Les députés Richard Hébert, Andrée Laforest et Éric Girard ainsi que la maire d'Alma Marc Asselin entourent le directeur général de l'Aluminerie Saguenay–Lac-Saint-Jean, Sébastien Ross et le directeur des opérations du site Alma, André Martel.

Rio Tinto injecte 209 M$ à l’Usine Alma

Un projet de 209 millions de dollars permettra la réfection des fours à cuisson des anodes de l’Usine Alma de Rio Tinto en plus d’augmenter l’ampérage de 400 000 à 420 000 ampères. Les travaux débuteront au cours des prochaines semaines et se poursuivront jusqu’en 2021.

La direction de l’Aluminerie Saguenay–Lac-Saint-Jean n’a pas perdu de temps pour dévoiler le projet amorcé à l’automne 2016 après avoir obtenu le feu vert de la maison mère, la fin de semaine dernière. 

Le prix de l’aluminium, qui se situe à environ 1772 $ la tonne, et le coût élevé des matières premières ne sont pas un frein aux investissements de Rio Tinto, ont soutenu les dirigeants. « Pour faire face à ces défis et tirer notre épingle du jeu, dans un marché de plus en plus compétitif, nous devons nous réinventer tout en continuant de mettre la sécurité de nos employés et la qualité de nos produits à l’avant-plan. Malgré ce contexte peu favorable, Rio Tinto continue d’investir dans ces actifs de classe mondiale », a mentionné le directeur général de l’Aluminerie Saguenay–Lac-Saint-Jean, Sébastien Ross. Il s’agissait de la première annonce du genre pour celui qui occupe le poste depuis octobre 2018.

Le projet de réfection des fours à cuisson des anodes est évalué à 135 M $. Il est nécessaire puisque l’équipement arrive à sa fin de vie utile après près de 20 ans d’opération. La réfection des fours nécessitera, entre autres, le remplacement de près de 20 tonnes de briques dans l’installation qui comprend 432 cuves. 

L’autre portion du projet, estimée à 74 M $, permettra l’augmentation de l’ampérage du site d’Alma. M. Ross est d’avis que cela positionnera favorablement l’usine pour le futur. « Cela nous permettra de poursuivre notre croissance et l’excellence du travail fait par les travailleurs d’Alma, en ajoutant tout près de 22 000 tonnes supplémentaires de métal produites à l’Usine Alma », a secondé le directeur des opérations de l’Usine Alma, André Martel.

L’augmentation de l’ampérage pavera la voie à une progression de l’usine, qui est en activité depuis 2000. « Aujourd’hui, on opère à 400 000 ampères et l’objectif est de monter à 420 000 ampères. Pour y arriver, il faut du carbone supplémentaire. On était limités par les fours actuels et on ne pouvait pas produire d’anodes plus grosses. Ce qui limitait notre potentiel de croissance », explique M. Martel.

La réalisation des travaux obligera Rio Tinto à s’approvisionner en anodes sur le marché mondial. Plus de 30 000 anodes ont été préproduites alors que plus de 85 000 anodes devront être achetées. Le projet obligera la modification de 300 équipements afin de répondre à la production de nouvelles anodes, dont la dimension sera augmentée de 10 %. 

Les retombées économiques régionales de ce chantier sont estimées à 95 M $ alors que plus de 250 travailleurs de la construction seront en action au plus fort des travaux. Des contrats ont déjà été octroyés à des entreprises implantées au Saguenay–Lac-Saint-Jean. 

Des travaux jusqu’en 2021

L’approvisionnement de matériaux de longues livraisons se fera au cours des prochaines semaines. La préparation du site débutera en août alors que l’arrêt des fours à cuisson se fera à compter de mars 2020. La réfection des fours à cuisson se poursuivra jusqu’en novembre de la même année. Enfin, l’augmentation d’ampérage débutera dès 2021. 

« Comme on se plaît à le dire à l’Usine Alma, on est dans le top-5 des alumineries mondiales et on veut y demeurer. C’est une grande fierté pour l’ensemble des travailleurs d’avoir une installation qui est parmi les meilleures au monde », conclut M. Martel. 

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LA PHASE 2 TOUJOURS ATTENDUE

(ACB) – L’annonce d’investissements de 209 M $ n’empêche pas les élus et les acteurs de premier plan de réclamer d’autres annonces de la multinationale, dont la phase 2 de l’usine almatoise.

« Pour la suite des choses, on aura toujours une usine à la fine pointe pour aller de l’avant dans ce qu’on nous promet, ce qu’on nous annonce depuis plusieurs années. Je pense qu’on peut aider au niveau politique à appuyer nos locaux et à dire au conseil d’administration, à l’extérieur du pays, qu’il a besoin d’investir dans l’aluminium chez nous », a mentionné le maire d’Alma, Marc Asselin.

Malgré l’ampleur des investissements annoncés, M. Asselin ne démord pas d’un projet d’expansion. « Je maintiens qu’il faudra aller plus que de maintenir la qualité de cette usine. Il faudra y aller selon les étapes qui nous ont été dites depuis des années. Je suis convaincu que l’on devrait, bientôt, aller dans des projets de prolongement, d’augmentation de productivité et de création d’emplois. C’est ce que je désire pour la région. Les retombées économiques d’un empire du genre dépassent largement la MRC de Lac-Saint-Jean-Est », a-t-il ajouté. 

Le président du syndicat de l’Usine Alma, Alexandre Fréchette, accueille le projet comme une excellente nouvelle. 

« C’est positif, , a-t-il confié au Progrès. Ça maintiendra l’usine à jour et il faut le faire. C’est important de maintenir, mais on veut grandir. Il faut que la pression continue de monter sur Rio Tinto. Il y a déjà un début de mobilisation qui va forcer l’entreprise à en tenir compte. Ce qu’on veut, c’est une relation positive entre la région et Rio Tinto. Il faut des investissements d’ajout de production avec des ajouts d’emploi » 


« «C’est important de maintenir, mais on veut grandir.» »
ALEXANDRE FRÉCHETTE

Projet de billettes  sur pause

Le projet de centre de production de billettes d’aluminium a été mis sur pause, en mars dernier, en raison des tarifs américains sur l’acier et l’aluminium. Mais depuis leur levée, dans la foulée de la négociation d’un nouvel accord de libre-échange, le dossier est demeuré sur la glace en raison du contexte mondial du marché de l’aluminium, avait justifié Rio Tinto. Le projet engendrerait des retombées évaluées à 200 M $ en plus de la création d’une quarantaine d’emplois. 

« Il faut garder le cap pour aller chercher le centre de billettes dans un premier temps. Il y a 22 000 tonnes d’augmentation de production de métal chaud. Ce sera important de pouvoir le couler à Alma. Il faut maintenir la pression sur Rio Tinto pour s’assurer qu’ils fassent ces investissements. Ça peut être le centre de billettes, ça peut être Alma 2 et ça doit aussi être AP-60 phase 2 et phase 3 », expose M. Fréchette. 

Le président du syndicat de l’Usine Alma rappelle que les actions et les investissements de Rio Tinto doivent être à la hauteur de ce que la multinationale reçoit. Celui-ci est d’avis qu’un déséquilibre existe, s’appuyant sur de nombreux avantages, et que la création d’emplois pourrait correspondre à un retour du balancier. 

Sorties publiques

Les dernières semaines auront été le théâtre de plusieurs autres prises de position en ce sens. Le maire d’Alma, Marc Asselin, a réclamé des investissements de la part de Rio Tinto dans le cadre d’une séance ordinaire du conseil municipal qui se tenait à la mi-juin. « On retire une surtaxe qui doit nous faire très mal et on nous dit encore que ce n’est pas tout à fait le timing. Je me demande si le timing, il y en aura un, un jour. Ça va faire près de 20 ans qu’on nous dit qu’il y a des projets dans les boîtes et qu’on attend la conjoncture économique mondiale », avait-il mentionné. 

Le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, a rapidement joint sa voix à celle du maire Asselin en réclamant des investissements de Rio Tinto lors de son bilan de session parlementaire. 

En début de semaine, ce fut au tour de la mairesse de Saguenay, Josée Néron, d’y aller de demandes similaires.

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CE QU'ILS ONT DIT


« « En tant que ministre de la région, je ne fais que me réjouir de la nouvelle. [...] Cet investissement majeur aura des retombées notables pour les citoyens, ce qui est essentiel. Quatre-vingt-quinze millions en retombées économiques, ça représente beaucoup et ça contribuera de faire de Rio Tinto un citoyen corporatif de qualité tout au long de ce nouveau chapitre pour l’entreprise qui est déjà un pilier local. Deux cent cinquante travailleurs de la construction participeront à la mise en oeuvre de ce projet, c’est vraiment stimulant pour nous tous. Je suis de nature positive [...] Je disais toujours aux élus municipaux: ‘‘Attendez, Rio Tinto va investir. Je vous le dis, ils vont investir pour la région et pour tout le monde.’’ » »
Andrée Laforest, ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, ministre responsable du Saguenay–Lac-Saint-Jean et députée de Chicoutimi

« « J’en profite pour rappeler l’importance de l’acier et de l’aluminium pour notre gouvernement. Tout au long des derniers mois, un travail sans relâche a été fait pour faire tomber les tarifs imposés par les États-Unis sur l’acier et l’aluminium [...] Les investissements que fait aujourd’hui (vendredi) Rio Tinto seront porteurs de retombées économiques importantes, et, espérons-le, représentent un prélude à d’autres investissements cruciaux pour le développement économique de notre région. » »
Richard Hébert, député de Lac-Saint-Jean et secrétaire parlementaire de la ministre de la Petite Entreprise et de la Promotion des exportations

« « Ça consolide une entreprise qui est de toute beauté. Je le dis souvent, c’est la meilleure usine au monde. Ce n’est pas moi qui le dis, ce sont des analyses privées qui ont été réalisées sur l’ensemble des usines à travers le monde. Je retiens aussi toute la qualité des travailleurs derrière. On a même enseigné comment faire de l’aluminium ailleurs dans le monde. » »
Marc Asselin, maire d’Alma

« « C’est de belles retombées économiques pour la Ville d’Alma et pour la MRC de Lac-Saint-Jean-Est. Ce sont des retombées qui vont directement dans le communautaire. Quand on crée de la richesse, les travailleurs dépensent dans nos régions et les entreprises aident notre communautaire. On se positionne pour le futur dans un marché qui est de plus en plus compétitif. Je suis très confiant qu’il y aura d’autres choses. » »
Éric Girard, député de Lac-Saint-Jean, qui a participé à la construction de l’usine alors qu’il était opérateur de machineries lourdes

« « Malgré le contexte économique actuel et la baisse du prix de l’aluminium, ces investissements témoignent de l’importance des installations régionales pour Rio Tinto. Ces réfections et l’augmentation de l’ampérage sont garantes d’une belle collaboration qui se poursuit entre notre milieu et l’entreprise. C’est une nouvelle positive pour l’Usine d’Alma et pour l’ensemble des installations de la région. » »
Bianca Tremblay, présidente de la Chambre de commerce et d’industrie Lac-Saint-Jean-Est