Manufacturiers et exportateurs du Québec souhaite que Québec révise ses critères appels d’offres publics afin de favoriser les produits manufacturés québécois.
Manufacturiers et exportateurs du Québec souhaite que Québec révise ses critères appels d’offres publics afin de favoriser les produits manufacturés québécois.

Québec doit favoriser l’achat de produits manufacturés québécois, demande Manufacturiers et exportateurs du Québec

Myriam Gauthier
Myriam Gauthier
Le Quotidien
Manufacturiers et exportateurs du Québec (MEQ) espère que Québec annoncera dans sa mise à jour économique de jeudi une réévaluation des critères de ses appels d’offres afin de favoriser les produits manufacturés québécois, une révision qui pourrait par exemple profiter à l’aluminium du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Véronique Proulx, présidente-directrice générale de MEQ, souhaite que Québec stimule l’achat québécois dans ses appels d’offres, après avoir sensibilisé les consommateurs au printemps à l’importance d’acheter des produits locaux.

« Je pense que le gouvernement doit donner l’exemple et il doit revoir ses critères dans ses contrats publics », a-t-elle souligné, mercredi, lors d’un entretien avec Le Quotidien, à la veille de la mise à jour économique du ministre des Finances, Eric Girard.

« Il y a des critères qui peuvent être utilisés pour faire une discrimination positive envers des produits qui sont fabriqués ici », a-t-elle ajouté, en rappelant que le gouvernement est l’un des plus grands donneurs d’ordres.

Québec pourrait choisir, parmi ces critères, de favoriser les métaux ayant une faible empreinte carbone, donne-t-elle en exemple. Cette situation favoriserait ainsi un approvisionnement en aluminium québécois, et par le fait même du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Éviter une confusion

La dirigeante de MEQ ferme cependant la porte à l’ajout de critères qui favoriseraient un recours aux entreprises régionales situées sur le territoire où un contrat est attribué. Déterminer quelles sont les entreprises considérées comme « locales » causerait une confusion, selon elle.

« Est-ce qu’une entreprise locale, c’est une entreprise qui fabrique ici, ou c’est une entreprise qui a son siège social ici? Ou c’est une entreprise qui est à propriété québécoise ? », questionne-t-elle.

Privilégier un approvisionnement en métaux ayant une faible empreinte carbone permettrait d’avantager la production québécoise, explique-t-elle en reprenant le même exemple, tout en évitant une confusion et en respectant les règles des accords de libre-échange ratifiés par le Canada.

MEQ espère que de nouvelles mesures fiscales pour les entreprises, subventions et crédits d’impôt, feront aussi partie de la mise à jour économique du ministre Girard. En raison de la crise, plusieurs entreprises de la région et de la province repoussent leurs investissements et ont besoin de leviers financiers supplémentaires, constate Véronique Proulx.

La région métropolitaine de recensement de Saguenay comptait 268 entreprises manufacturières en juin, selon Statistique Canada.

Soutenir la formation à l’interne, qui demande temps et moyens financiers, serait aussi une façon de soutenir le secteur manufacturier, suggère l’organisation. Le secteur fait toujours face à une pénurie de main-d’oeuvre, alors que son taux d’emploi a retrouvé en octobre un niveau semblable à celui qui précédait la pandémie.