L’achat de produits locaux est une priorité pour Éric Régnier, propriétaire des IGA de Métabetchouan-Lac-à-la-Croix et Chicoutimi-Nord. La campagne nationale, annoncée il y a quelques jours par sa bannière, est donc la continuité de ce que l’épicier avait déjà amorcé, l’an dernier. ­
L’achat de produits locaux est une priorité pour Éric Régnier, propriétaire des IGA de Métabetchouan-Lac-à-la-Croix et Chicoutimi-Nord. La campagne nationale, annoncée il y a quelques jours par sa bannière, est donc la continuité de ce que l’épicier avait déjà amorcé, l’an dernier. ­

Produits locaux: pas juste un coup de pub pour les épiciers d’ici

Laura Lévesque
Laura Lévesque
Le Quotidien
Les marchands IGA du Québec mettront de l’avant les produits locaux au cours des prochaines semaines, avec une nouvelle campagne nationale. Une promotion qui est loin d’être juste un coup de publicité en temps de pandémie, selon les épiciers de cette bannière au Saguenay-Lac-Saint-Jean, qui avaient déjà une longueur d’avance.

En effet, la dizaine de marchands de la région ont lancé, l’an dernier, la campagne « Vive les saveurs d’ici » pour faire la promotion des produits issus de la Zone boréale. Une mise en vedette des produits d’ici qui allait être renouvelée et qui sera accentuée cette année.

« Les produits locaux ont toujours été pour nous une priorité. Oui, il y a les produits québécois, mais il faut mettre en lumière les producteurs d’ici. On se différenciait déjà de ce que le national faisait, l’an dernier, et on allait encore mettre de l’avant nos producteurs en bonifiant l’offre. Mais là, on va sauter une marche cette année. On ira plus loin », insiste Éric Régnier, propriétaire des IGA de Métabetchouan-Lac-à-la-Croix et Chicoutimi-Nord.

Les produits locaux seront mis en vedette dans différents présentoirs, qui seront aménagés dans les épiceries IGA.

Cela peut sembler banal d’intégrer des produits d’ici dans un supermarché. Mais les producteurs doivent normalement franchir plusieurs étapes pour réussir à voir leurs produits sur des tablettes. Les supermarchés, rappelons-le, fonctionnent pour la plupart sous des bannières qui dictent les règles et limitent, dans certains cas, la présence de produits pour éviter de concurrencer de gros joueurs avec qui ils ont des ententes nationales.

« Notre indépendance, en effet, a une limite. On a des balises qu’il faut suivre. Mais c’est utopique de penser que le marché alimentaire puisse fonctionner sans l’ombre d’une bannière. On ne serait pas capable de vivre sans la bannière, une structure forte. On le voit d’ailleurs en pandémie, la nécessité de cette bannière », plaide M. Régnier.

« Mais en étant un épicier indépendant, avec une bannière, on a une liberté et toute la latitude pour intégrer les produits d’ici dans nos magasins. Pour moi, l’achat local est déjà bien ancré. Tous les produits locaux qui sont bons sont acceptés si les producteurs ont la capacité de fournir. On en a déjà beaucoup sur nos tablettes, mais on cherche toujours à en avoir plus. Parce que chaque dollar dépensé pour un produit d’ici a un impact immédiat dans notre milieu », insiste le marchand.

Ce dernier estime d’ailleurs qu’au Saguenay-Lac-Saint-Jean, le secteur agroalimentaire est bien structuré, ce qui facilite l’entrée de produits locaux dans les supermarchés.

« On est de loin une des régions les mieux organisées. Surtout avec la Zone boréale qui facilite les démarches et les contacts. On a juste à penser aux microbrasseries d’ici qui sont très bien structurées. L’été, nos maraîchers locaux peuvent être facilement intégrés et c’est qu’on fait. Car les gens recherchent la fraîcheur, ça goûte ici », exprime l’épicier, qui siège d’ailleurs à la Table agroalimentaire du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

« Chaque marchand a un intérêt et une volonté nécessaire de vivre dans sa région, on veut faire partie de nos communautés. On veut donc encourager les producteurs d’ici, ce sont nos voisins, nos familles, notre communauté . »