Un cocktail-conférence a eu lieu lundi soir à l’Hôtel La Saguenéenne. Richard Guay, directeur de l’Aluminerie Saguenay-Lac-Saint-Jean, Frédéric Laroche, du Centre de recherche et de développement Arvida (à droite), et Guylaine Tremblay de CGI ont répondu aux questions de l’animatrice.

Rio Tinto s’intéresse aux mégadonnées

Les mégadonnées sont sous la lorgnette de Rio Tinto (RT). La multinationale, qui possède de nombreux actifs en région, tient un séminaire de trois jours intitulé « Data Analytics 2018 », auquel participent quelque 200 décideurs de l’entreprise. L’initiative émane du Centre de recherche et de développement Arvida (CRDA).

En fin de journée lundi, le directeur du centre, Frédéric Laroche, la vice-présidente et responsable des opérations chez CGI en région, Guylaine Tremblay, et le directeur général de l’Aluminerie Saguenay-Lac-Saint-Jean, Richard Guay, ont participé à un cocktail-conférence tenu en marge du séminaire. L’activité qui n’a duré qu’une vingtaine de minutes avait lieu à l’Hôtel La Saguenéenne de Chicoutimi et a permis aux trois intervenants d’expliquer ce que sont les mégadonnées (Big Data) et comment elles peuvent servir à améliorer la performance et la productivité d’une entreprise comme Rio Tinto.

« On est en train d’éveiller notre conscience envers le “Big Data”. La quatrième révolution industrielle de notre histoire est en marche. Ça fait un an qu’on parle des mégadonnées au sein de l’entreprise, de ce qui se fait à l’extérieur et quels sont les outils qui vont nous permettre d’avancer », a confié Frédéric Laroche.

RT, comme bien d’autres grandes compagnies, s’intéresse aux mégadonnées et reconnaît l’importance de développer des modèles qui permettront d’en extirper une valeur. En collaboration avec divers partenaires, le géant minier entend donc creuser ce dossier au cours des mois et années à venir, « faire le tri des idées et développer de nouveaux algorithmes ». 

« Les données, si elles sont bien utilisées, sont des actifs aussi valables que les actifs physiques. On en est présentement aux balbutiements et la prochaine étape sera de voir comment on s’organise pour tirer profit de ça », a indiqué Frédéric Laroche, qui n’a pas manqué de rappeler que l’implantation du Centre opérationnel de l’aluminium de Rio Tinto au Saguenay en 2015 est un bon exemple de la mise à profit des données, dans l’optique d’améliorer la productivité. Ce centre permet de suivre les activités qui se déroulent dans toutes les alumineries de la compagnie à travers le monde et de connaître les données statistiques liées à la quantité et à la qualité du métal gris produit.

Comme au hockey

Richard Guay, qui dirige les usines de la région, aujourd’hui regroupées sous l’égide d’une seule entité, y est allé d’une analogie sportive pour illustrer la richesse des mégadonnées.

« Au hockey, l’interprétation des statistiques nous permet d’avoir une vision différente du jeu. Les mégadonnées vont nous permettre d’être prédictibles dans nos procédés », a-t-il imagé. 

Guylaine Tremblay, de CGI, a pour sa part mis en relief le fait que la science des données permet l’analyse de nombreux éléments, lesquels, réunis, fournissent un portrait global permettant de prédire certaines situations et aider à la prise de décision. Elle a cité l’exemple de Google Maps. Grâce à des capteurs, des informations sont envoyées à Google. Mises ensemble, les données recueillies en temps réel font en sorte que les utilisateurs peuvent changer de chemin.

Un expert suédois de l’intelligence artificielle œuvrant pour CGI, Conny Svensson, anime des ateliers du séminaire de Rio Tinto cette semaine. En entrevue, il a rappelé que les mégadonnées sont précieuses, si elles sont utilisées à bon escient, et que la question éthique est importante.

« On dit souvent que le “Big Data” est le nouvel or, la nouvelle huile ou la nouvelle monnaie. La transformation des données est importante et c’est une nouvelle façon de faire. Tout le monde doit comprendre que des changements doivent survenir. La question est : “comment les implémenter et comment les embrasser” », a indiqué l’expert en intelligence artificielle.