Archives Le Quotidien
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Rareté de logements au Bas-Saguenay

Rareté de logements au Bas-Saguenay

À l’approche du 1er juillet, date de renouvellement des baux au Québec, des citoyens du Bas-Saguenay constatent qu’il n’est pas toujours facile de dénicher un logement sur une base permanente en raison d’une certaine rareté amplifiée par la présence de plateformes comme Airbnb, Booking, etc.

Selon les maires de L’Anse-Saint-Jean et de Petit-Saguenay, Lucien Martel et Philôme Lafrance, le Bas-Saguenay vit un certain paradoxe sur le marché de la location d’appartements. « Les maisons se vendent bien et plutôt rapidement, mais il est vrai qu’il y a un manque de logements. Beaucoup de propriétaires ont transformé leur maison pour la louer sur Airbnb, ce qui enlève du marché des logements pour locations à long terme. Ça cause un peu de problèmes », explique le maire Lucien Martel.

Les comportements de ces propriétaires s’expliquent par le fait qu’il est plus payant de louer des appartements ou maisons à la journée à des touristes que sur une base mensuelle, ajoute M. Martel. Cela est d’autant plus vrai que le coût des loyers est relativement bas. Les citoyens, travailleurs saisonniers souhaitant s’établir dans les villages sans devoir acquérir une résidence font donc face à une difficulté à se loger.

Parallèlement à ce phénomène, Petit-Saguenay et L’Anse-Saint-Jean constatent que des logements en habitation à loyers modiques (HLM) administrés par l’Office municipal d’Habitation Saguenay-Le-Fjord restent vacants.

M. Lafrance mentionne que ces vacances peuvent s’expliquer en partie par l’existence des normes d’admissibilité aux HLM qui limitent les postulants. L’âge des locateurs, leur situation financière (ils ne doivent pas posséder de biens d’une valeur de plus de 60 000 $), l’exclusion des étudiants ainsi qu’un certain nombre de préjugés au sujet des HLM expliquent la situation.

Le maire de Petit-Saguenay croit que les critères imposés par la Société d’habitation du Québec devraient être réformés pour tenir compte des réalités du milieu rural. Dans le passé, des représentations ont été faites pour faire modifier ces critères, mais tout est resté lettre morte.

« Avant que je devienne maire, la municipalité avait envisagé de racheter des immeubles et de les mettre en location, mais ça n’a pas fonctionné ». L’idéal, selon lui, serait que des investisseurs privés s’impliquent dans la construction d’immeubles à logements, mais le marché est plutôt limité.

M. Lafrance mentionne qu’il commence à penser à un modèle d’habitation coopérative qui permettrait de louer des logements à des personnes âgées, des locateurs saisonniers et des familles. Un projet de résidences à logements pour personnes âgées en légère perte d’autonomie a déjà été monté, mais ne s’était pas concrétisé.

Pour le moment, la municipalité ne peut que diriger les locateurs potentiels vers les propriétaires de maisons à vendre en espérant que ces derniers veuillent louer leur immeuble en attendant une transaction.