Le grand patron de Résolu, Yves Laflamme, est évidemment satisfait des résultats publiés mardi.

Résolu poursuit sur sa lancée

La papetière Résolu améliore ses résultats financiers pour le premier trimestre de 2019 comparativement à la même période l’an dernier, et ce, malgré une forte hausse du prix de la fibre, une baisse des prix de la pâte et un recul des livraisons dans le secteur du papier journal.

La papetière poursuit donc sur sa lancée après avoir affiché des résultats financiers très intéressants pour l’ensemble de ses opérations de 2018 malgré un litige commercial qui n’en finit plus avec les États-Unis dans le secteur du bois d’œuvre (117 M$ US déposés auprès du gouvernement américain). Résolu présente donc un bénéfice net de 42 M$ pour les trois premiers mois de 2019 alors qu’à la fin de la même période, en 2018, elle avait affiché un bénéfice net de 10 M$.

Le grand patron de Résolu, Yves Laflamme, est évidemment satisfait des résultats publiés mardi. Il signale que l’entreprise a su tirer profit d’une amélioration significative de sa productivité et ainsi contrer des éléments de marchés plus difficiles comme c’est le cas avec le papier journal et le bois d’œuvre qui a littéralement chuté au troisième trimestre de 2018.

Les prix de la fibre sont quant à eux soumis à une pression à la hausse. Le nouveau régime forestier québécois a eu un impact majeur sur le prix de la matière première.

« On peut avancer qu’on a en ce moment sur le marché du papier journal un surplus de capacité qui représente une machine à papier (plus ou moins 200 000 tonnes). Nous avons pris des mesures pour équilibrer l’offre et la demande avec des ralentissements de production, mais il s’agit de mesures temporaires », a expliqué Yves Laflamme tout en demeurant très prudent sur d’éventuelles fermetures de machine à papier.

Cette situation de surplus se produit alors que l’industrie a éliminé du marché pour un million de tonnes métriques de capacité de production en 2017. Le président de Résolu rappelle que la région a été épargnée par les fermetures et l’entreprise a même relancé la production sur une machine à l’usine d’Alma.

Malgré les chiffres intéressants, l’industrie des pâtes et papiers du Québec sera confrontée rapidement à une problématique de rareté de la ressource. Il s’agit principalement des approvisionnements en copeaux qui vont devenir plus difficiles dans quelques mois. Cette problématique découle de trois facteurs, selon M. Laflamme. Deux projets industriels (Chantier Chibougamau et Barrette-Chapais) vont nécessiter pas moins de 600 000 à 700 000 tonnes métriques de copeaux par année qui sont en ce moment écoulés dans les usines de pâtes et papiers du Québec.

« C’est une situation qui va se présenter à court terme si l’on ajoute l’augmentation de la production à Saint-Félicien pour 60 000 tonnes et la relance des opérations pour une machine à Alma. Lorsque nous modernisons les scieries, nous diminuons en même temps la production de copeaux avec des équipements plus efficaces », ajoute Yves Laflamme.

Les solutions à cette situation qui pourrait avoir des impacts sur la production de papier ne sont pas nombreuses. Yves Laflamme croit qu’il serait possible d’ajouter des volumes de bois pour des scieries qui fonctionnent en ce moment sur un seul quart de travail, comme c’est le cas dans les usines de Saint-Thomas-Didyme et Saint-Félicien.

La disponibilité de la fibre est un autre enjeu pour l’industrie. Les papetières ne connaissent toujours pas les volontés du gouvernement tant au Québec qu’en Ontario pour toute la question de la protection de l’habitat du caribou forestier.

Malgré ces problèmes, Résolu peut compter sur des liquidités de près de 600 M$ en plus d’un montant de 117 M$ US en dépôt aux États-Unis. Yves Laflamme réitère les engagements de son prédécesseur lors de la relance de l’entreprise après la restructuration financière sur l’importance de supporter les régimes de retraite et d’opérer efficacement les usines.

« Nos liquidités nous permettent de réaliser nos opérations et de financer nos régimes de retraite », a conclu le président du conseil.