Martin Gilbert et Daniel Gobeil de l’UPA du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Rareté de la main-d'oeuvre agricole: un projet de coopérative à l'étude

À l’instar de plusieurs autres domaines, celui de l’agriculture n’échappe pas aux problèmes de la gestion et de la rareté de la main-d’œuvre. Un comité formé d’acteurs du milieu étudie la possibilité de mettre sur pied une coopérative de main-d’œuvre au Saguenay-Lac-Saint-Jean afin d’offrir un peu de répit aux agriculteurs.

Le comité constitué de représentants du MAPAQ (ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec), de la MRC, de la coopérative Nutrinor et de dirigeants de l’UPA est en mode exploration. Des rencontres avec des membres de coopératives existantes ailleurs au Québec ont eu lieu et des discussions avec les agriculteurs sont en cours. 

« Nous sommes en période d’exploration. On regarde qu’est-ce qui pourrait être fait ici vu les besoins découlant de la détresse psychologique et de toutes les difficultés de la main-d’œuvre qui sont vécues dans tous les secteurs d’activités », explique un des membres du comité, Yvon Simard.

Les dernières semaines ont permis au comité de prendre connaissance des modèles de coopératives existants. Des membres se sont, entre autres, rendus dans la MRC d’Arthabaska et en Beauce.

Le modèle d’Arthabaska, qui existe depuis cinq ans, est présenté aux agriculteurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean. 

« Il s’agit d’une coopérative de solidarité. Le nom le dit, il faut être solidaires entre producteurs. Ce sont les cas les plus urgents qui sont traités. Une dépression, une opération ou même une semaine de vacances. Les producteurs qui ont des besoins réguliers doivent continuer de faire leur recherche », témoigne M. Simard. 

Vaste territoire

L’immensité du territoire du Saguenay-Lac-Saint-Jean pose problème. La région devrait être découpée, par souci de logistique, en plusieurs secteurs. Vu la distance qui peut séparer les entreprises agricoles, le partage de la main-d’œuvre est presque impensable entre le Saguenay et le Haut-du-Lac. Il devra être fait à l’intérieur des secteurs définis. 

Le comité ne s’en cache pas, à ce stade, tous les scénarios sont sur la table. La demande des producteurs permettra de définir les besoins réels. Ainsi, le projet pourrait s’étendre à l’ensemble du Saguenay-Lac-Saint-Jean ou sous forme de projet pilote dans une MRC définie. 

Main tendue

M. Simard tend la main aux producteurs intéressés par un tel service. Ils sont invités à contacter l’UPA Saguenay-Lac-Saint-Jean afin de faire part de leurs besoins et, par le fait même, d’être informés des prochains développements du travail réalisé par les comités.

Le président des Producteurs de lait du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Daniel Gobeil, est favorable à une telle initiative. 

« Les producteurs ont souvent de petits besoins. Ils n’ont pas toujours les moyens de faire des embauches sur une base annuelle. Aussi, la nouvelle génération recherche encore plus la qualité de vie. C’est une problématique qui se retrouve dans tous domaines confondus », a-t-il confié.

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PLUSIEURS DÉFIS POUR L'ANNÉE À VENIR

L’année à venir ne sera pas différente de la dernière puisqu’elle s’annonce pavée de défis pour les producteurs de lait du Saguenay-Lac-Saint-Jean. La croissance et la conservation des entreprises existantes ainsi que le prix d’achat du lait font partie des défis pour l’année à peine entamée.

La semaine en cours, qui est dédiée à des assemblées d’information et de consultation à travers le Saguenay-Lac-Saint-Jean, permet de prendre le pouls des producteurs laitiers. Le bilan de la dernière année, la situation des marchés et un survol des ententes commerciales internationales se retrouvent au cœur des discussions.

Après une première rencontre qui se tenait, lundi, à Saguenay, les producteurs s’étaient donné rendez-vous, mercredi, à Alma. Ce fut l’occasion pour une trentaine de membres de réfléchir à l’aide offerte dans le cadre de programmes dédiés à la relève ainsi qu’au démarrage en production laitière.

Après une première rencontre qui se tenait, lundi, à Saguenay, les producteurs s’étaient donné rendez-vous, mercredi, à Alma. Ce fut l’occasion pour une trentaine de membres de réfléchir à l’aide offerte dans le cadre de programmes dédiés à la relève ainsi qu’au démarrage en production laitière.

« L’incertitude par rapport aux ententes commerciales et les questions quant au nouveau Guide alimentaire canadien sont visibles chez les membres. Le moral s’est amélioré comparativement au printemps dernier. Nous avions eu plusieurs mois avec le prix du lait qui était ordinaire », a confié le président des Producteurs de lait du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Daniel Gobeil. L’ajustement du prix d’achat du lait, en septembre dernier, a permis d’augmenter les revenus et de calmer, en partie, les inquiétudes des membres.

Les rencontres avec les producteurs laitiers du Lac-Saint-Jean se termineront, vendredi, au Centre communautaire d’Albanel. Ces rassemblements se déroulent en marge d’une campagne électorale au palier fédéral. M. Gobeil rappelle que le gouvernement libéral a fait des promesses.

Quinze fermes de moins

Le regroupement des producteurs de lait du Saguenay-Lac-Saint-Jean compte un peu plus de 282 membres dans la région. Les défis de la dernière année auront amené une quinzaine de producteurs à abandonner le métier. L’absence de relève, l’incertitude face à l’avenir et les volontés gouvernementales sont à la base de plusieurs de ces déchirantes décisions.