Dans la région, les usines de Kénogami et Dolbeau (photo) faisaient face à une taxe de 17,87 pour cent pour leurs exportations de papier surcalandré au sud de la frontière.

Résolu pourrait récupérer 55 M$

MONTRÉAL — Alors que ses exportations de bois d’œuvre et de papier journal sont frappées de tarifs à la frontière américaine, Produits forestiers Résolu pourrait bientôt bénéficier d’un répit du côté du papier surcalandré.

Si elle reçoit le feu vert du département américain du Commerce, une entente récemment intervenue entre deux producteurs canadiens et un rival américain viendrait sceller ce litige canado-américain. Cela pourrait permettre à Résolu de récupérer à terme plus de 55 millions $ versés en droits frontaliers depuis le début de ce conflit, en 2015.

Depuis 2015, les usines de Kénogami et Dolbeau, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, où PFR compte quelque 330 employés, faisaient face à une taxe de 17,87 pour cent pour leurs exportations de papier surcalandré au sud de la frontière. Ces droits venaient s’ajouter à ceux en vigueur sur les exportations de bois d’œuvre ainsi que de papier journal visant PFR et les autres producteurs canadiens.

« Nous avons toutes les raisons de croire que le département du Commerce va accepter la demande de Verso, ce qui mettrait fin à l’enquête en cours », a indiqué un porte-parole de la compagnie québécoise, Seth Kursman, au cours d’un entretien téléphonique. C’est plaisant de savoir que l’on peut s’attendre à récupérer ces sommes avec intérêts. »

L’accord prévoit que Verso Corp., du Minnesota, retire sa plainte, mais qu’elle puisse empocher environ 42 millions $ US des droits frontaliers versés par Hawkesbury Paper Limited Partnership et Irving Paper Limited.

L’entreprise américaine a dévoilé les détails de l’accord la semaine dernière dans des documents réglementaires déposés auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC) — le gendarme boursier américain.

« Verso compte notamment inclure dans sa demande que le département du Commerce révoque les droits compensatoires rétroactivement jusqu’au 3 août 2015, peut-on lire dans les documents. Si la requête est acceptée, cela se traduirait par des remboursements aux producteurs canadiens de papier surcalandré de tous les droits prélevés par les États-Unis. »

M. Kursman a précisé que Résolu n’avait pas participé aux négociations ayant mené à l’entente entre Verso et les deux producteurs canadiens.

En plus de Verso, Madison Paper figurait sur la liste des plaignants, mais cette entreprise a mis la clé sous la porte de son usine du Maine en 2016.

À la suite d’une enquête, Washington avait imposé en 2015 des barrières tarifaires sur les importations de papier surcalandré, qui est surtout utilisé pour les magazines, les catalogues, les brochures d’entreprises et les encarts publicitaires. Les taux imposés aux producteurs canadiens à la frontière variaient d’une entreprise à l’autre.

M. Kursman a dit ne pas savoir à quel moment l’administration Trump dira si elle avalise ou non l’accord intervenu la semaine dernière.

« Il faudra faire preuve de patience même après la décision du département du Commerce, a dit le porte-parole de Résolu. Cela pourrait prendre des mois à retourner les montants. Entre-temps, on doit continuer à payer les taxes frontalières. »

En annonçant l’imposition de droits à la frontière en 2015, le département du Commerce, citant des données du Bureau du recensement, avait chiffré à 868,4 millions $ US les importations américaines de papier surcalandré en 2014.

En milieu de séance, à la Bourse de Toronto, le titre de Résolu se négociait à 10,62 $, en hausse de huit cents, ou 0,75 pour cent.