La propriétaire de La Casa, Kathy Morin, s’accomplit professionnellement et personnellement dans son projet entrepreneurial, après avoir quitté le domaine des télécommunications en 2015.

Pura vida à La Casa

La métaphore du phénix dans l’histoire de Kathy Morin n’est pas reliée à un succès financier, mais plutôt à un accomplissement personnel. C’est la flamme intérieure qui s’est éteinte, puis qui s’est rallumée, lorsque la Baieriveraine a délaissé un poste de gestion dans une entreprise de télécommunications pour partir en voyage et éventuellement fonder La Casa.

En 2015, Kathy Morin « allait devenir actionnaire » après 12 ans au sein de la même entreprise, principalement au service à la clientèle. Mais quelque chose clochait. « En dedans de moi, je ne comprenais pas pourquoi je n’étais pas heureuse. Un moment donné, je me suis demandé : ‘‘T’es qui, toi ? Si tu meurs dans six mois, qu’est-ce que tu vas avoir manqué dans ta vie ? ’’ », raconte-t-elle.

Sa réponse : un voyage humanitaire. La femme d’affaires a donc décidé de tout lâcher et de partir un mois en Bolivie, pour « revenir à la base de la pyramide », laissant son conjoint et ses enfants pour un moment. C’est dans ce pays d’Amérique du Sud qu’elle a appris qu’elle devait « penser à soi avant de penser à son prochain ». Et que soi et autrui peuvent sortir gagnants même avec cette philosophie en tête.

Kathy Morin s’est alors fait la promesse de vivre de ses projets à elle. « Produis tes rêves ; décolle tes projets ! », s’est-elle dit.

Les cours de yoga, toujours très populaires, se déroulent dans une pièce conviviale, chaleureuse et paisible.

Après une aventure extraordinaire avec un produit inusité créé pour ses besoins personnels et ceux de ses amis, le cache fesse, pour les sports extérieurs hivernaux et qui a fait fureur jusque dans l’Ouest canadien, la Baieriveraine a décidé de créer sa maison du mieux-être.

« Je voulais faire du bien, en mouvement, à moi et au monde, confie-t-elle. De nos jours, nous ne sommes plus élevés ou programmés pour prendre soin de soi. Peut-on commencer par respirer ? Ça n’existe plus ; nous sommes toujours dans une course folle. Il faut se mettre du calme dans la tête. Mon estime de moi a grimpé immédiatement. »

Sept travailleurs autonomes proposent différents types de soins à La Casa.

Kathy Morin a d’abord vendu une retraite au Costa Rica, où l’expression « Pura vida » l’a marquée à vie. Ces deux petits mots résumaient l’essence de sa flamme intérieure.

« C’est bénéfique de sortir du cadrage, d’être dans la vraie vie, dans le vrai monde, dans la communauté », rapporte celle qui a répété l’expérience une seconde fois et organise une troisième expédition.

Sept travailleurs autonomes proposent différents types de soins à La Casa.

La Casa, située sur la rue Bagot, regroupe sept travailleurs autonomes sous un même toit, dans une ambiance d’entraide et de partage, où les effluves de sauge cohabitent avec les souvenirs écrits ici et à l’étranger, à force de partage et de ressourcement.

« La Casa, en fait, centralise tous les rêves qui n’ont pas de place. Nous sommes des allumeurs d’étoiles. Que ce soit par un massage, par la respiration, par le yoga ou par une simple discussion, peu importe le moyen, nous sommes là pour aider les gens à équilibrer leur santé mentale et leur santé physique. Ici, ils décrochent, s’écoutent et se font du bien. C’est aussi simple que ça », partage l’entrepreneure.

Une maison du mieux-être, ce n’est pas une secte, tient à rassurer la propriétaire. Il n’y a pas d’ayahuasca, pour les adeptes de District 31. C’est seulement un lieu pour prendre une pause et s’offrir une attention à soi-même, « ce que les gens ne prennent plus le temps de faire ».

« Nous ne sommes pas là pour faire une leçon ou rejeter la science ; nous sommes une alternative supplémentaire et en attendant des soins pour prendre soin de vous. Ici, il n’y aucun jugement et aucune magie. Tout part de l’individu », précise-t-elle, soulignant l’ouverture dont a fait preuve la communauté saguenéenne.

L’aire d’accueil est propice au partage et à la discussion. Plusieurs souvenirs de voyage côtoient des ouvrages sur le bien-être et des photos des activités organisées par La Casa.

« Ici, les gens ne se cachent plus ; ils partagent. On revient à la base et juste avec cette mentalité, La Casa transforme à sa façon, et à diverses hauteurs, la vie des gens », résume Kathy Morin.

L’aire d’accueil est propice au partage et à la discussion. Plusieurs souvenirs de voyage côtoient des ouvrages sur le bien-être et des photos des activités organisées par La Casa.

MILLE MOYENS DE FAIRE DU BIEN

Massage, reiki, yoga, psychothérapie, accompagnement familial, remise en santé, soins psychoénergétiques, thérapie quantique, kinésithérapie, orthothérapie, pierres chaudes, drainage lymphatique, gestion de la douleur, psychothérapie; La Casa propose une offre de services aussi variée qu’inusitée, «des outils concrets pour équilibrer les trois dimensions de l’être, soit la tête, le coeur et le corps». Elle sort aussi de ses murs, avec des ateliers en milieu scolaire et en entreprise.

Le centre de ressourcement déploie ses bienfaits autour de quatre valeurs: le partage, l’ouverture, la liberté et la création d’une richesse intérieure. Et les résultats sont probants, tant sur le plan individuel que collectif. Les liens avec la communauté se sont tissés rapidement dans cette première année d’existence. Plusieurs partenaires ont acheté une brique pour accompagner l’oeuvre peinte sur la façade latérale par Julï Art et Ann Margaret Tremblay Cregg et ainsi contribuer au démarrage et à la propulsion du projet.

«La Casa, c’est plus qu’un lieu. C’est un style de vie. C’est une communauté qui repose sur des travailleurs en bienveillance. Ici, tu te coupes de l’extérieur et prends enfin le temps de connecter avec l’intérieur, de t’ouvrir à l’intérieur», note Kathy Morin.

Le projet, que les mauvaises langues pourraient qualifier d’ésotérique, demeure un modèle d’affaires, insiste-t-elle. «Je reste en affaires même si je suis zen. Et j’aime mieux être la fille zen en affaires que la fille en affaires qui essaie d’être zen», rigole la propriétaire de La Casa.

«J’invite les travailleurs autonomes qui veulent décoller leur projet à me contacter. Quand le bonheur se multiplie, ça nous nourrit; c’est vibrant! J’aime voir des gens se réaliser après être sortis du cadre. Si tu as besoin de croire en quelque chose, crois-en toi», termine celle qui peut accompagner un enfant comme une dame de 93 ans dans la même journée.

Plusieurs entreprises locales ne se sont pas faites prier pour embarquer dans la campagne de financement de La Casa. Des briques ont été mises en vente et ont été intégrées à une fresque sur la façade latérale de la maison d’époque.