Rio Tinto a réduit la production de produits à valeur ajoutée et augmenté la production d’aluminium standard, c’est-à-dire plus liquide, pour répondre aux demandes fluctuantes du marché.
Rio Tinto a réduit la production de produits à valeur ajoutée et augmenté la production d’aluminium standard, c’est-à-dire plus liquide, pour répondre aux demandes fluctuantes du marché.

Rio Tinto réduit sa production d’aluminium à valeur ajoutée

Rio Tinto a ralenti la cadence dans la production d’aluminium, notamment celui à haute valeur ajoutée. Aucun travailleur n’aurait toutefois été mis à pied, selon ce qu’il a été possible d’apprendre.

« Il y a un ralentissement. Il y a eu des modifications sur les quarts de travail, mais personne n’a été mis à pied. Ces gens sont réaffectés à d’autres tâches », confirme Donat Pearson, président du Syndicat national des employés de l’aluminium d’Arvida, précisant toutefois qu’il n’y a avait pas d’arrêt de prévu.

La pandémie frappe toutes les industries, dont l’aluminium, qui doit composer avec un marché très volatil. Mais autre menace en vue, les États-Unis pourraient mettre en place des mesures pour éviter une hausse des importations canadiennes, cédant ainsi aux pressions du lobby américain. En effet, le département du commerce américain a annoncé son intention de mettre sur pied un mécanisme de surveillance des importations d’aluminium aux États-Unis. Dans leurs pressions, les producteurs américains visaient leurs voisins canadiens. L’Association de l’aluminium du Canada (AAC) s’est dite inquiète de la situation.

« Est-ce qu’on a des craintes pour le futur? Oui. Mais on n’a pas l’image du futur », pointe M. Pearson, qui ne veut cependant pas tenir un discours alarmiste.

Du côté de la direction de Rio Tinto, on refuse de révéler publiquement les stratégies commerciales de la multinationale ou confirmer une possible baisse du carnet de commandes. L’entreprise confirme néanmoins une réduction de la production de métal à valeur ajoutée.

« Le marché de l’aluminium primaire s’est encore contracté au premier trimestre de 2020, principalement en raison de la baisse de la production automobile. En ce qui concerne l’aluminium, en réponse aux conditions du marché, nous avons réduit la proportion de métal primaire produit en tant que produits à valeur ajoutée. L’industrie de l’aluminium continue de faire face à des conditions difficiles sur les marchés mondiaux et à une incertitude politique, exacerbée par l’impact de la COVID-19, avec des niveaux de stocks mondiaux passant de 2,2 millions de tonnes à 3 millions de tonnes », répond Malika Cherry, conseillère en communication chez RT.

Rio Tinto aurait toutefois poursuivi, voire augmenté la production du métal standard. C’est ce type de produit qui serait le plus en demande sur le marché présentement. En effet, les demandes fluctuent de jour en jour, par les temps qui courent, forçant les grands producteurs à faire preuve d’agilité pour assurer la stabilité des opérations.