La mairesse de Saguenay, Josée Néron, et la directrice des croisières, Priscilla Nemey, ont écouté attentivement les commentaires d’Anthony Boémi, vice-président au développement du Port de Montréal.

Saguenay possède les atouts

Saguenay possède tous les atouts pour créer des incubateurs d’entreprises technologiques. Il suffit que les décideurs se parlent, se structurent et utilisent les programmes existants pour y parvenir.

La mairesse de Saguenay, Josée Néron, y est allée de ce message à la conclusion de la journée de visite du Quartier de l’innovation de Montréal et du Port de Montréal.

Les entreprises de Saguenay et de la MRC du Fjord, de même que le pouvoir politique, peuvent récolter des retombées économiques importantes de la mission commerciale B2B (business to business) Saguenay—MRC-du-Fjord—Montréal. 

La mairesse de Saguenay et présidente de Promotion Saguenay et ses homologues de Saint-Honoré, Bruno Tremblay, et de Rivière-Éternité, Rémi Gagné, ont récolté des informations pour leur permettre de réaliser des projets selon les besoins de la région. 

Il est clair que la métropole du Saguenay-Lac-Saint-Jean ne peut créer des incubateurs d’entreprises technologiques comme on en retrouve à Montréal, mais chacun convient qu’il est possible de l’adapter aux couleurs locales et régionales.

« Il s’agit d’une très belle visite pour Saguenay, pour Promotion Saguenay, pour les croisières et le Port de Saguenay. Ça nous permet de voir, lorsque l’on parle des principes comme un hub (concentrateur d’ordinateurs), comment Montréal a développé ses projets. »

« Ça nous donne l’opportunité de voir de quelle façon nous pourrions développer nos idées et nos projets selon nos couleurs et nos besoins. Il est possible de le réaliser chez nous. Nous avons une université, des collèges, des entrepreneurs et des gens qui ont des compétences. Nous avons tout ce qu’il faut pour y arriver. Il faut se parler, se structurer pour faire des petits et s’inscrire aux programmes existants », précise Josée Néron.

Directeur général par intérim de Promotion Saguenay, Arthur Gobeil voit les choses du même œil et croit que la Ville est mûre pour développer de nouveaux créneaux pour l’économie du futur.

« Il faut le faire. On peut penser à des incubateurs pour l’aluminium ou pour créer une ville intelligente. En fait, il faut que ce soit multisectoriel. Il faut convaincre les investisseurs (privés et politiques) de croire en ces projets. »

« Ça prend des gens qui y croient, car le succès de tels incubateurs peut prendre de quatre à cinq années avant de se matérialiser », précise M. Gobeil.

MRC du Fjord-du-Saguenay

Du côté de la MRC du Fjord-du-Saguenay, Bruno Tremblay, maire de Saint-Honoré et vice-président de l’organisation, croit que la visite lui permettra de poursuivre le développement de partenariats avec Saguenay.

« J’ai retenu que si la métropole reste toute seule, il ne se produira pas grand-chose. »

« Nous avons 22 000 citoyens dans la MRC et on dépense 80 pour cent de notre budget, soit environ 300 millions de dollars annuellement, du côté de Saguenay. En contrepartie, chez nous, c’est le terrain de jeu des gens de Saguenay. Lorsqu’ils veulent s’amuser, les Saguenéens viennent chez nous. D’où l’importance que les deux secteurs travaillent conjointement. Et nous savons que nous avons une écoute de la part de Mme Néron », précise M. Tremblay.

Une immense maquette de 63 pieds de long a été construite par un employé du Port de Montréal (ça lui a pris neuf ans) et démontre l’ampleur de l’organisation. Le port s’étend sur 26 kilomètres en bordure du Saint-Laurent.

Le succès passe par le travail en commun

Les succès du quai des croisières de Saguenay passent en bonne partie par ceux de Montréal et de Québec. Mais les réussites de ces deux ports majeurs au Québec résultent aussi de ce qui se passe sur le Saguenay.

La présidente du Port de Montréal, Sylvie Vachon, et le vice-président au développement, Anthony Boémi, le crient haut et fort. L’un sans l’autre, ça ne pourrait fonctionner aussi rondement.

« À l’intérieur de l’ACSL (Association des croisières du Saint-Laurent), nous mettons toutes nos ressources en commun. Ça ne se voit pas ailleurs. Le fait de travailler ensemble nous a permis de connaître une croissance sur le Saint-Laurent. Plusieurs autres organisations nous envient dans notre façon de faire », explique M. Boémi.

« Notre idée est de promouvoir le Saint-Laurent avec nos neuf escales. Nous ne pouvons vendre que le port de Montréal aux lignes de croisière. Si on fait ça, les responsables nous demanderaient ce que les passagers feraient après Montréal. Nous leur proposons un itinéraire de neuf escales. Ils peuvent penser à ce qu’ils veulent. L’idée est de vendre le package avec les neuf escales », poursuit le vice-président au développement du Port de Montréal.

S’il va de soi que Montréal et Québec sont des incontournables, Anthony Boémi s’attarde aussi aux succès enregistrés au quai d’escale de La Baie. Il n’hésite pas à faire l’éloge de l’organisation saguenéenne.

« Lorsque l’on regarde le succès de Saguenay, c’est remarquable. Il y a cinq ans, Montréal recevait 30 000 visiteurs (100 000 aujourd’hui). Saguenay, qui n’était pas auparavant un port de croisière, en a reçu 43 000 en 2017. »

« Et en plus, Saguenay gagne des prix pour son accueil. Et cet accueil, tout le monde en parle dans le milieu des bateaux de croisière », ajoute M. Boémi.

En 2017, Montréal a accueilli 59 bateaux de croisière, alors que Saguenay en recevait 55. Pour 2018, Montréal prévoit le passage de 65 navires contre 64 pour Saguenay. 

Et Saguenay accueillera la croisière de Disney, qui ne pourra se rendre à Montréal en raison du tirant d’air (ponts Laviolette, à Trois-Rivières, et Jacques-Cartier, à Montréal).

Directrice à Promotion Saguenay pour les bateaux de croisière, Priscilla Nemey abonde dans le même sens que son confrère montréalais, sachant très bien que Saguenay ne peut attirer des navires à elle seule et que Montréal ne peut faire de même.

« Les lignes de croisière ne veulent pas qu’une escale, elles veulent un circuit. De cette façon, les neuf ports d’escale du Saint-Laurent se complètent bien. Il n’y a pas de compétition entre nous. Nous voyons même à nous entraider lorsque cela est nécessaire », mentionne Mme Nemey.