Le maire de Dolbeau-Mistassini et président de l’Alliance forêt boréale, Pascal Cloutier, a tenu à répliquer au Natural Resources Defense Council, qui prétend que le papier de toilette décime les forêts boréales.

Réplique musclée de Pascal Cloutier aux activistes

Le maire de Dolbeau-Mistassini et président de l’Alliance forêt boréale, Pascal Cloutier, constate depuis quelques semaines une nouvelle charge des groupes environnementalistes contre l’exploitation forestière dans la forêt boréale. Il insiste pour rappeler qu’il n’y a, en ce moment, au Québec, aucune preuve irréfutable voulant que le caribou forestier soit menacé.

La première attaque a eu lieu il y a deux semaines, alors que le Natural Resources Defense Council (NRDC) a diffusé une vidéo dans laquelle une personne tire la chasse d’eau de la toilette avec, en trame de fond, une information selon laquelle on fait disparaître chaque fois une partie de la forêt boréale canadienne. L’organisation non gouvernementale américaine, active dans le domaine de la protection de l’environnement, prétend que l’on coupe les forêts pour fabriquer du papier de toilette plus doux et qu’il serait souhaitable d’avoir plus de fibres recyclées.

Une personne qui a une connaissance de base de l’industrie sait que la fibre utilisée pour la fabrication du papier provient des résidus de la première transformation de bois. La campagne laisse entendre que les arbres sont utilisés en entier pour la production de papier de toilette.

« Ce n’est pas compliqué, les activistes souhaitent uniquement que l’on cesse complètement les activités forestières dans la forêt boréale. Pour le moment, il n’y a pas, au Québec, de portrait du caribou des bois puisque le gouvernement fait en ce moment les inventaires. Ils seront complétés dans deux ans. Comment peut-on dire que le caribou est menacé alors qu’il n’y a même pas de portrait précis des hardes du Québec et de la région ? », insiste Pascal Cloutier.

Le président de l’Alliance forêt boréale réfute les accusations des organismes québécois comme la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP) et Nature Québec, qui soutiennent que les élus locaux se comportent dans le dossier de la forêt « comme les climatosceptiques avec le réchauffement climatique ». Le maire de Dolbeau-Mistassini réitère que pour le moment, contrairement aux études climatiques, le gouvernement du Québec n’a pas entre les mains les données pertinentes – les inventaires aériens – permettant de porter un jugement sur l’état du caribou des bois.

Pascal Cloutier rejette les informations de certains groupes qui affirment que la possibilité forestière n’est pas utilisée à son maximum au Québec et qu’il y a une marge de manœuvre.

Dans la région, selon les chiffres publiés par le Forestier en chef, il n’y a plus un mètre cube de bois disponible dans le résineux, l’essence qui est à la base de l’activité industrielle.

« En ce moment, nous manquons de fibre et nous risquons d’en manquer dans le futur pour les projets en développement. Quand on regarde ce qui se passe, on comprend qu’il y a une idée derrière les campagnes. L’Alliance forêt boréale avait ralenti ses activités, et nous avons repris le travail pour bien faire comprendre au gouvernement les vrais enjeux de l’impact de la politique du caribou sur l’économie de nos communautés », reprend Pascal Cloutier.

Le maire de Dolbeau-Mistassini entend bien profiter de la tournée du ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs pour le sensibiliser à la problématique de l’acquisition des connaissances sur le caribou forestier. Il veut que le gouvernement ait entre les mains des informations pertinentes et crédibles avant de prendre des décisions qui risquent d’avoir des conséquences irréversibles pour l’économie régionale.

« Chaque fois que nous assistons à des conférences ou à des événements traitant d’environnement, on met l’accent sur l’utilisation de la fibre de bois pour lutter contre les changements climatiques. Des spécialistes comme Claude Villeneuve défendent cette idée. De l’autre côté, des gens qui prétendent défendre l’environnement veulent que l’on cesse les opérations forestières. Ça ne tient pas debout. On peut faire avec la fibre de bois tout ce que l’on fait avec du pétrole », a conclu Pascal Cloutier.