Rio Tinto n’échappe pas à la pénurie de main-d'oeuvre

Afin de faire face aux défis et aux opportunités du marché, Rio Tinto devra continuer d’innover autant au niveau des produits offerts que dans la gestion de ses ressources humaines. Le développement de produits à valeur ajoutée et la fabrication d’aluminium à faible empreinte carbone côtoieront les stratégies novatrices visant à contrer les problématiques découlant de la rareté de la main-d’oeuvre.

Plus de 225 personnes, dont des politiciens, fournisseurs et entrepreneurs provenant autant du Saguenay que du Lac-Saint-Jean ont assisté au dîner-conférence orchestré par la Chambre de commerce et d’industrie Saguenay-Le Fjord, vendredi. Le rendez-vous économique a notamment été l’occasion d’entendre Gervais Jacques, directeur exécutif, Opérations – Atlantique chez Rio Tinto dans le cadre de la conférence L’innovation au coeur de notre aluminium.

Force est d’admettre qu’à l’instar de plusieurs autres entreprises, Rio Tinto n’échappe pas aux problèmes causés par la rareté de la main-d’oeuvre. Gervais Jacques confirme que le sujet n’était guère présent il y a cinq ou dix ans au Saguenay-Lac-Saint-Jean. « L’objectif, ce n’est pas de prendre la main-d’oeuvre des autres, de couper la tarte différemment. Ce qu’on veut, c’est augmenter le nombre d’employés susceptibles de travailler au Saguenay-Lac-Saint-Jean. C’est d’attirer des gens ou de développer la formation des gens dans des créneaux qui sont porteurs. C’est là qu’un travail d’équipe est à faire », a-t-il expliqué.

Au cours des 11 derniers mois, plus de 350 employés se sont ajoutés aux installations régionales de la multinationale, dont 170 pour le Complexe Jonquière.

Gervais Jacques et Jean-François Nadeau ont pris la parole au dîner-conférence de la Chambre de commerce et d’industrie Saguenay-Le Fjord, vendredi.

La rareté de la main-d’oeuvre oblige Rio Tinto à opérer et gérer autrement. De nos jours, il est quasi impensable d’orchestrer des arrêts majeurs simultanément au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Les grandes entreprises s’informent des divers arrêts majeurs à prévoir.

Pour remédier à la situation, Rio Tinto a notamment développé une planification des arrêts majeurs en plus d’améliorer ses stratégies de rétention et de relèves. Le directeur général du Complexe Jonquière, Jean-François Nadeau, témoigne des changements vécus en expliquant, entre autres, à quel point la dynamique des entrevues d’embauche a évolué au fil des années.

Les défis restent nombreux dans cette industrie alors que la production mensuelle d’aluminium en Chine représente deux années de production d’aluminium au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Signature de l’AÉUMC

Gervais Jacques n’a pas hésité à commenter la signature de l’accord commercial entre le Canada, les États-Unis et le Mexique qui s’est faite vendredi matin. Il a tenu à souligner l’engagement des syndicats, de la communauté et des gouvernements provincial et fédéral qui ont fait des représentations afin de démontrer le non-sens de la taxe sur l’aluminium. « Je vous encourage à continuer, à travailler tout le monde ensemble, afin de démontrer que cela pénalise autant l’industrie de transformation américaine que l’industrie primaire canadienne. C’est perdant-perdant », a-t-il ajouté.

« Aujourd’hui, le Saguenay-Lac-Saint-Jean se trouve à un carrefour pour son avenir. Après plusieurs années de ralentissements et d’incertitudes économiques, il y a maintenant sur la table des occasions de diversification uniques et variées. Les grands projets comme ceux d’Ariane Phosphate, Métaux BlackRock, Énergie Saguenay, Rio Tinto et le nouvel élan de l’industrie forestière permettent à la région d’entrevoir un avenir positif. Et ce sont là de bonnes nouvelles, il faut s’en réjouir », a témoigné la vice-présidente exécutive et directrice générale de la Chambre de commerce et d’industrie Saguenay-Le Fjord, Sandra Rossignol.