meilleur isolant naturel, et on en a eu », constate le président de l’UPA, également producteur agricole dans le secteur de Normandin.

Travailleurs

Outre la météo, c’est l’enjeu de main-d’oeuvre qui inquiète toujours les producteurs du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Malgré l’incitatif de Québec, soit 100 $ par semaine de plus pour travailler sur les fermes, les inscriptions à ce programme sont « anémiques ». Et quant aux travailleurs étrangers, c’est seulement le tiers de ceux attendus qui sont arrivés au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

« Les inscriptions des Québécois sur le site de Agricarrières, c’est minime. Mais la situation n’est pas juste pour le milieu agricole. Les autres commerces aussi ont dû mal à se trouver des employés en ce moment. Dans mon village, le commerce du coin n’a pas été en mesure d’embaucher d’étudiants encore », constate M. Théberge.

« Plusieurs aiment mieux pour le moment rester chez eux. Parce que si tu travailles, on t’enlève quelque chose », ajoute-t-il, en parlant de la Pestation canadienne d’urgence pour étudiantes (PCUÉ).

Le milieu agricole s’est tourné dans les dernières années vers les travailleurs étrangers pour combler les besoins de main-d’oeuvre. Mais une solution, qui a été réclamée à maintes reprises, pourrait aider les agriculteurs sans coûter de l’argent à l’État. « Ça fait longtemps qu’on demande des allégements fiscaux pour nos travailleurs, surtout les retraités. Plusieurs aimeraient venir donner un coup de main à la ferme et c’est une excellente main-d’oeuvre. Mais dès que tu gagnes 100 $, on l’enlève de l’autre côté. On touche à ta pension, à ton régime de retraite. Tu permets le travail à la ferme sans toucher à la pension et tu viens de régler une bonne partie du problème », plaide-t-il, rappelant que cette solution n’a jamais trouvé écho auprès du gouvernement fédéral.

Le travail à la ferme souffre aussi de plusieurs mythes qui découragent certains travailleurs, croit M. Théberge. « Les gens doivent se lever à 4 h. C’est dur physiquement. Mais ce n’est pas vrai tout ça. Le métier a été dévalorisé, mais pourtant, ça peut être un emploi tellement intéressant. Les gens sont dehors. Certaines tâches sont mécanisées. »