Caroline Leclerc, copropriétaire de la boutique Rose Bonbon

Rose Bonbon mise sur les ventes en ligne

Comme des milliers de commerces et entreprises, la boutique Rose Bonbon, aménagée depuis peu dans l’ancien local de Sears à Place du Saguenay à Chicoutimi, a fermé ses portes afin de se conformer aux directives de la Santé publique, mais ses propriétaires misent grandement sur les technologies et le commerce en ligne pour tenter d’assurer la survie de l’entreprise spécialisée dans la vente d’articles de décoration intérieure.

En entrevue quelques heures avant la fermeture imposée, Caroline Leclerc, copropriétaire, croyait bien échapper au pire lorsqu’elle a appris que les commerces installés dans des centres commerciaux disposant d’une entrée indépendante échapperaient à la fermeture, mais les directives émises lundi ont tout bouleversé.

« On croyait pouvoir y échapper, mais avoir une fermeture nous met en danger », explique celle qui avoue avoir eu une poussée de découragement, vendredi dernier. Elle et son associée, Anick Picard, ont dû mettre à pied la majorité des 18 employés en raison de la baisse de fréquentation de la clientèle.

« Ce qui est fantastique, c’est que le transport des marchandises est un service essentiel. C’est la bonne nouvelle. Postes Canada, Canpar et Purolator sont au travail. On peut effectuer des ventes directement de nos fournisseurs à nos clients ou continuer de passer par Rose Bonbon », explique Mme Leclerc.

La femme d’affaires affirme que la crise actuelle est sur le point de transformer sa boutique, puisqu’il s’agit d’une occasion nouvelle pour être plus actif sur les réseaux sociaux, sur le Web. « Il faut tenter de se démarquer sur la toile en s’assurant d’avoir de bons fournisseurs, surtout fiables. Ça serait facile de fermer boutique et de dire qu’on attend la réouverture. Ça fait sept ans qu’on est en ligne. La semaine dernière, notre chiffre d’affaires [en ligne] était aussi important que les ventes en magasin. »

Mme Leclerc émet l’hypothèse qu’en raison de la période d’inactivité actuelle, les consommateurs ont du temps pour bricoler et améliorer leur décoration intérieure. Depuis quelques jours, sa clientèle et elle ont l’occasion d’adopter de nouvelles pratiques dans le cadre de services personnalisés. L’utilisation de FaceTime pour montrer des produits ou pour juger de l’intérieur de la maison d’une cliente devient plus habituelle.

« Moi, je me dis qu’un capitaine de bateau ne laisse pas son bateau qui prend l’eau. Il ne faut pas mettre d’énergie dans ce qu’on ne contrôle pas. Cent pour cent de notre énergie actuellement est concentrée pour livrer en ligne. Les gens sont compréhensifs et on sent l’empathie chez eux », affirme-t-elle.

Elle conclut en affirmant que la crise actuelle devrait permettre à son commerce de sortir plus fort lorsque tout sera terminé, afin de vendre les quelque 3000 produits divers qu’elle offre.