Des travailleurs, des représentants syndicaux et des dirigeants des usines de Rio Tinto ont accueilli la ministre Freeland à Jonquière.

Rio Tinto veut reconquérir les marchés avant d'investir

La fin des tarifs sur les exportations d’aluminium aux États-Unis place les usines du Saguenay–Lac-Saint-Jean en très bonne position à moyen et à long terme. Rio Tinto entend réaliser les investissements prévus dans la production de métal primaire et les équipements de valeur ajoutée, notamment le centre de billettes, lorsque les conditions de marché le permettront.

Le grand patron de Rio Tinto pour la division Atlantique, Gervais Jacques, a accueilli avec beaucoup d’enthousiasme la nouvelle sur la fin des tarifs. Il a salué le travail des deux paliers de gouvernement, des syndicats et de l’Association de l’aluminium du Canada.

«Il y a une surcapacité mondiale de production d’aluminium, et les prix sont à la baisse», prévient toutefois Gervais Jacques, lorsqu’interrogé sur les projets d’investissement dans la région.

L’industrie devra, selon les dires du patron de Rio Tinto, composer avec les changements survenus pendant la période de la surtaxe, alors que les Américains, qui produisaient 700 000 tonnes métriques par année, ont ajouté 500 tonnes à leur capacité avec la relance de cuves précuites.

«Nous avons perdu des clients dans toutes sortes de marchés. Nous allons travailler pour regagner ces marchés. Pendant ce temps, on continue les investissements dans Vaudreuil avec 250 M$ et le projet Elysis. Il s’agit d’un projet très important», a-t-il affirmé.

Il est donc évident dans le discours de Gervais Jacques que les annonces concernant les projets majeurs n’auront pas lieu à très court terme. Malgré tout, Gervais Jacques réitère que le Saguenay–Lac-Saint-Jean accueillera les prochains investissements de l’entreprise et que les usines de la région offrent un meilleur potentiel à moyen et à long terme.

Les dirigeants de Rio Tinto misent beaucoup sur l’aluminium vert produit à partir de l’hydroélectricité au Québec. La concurrence américaine repose sur des usines dont l’énergie est produite à partir de sources d’énergie qui produisent des gaz à effet de serre, comme le charbon ou le gaz. Ce dernier ne peut toutefois spéculer sur la durée de vie des usines relancées pendant la période de la surtaxe. La législation environnementale est moins sévère aux États-Unis.

Immédiatement après le point de presse de la ministre Chrystia Freeland, le président du Syndicat national des employés de l’aluminium d’Arvida-Unifor, Alain Gagnon, a indiqué que les conditions négatives pour l’annonce des projets d’investissement, principalement AP60, ont été éliminées avec la fin de la surtaxe.