L’usine de RSI Environnement offre une technologie unique en Amérique du Nord.

RSI Environnement décontamine l’Amérique du Nord

RSI Environnement, autrement connu sous le nom de Récupère Sol, continue d’être reconnue à l’étranger. En revanche, les contrats obtenus au Québec ne sont pas encore légion.

L’entreprise de Saint-Ambroise, spécialisée en traitement des sols contaminés et en gestion environnementale, continue d’offrir ses services reconnus, en plus de consacrer énormément de temps et d’investissements en recherche et en développement.

En 1992, Claude Pedneault obtient le premier certificat d’autorisation. Il construit le premier centre de biotraitement. L’année 1996 est marquée par la vente de l’entreprise à Bennett Environnement et par la construction d’une unité thermique. L’année suivante, l’entreprise commence à opérer de manière commerciale. C’est à ce moment que Jean-François Landry fait son arrivée dans l’entreprise comme ingénieur de procédés. En 2013, il achète les actifs de l’entreprise avec l’aide d’autres partenaires financiers. Dans les dernières années, l’entreprise sous le nom Récupère Sol devient RSI Environnement.

L’ambassadeur de marque, Luc Caza, explique le procédé de RSI Environnement.

Vers une opération annuelle
Malgré toutes ces années d’expertise, l’entreprise unique en son genre a bien de la difficulté à percer le marché québécois. En ce moment, de 10% à 15% des sols contaminés traités proviennent du Québec. Le reste provient du reste du Canada et des États-Unis. Cette année, près de 60% des contrats sont américains. L’équipe de direction explique cela, entre autres, par les accréditations nord-américaines. L’équipe et la technologie sont également en cause.

Le souhait de l’équipe de direction est bien simple: être en mesure d’allonger la période d’opération. Présentement, la période forte est de juin à novembre. En obtenant plus de contrats québécois, l’entreprise serait en mesure de tendre vers une opération presque annuelle. Les gestionnaires sont d’avis qu’une certaine volonté politique est de plus en plus présente.

« On dit souvent de nous qu’on est plus chers et trop chers. On a démontré avec le temps qu’on est encore légèrement plus chers que l’enfouissement, mais qu’on est en mesure de compétitionner avec eux», fait valoir Jean-François Landry.

David Chrétien, CPA vice-président des finances, Jean-François Landry, ingénieur et président-directeur général ainsi que Luc Caza, ambassadeur de marque.

La mission de l’entreprise est portée par les dirigeants et les employés. « On se fait régulièrement demander pourquoi nous sommes autant déterminés et intenses quant à nos standards », témoigne M. Landry. La constante amélioration est au coeur du travail de l’équipe. L’ingénieur explique que plusieurs entreprises américaines et canadiennes courtisent RSI Environnement pour ses façons de faire et d’être, ainsi que pour ses procédés.

La compétition existe pour le traitement de sols contaminés. Les clients se retrouvent devant diverses options. Toutefois, les procédés sont extrêmement différents d’entreprise en entreprise. Au Saguenay–Lac-Saint-Jean, de l’enfouissement direct est fait à Larouche.

La culture est encore appelée à changer pour le mieux, estime M. Landry, qui a bon espoir en la nouvelle génération et aux nouvelles mesures entrepreneuriales. Il est d’avis qu’il y a encore trop de façons de contourner la loi. « Les gens ne comprennent pas la gravité d’envoyer autant de choses à l’enfouissement, même si c’est permis de le faire », déplore Jean-François Landry.

Nombreuses collaborations
Une collaboration avec Agrinova d’Alma permettra de mettre en marché un terreau qui comprendra la matière décontaminée provenant de l’usine. Des tests sont actuellement réalisés en vue d’une culture à grande échelle avec ce produit qui contient des résidus d’entreprises régionales. L’objectif est d’être en mesure de commercialiser le produit l’an prochain.

Un projet pilote est également en cours avec la municipalité et la Société d’aide au développement de la collectivé (SADC). RSI Environnement accepte les matériaux de construction qui sont mélangés au sol avant le procédé de décontamination.

Par ailleurs, l’entreprise est en attente de permis permettant le traitement des eaux usées. Cette nouvelle offre permettra d’abaisser certains coûts de production.

Le sol contaminé devient inerte à la fin du traitement thermique.

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UN PROCÉDÉ UNIQUE

Plusieurs options s’offrent à des entrepreneurs qui se retrouvent devant la responsabilité de sols contaminés. Au Québec, 29 centres de traitement offrent notamment le biotraitement et la bioventilation. De son côté, l’entreprise RSI Environnement de Saint-Ambroise propose un ensemble de services uniques en Amérique du Nord.

Lors de leur arrivée sur le site de Saint-Ambroise, les sols contaminés subissent plusieurs étapes avant de redevenir neutres.

Le site comprend un entrepôt de préparation. Ce premier arrêt permet le mélange des sols avant de les acheminer au couloir principal. Les entrepôts sont des bâtiments à pression négative, ce qui assure de conserver les contaminants à l’intérieur des bâtiments. 

Ensuite, les sols sont amenés vers le brûleur principal, qui atteint des températures de 650 degrés Celsius. Cette température transforme les contaminants organiques en gaz. Ceux-ci se séparent ensuite du sol. Un sol inerte ressort de ce traitement. Les gaz subiront un deuxième traitement dans une chambre de combustion à 1000 degrés Celsius. Cette température élevée assurera la séparation des molécules. Les gaz neutralisés, qui peuvent être trop acides ou trop basiques, seront contrôlés avant de passer à travers la cheminée. Cinquante pour cent des émanations d’eau sont de la simple vapeur. De ce point, une lecture est faite 24 heures sur 24 afin de transmettre les informations reliées à de possibles émanations au ministère de l’Environnement. Le site comprend également deux lagunes d’eau utilisées pour le traitement des eaux usées de l’entreprise.

« Nous sommes les seuls en Amérique du Nord à faire un tel traitement thermique pour les sols. Nous sommes les seuls à faire de la désorption thermique pour les sols contaminés. Il n’y a plus d’organismes ou de matières organiques dans les sols », assure Jean-François Landry, président-directeur général de l’entreprise. Un certificat de destruction garantissant l’absence de contaminants est remis aux clients à la fin du traitement des sols. 

RSI Environnement est en mesure de décontaminer presque tous les sols. Les permis fixent les limites. L’entreprise de Saint-Ambroise détient même les autorisations pour traiter les dioxines et les furanes, qui se retrouvent dans la base de l’agent orange utilisé lors de la guerre du Vietnam, ce qui la rend d’autant plus unique en Amérique du Nord.  

« J’ai les certificats d’autorisation et les permis nécessaires pour gérer les contaminants les plus toxiques du monde », ajoute M. Landry.

Jusqu’à 45 employés

Les traitements faits par RSI Environnement nécessitent plus de main-d’oeuvre que les autres façons de faire. L’entreprise accueille jusqu’à 45 employés en période d’opération, alors que le biotraitement nécessiterait entre six et 12 personnes, et que l’enfouissement n’aurait besoin que de quatre à six personnes.