Gilles Déry, président du Centre québécois de recherche et de développement de l’aluminium (CQRDA), et David Prud’Homme, du Centre d’expertise sur l’aluminium, tentent de promouvoir la transformation de l’aluminium au Québec à travers des projets de recherche.

Proco développera un pont à platelage d'aluminium dans la Forêt Montmorency

Le projet d’aménagement de la passerelle piétonnière à platelage d’aluminium surplombant la rivière Petite Décharge, à Alma, aura des suites pour le Groupe Proco. L’entreprise vient de signer une entente pour le développement d’un pont destiné au transport lourd dans la Forêt Montmorency, dans la Réserve faunique des Laurentides.

Michel Toupin, président du Groupe Proco, a confirmé qu’il vient de s’entendre avec l’Université Laval, gestionnaire de cette forêt d’enseignement et de recherche, le ministère des Transports et quatre autres partenaires chercheurs pour le développement d’une telle structure. M. Toupin a indiqué que le financement du projet est réalisé et qu’il faudra quelques années avant que la technologie soit développée.

L’information a été divulguée en marge du Symposium international sur le soudage par friction-malaxage qui se déroule cette semaine à Chicoutimi.

M. Toupin était présent à l’atelier dispensé par le chercheur Sophiène Amira, du Centre de transfert technologique de Trois-Rivières, qui a travaillé étroitement au développement du platelage de la passerelle piétonnière érigée à l’occasion du 150e anniversaire d’Alma. La réalisation du platelage, formé de dix panneaux de pièces d’extrusion de 12 mètres par trois mètres, a été rendue possible avec la participation également du Centre de soudage par friction-malaxage de l’Université du Québec à Chicoutimi.

Groupe Proco, qui possède depuis longtemps une expertise dans l’aménagement de ponts à structure d’acier, a acquis une nouvelle compétence avec la passerelle almatoise en faisant cadeau du platelage d’aluminium à la ville d’Alma.

Dans la perspective où le ministère des Transports souhaite de plus en plus inclure l’aluminium dans la construction d’ouvrages d’art, une solution plus coûteuse lors de la construction, mais qui procure des économies d’entretien à long terme, Proco souhaite se procurer une longueur d’avance en se tournant vers la recherche pouvant mener à des soudures par friction-malaxage sur des épaisseurs de trois quarts à un pouce.

Pour le moment, il est encore trop tôt pour déterminer quelle sera l’envergure du futur pont de la Forêt Montmorency.

CQRDA
Présent au symposium international, Gilles Déry, président du Centre québécois de recherche et de développement de l’aluminium (CQRDA), affirme que la tenue d’un tel événement est importante pour faire comprendre à l’ensemble des intervenants de la région et du Québec comment on possède des technologies de pointe pour aider à développer davantage les deuxième et troisième transformations de l’aluminium.

Il rappelle que dans le cadre de la stratégie qu’il a adoptée, le gouvernement du Québec souhaite voir doubler la transformation de l’aluminium dans la province pendant la décennie 2015-2025. « Il faut rapprocher les chercheurs des petites et moyennes entreprises. Les gens d’affaires croient que faire appel à un chercheur coûte cher, mais c’est un mythe », affirme M. Déry.

Ce dernier souligne qu’au cours de la dernière année, le CQRDA accordé cinq millions $ pour soutenir des projets de recherche privés mettant à contribution les efforts de chercheurs d’universités, de centres de recherche publics et de PME. M. Déry a mis en lumière la nécessité de développer des maillages entre les entreprises œuvrant dans le secteur.