Projet 7 garde son étude

Jean-Michel Tremblay, promoteur de Projet 7 à Laterrière, ne dévoilera pas l’étude de marché qu’il a commandée pour son projet d’investissement. Et il commence en avoir ras le bol de se faire « harceler ».

Le dossier de l’implantation d’une nouvelle station-service sur le boulevard Talbot, à Laterrière, continue de créer du remous et des frictions entre les parties concernées.

Les citoyens du secteur doivent se prononcer par voie de référendum le 24 février (vote par anticipation le 17 février) afin de savoir s’ils autorisent ou non les modifications aux règlements de zonage qui permettraient d’accueillir une station-service, un lave-auto et une pharmacie sur ce terrain du boulevard Talbot.

Jean-Michel Tremblay et Shirley Gravel veulent investir sept millions de dollars pour la mise en place d’un centre multiservice qui compterait aussi un restaurant et un dépanneur, notamment.

Depuis le lancement de ce projet, des voix s’élèvent contre l’idée de l’implantation d’un poste d’essence, notamment les propriétaires des stations-service Pétrole RL et Nutrinor.

L’un des responsables de Nutrinor demande même aux promoteurs de Projet 7 de dévoiler l’étude de marché qu’il a demandée. 

« Il n’en est pas question. Avec tout ce que j’entends et ce que je vois, je commence à penser que je suis victime de harcèlement de la part de Nutrinor. Je n’ai jamais vu une telle attitude ailleurs au Québec », tranche Jean-Michel Tremblay, lors d’un entretien avec Le Quotidien.

Louis Giguère, directeur du service marketing et des communications de la Coopérative Nutrinor, a fait parvenir des données d’une étude de la Régie de l’énergie sur la capacité d’un secteur d’une ville à faire vivre des stations-service.

Le porte-parole de Nutrinor aurait souhaité plus de transparence de la part de Projet 7 sur son étude, notamment.

Nutrinor soutient que la Régie de l’énergie évalue les besoins à une station-service pour chaque tranche de 2873 personnes au Québec, et qu’à Laterrière, on se retrouverait avec une station par 2200 citoyens, ce qui placerait le secteur en surplus de l’offre. 

« Ils sont qui, Nutrinor, pour nous demander notre étude ? S’ils veulent une étude, qu’ils s’en paient une, c’est tout. Mon étude est privée et elle va le demeurer. Ils veulent comparer avec l’étude de la Régie de l’énergie. Je l’ai devant moi et je peux travailler avec », poursuit M. Tremblay.

« À ce que je sache, nous sommes dans un libre marché ou de libre concurrence. Est-ce que Sports Experts a demandé l’étude de marché de Sail lorsque cette bannière s’est installée à Chicoutimi ? Je ne pense pas. »

Jean-Michel Tremblay croit fermement que son projet est viable sans nécessairement faire mourir les autres commerces à proximité.

« Moi, je crois qu’il y a de la place pour un nouveau projet. Mes compétiteurs parlent d’un marché limité. Moi, je vois les possibilités d’élargissement. Il y a peut-être 6700 à 7000 personnes à Laterrière, mais il ne faut pas oublier qu’il passe des milliers d’automobiles sur le boulevard Talbot quotidiennement. La 175, c’est une route nationale et ça fait plus de 7000 citoyens », ajoute Jean-Michel Tremblay.

Ce dernier poursuit en disant que toutes les bannières du milieu pétrolier sont prêtes à s’associer à son projet.

« Il est certain que toutes les bannières sont intéressées à venir écraser celles déjà en place », réplique M. Giguère.

« Mais nous ne nous objectons pas au projet dans son ensemble. Nous contestons l’arrivée d’une autre station-service dans le secteur », conclut-il.

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PAS VIABLE ÉCONOMIQUEMENT, SELON NUTRINOR

La Coopérative Nutrinor a refusé de s’associer au Projet 7 de Laterrière en grande partie parce que le projet de la station-service n’était pas viable économiquement.

Louis Giguère, directeur du service de marketing et des communications chez Nutrinor, confirme que la coopérative a effectivement eu des discussions avec Jean-Michel Tremblay pour s’associer au projet de centre multiservice du boulevard Talbot, à Laterrière, mais que les discussions, sur la station-service, ne se sont pas rendues à terme.

Le promoteur du projet offrait à Nutrinor de devenir la plus importante bannière pétrolière de la région, dit-il, devant Pétroles RL.

« Je leur ai donné l’occasion de me donner une réponse pendant six mois. Je n’ai jamais eu de réponse de Nutrinor à notre offre », lance M. Tremblay.

La réplique est venue rapidement de la coopérative. 

« Il est totalement faux de dire que nous n’avons pas donné de réponse. Il y a eu environ six rencontres, dont une avec le directeur général et une autre avec le directeur Énergie. Plus les discussions avançaient, plus il modifiait son offre et plus celle-ci rapetissait  pour le dossier de la station-service », indique M. Giguère.

« En dernier lieu, nous avons clairement vu que ça ne marcherait pas pour l’essence, que ce n’était pas viable. M. Tremblay nous a répondu qu’au pire, ça ferait une belle affiche publicitaire à Nutrinor sur le boulevard Talbot », a mentionné le porte-parole de Nutrinor.

Zonage

Si Nutrinor et Pétroles RL ont effectué une sortie publique pour dénoncer le projet, c’est en raison des modifications que Saguenay voulait apporter au règlement de zonage.

Sur le terrain appartenant à Projet 7 et ses promoteurs, il n’est pas prévu que l’on puisse y installer une station-service. Les modifications au règlement de zonage pourraient donc le permettre, si le projet est accepté lors du référendum du 24 février.

« Nous avons investi 800 000 $ à notre commerce du boulevard Talbot, en installant une borne de recharge électrique et en rénovant le dépanneur et le restaurant. Nous nous étions assurés qu’aucune station-service ne pouvait s’installer sur l’autre terrain. Là on veut changer les règles du jeu », dénonce M. Giguère.