Le sommet du G7 tenu à La Malbaie réunira les leaders des sept pays dont le premier ministre du Canada Justin Trudeau, la chancelière allemande Angela Merkel, le président des États-Unis Donald Trump, le premier ministre italien Paolo Gentiloni.

Prêts pour le pire au sommet du G7

EXCLUSIF / Tous les établissements du réseau de la santé et des services sociaux de la région de la Capitale-Nationale préparent la venue de la caravane du sommet du G7 en juin, autant dans Charlevoix qu’à Québec. Ils devront être prêts à faire face à tous les scénarios, même les catastrophistes : attaque bactériologique, flot de manifestants et de policiers blessés, attentat…

«Tout le monde va être mobilisé», indique au Soleil René Bouchard, directeur adjoint aux communications du CIUSSS régional (Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux). «Nous, on se prépare en fonction d’un afflux de personnes dans le territoire de Québec et de Charlevoix.»

Les hôpitaux, l’Institut de cardiologie et de pneumologie ainsi que les nombreuses composantes du CIUSSS «travaillent ensemble à l’orchestration […] de ce qu’on va avoir besoin pour offrir les soins et services de santé dans le cadre du G7.» 

Plusieurs groupes de travail ont été mis sur pied afin d’évaluer le nécessaire. Des exemples : le nombre de travailleurs à mobiliser, les équipements à acheter, les formations à donner, les logements à louer pour le personnel envoyé en renfort. Il faut également penser au transport ainsi qu’à l’évacuation des blessés et malades malgré les routes bloquées, les clôtures. Et acheter des antidotes, des équipements de protection, pour faire face à une contamination biologique ou chimique. Sans oublier de déployer les équipes de sécurité dans les installations.

Puis, souligne avec emphase M. Bouchard, la clientèle locale habituelle du réseau devra recevoir ses services malgré le fait que le sommet annuel des sept puissances envahit La Malbaie et Québec. «Même s’il y a le G7, il faut continuer d’assurer la continuité de nos opérations pour notre population.» Jusqu’aux soins à domicile à prodiguer dans le périmètre de sécurité autour du Manoir Richelieu, cœur du sommet.

Forte pression

La pression pourrait être forte sur le réseau. Rappelons que le gouvernement fédéral a réservé 12 000 chambres pour l’événement, dont beaucoup dans la capitale. Ceci pour accueillir les délégations canadienne, française, allemande, italienne, japonaise, anglaise et étatsunienne. Ajoutez des représentants d’autres pays invités ainsi que des membres de grandes organisations commerciales et diplomatiques. Additionnez encore des milliers de policiers, journalistes, manifestants… 

«Dans un scénario idéal, les services qu’on offre au moment où on se parle sont maintenus», poursuit René Bouchard. «Ensuite, il faut se préparer en fonction du fait qu’on sait qu’il pourrait potentiellement y avoir des manifestations, il pourrait y avoir des arrivées massives de blessés, il pourrait y avoir toutes sortes d’éléments pour lesquels il faut se préparer.» 

Tâche complexifiée par l’étendue du territoire à couvrir. «Il va y avoir de l’activité autant dans Charlevoix que dans le secteur de Québec. Donc il faut que tous nos effectifs, ressources humaines, financières et matérielles soient disponibles pour être capable de faire face.»

La facture promet d’être conséquente à l’ampleur des préparatifs. Qui paiera la note ? La directive est déjà passée : les coûts pour le G7 doivent être compilés. Mais on ne sait pas encore qui effacera l’ardoise.

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LA POLICE DE QUÉBEC ET LA SQ S'ACTIVENT

Pendant que Charlevoix se prépare à la rencontre du G7 en juin, Québec s’active aussi. Déjà, le travail a commencé pour accueillir les invités qui ne pourront, faute de places suffisantes, loger à La Malbaie et les environs où y tenir certaines rencontres et activités. Plus que tout, c’est la sécurité qui retiendra l’attention.

«Le Sherpa est venu nous rencontrer il y a un mois», lance le maire de Québec, en parlant de Peter Boehm, représentant personnel du premier ministre canadien pour le G7, avec qui Le Soleil s’était entretenu lors de son passage dans la capitale.

Selon le maire, des représentants du G7 sont déjà installés à Québec pour la préparation de l’événement qui débordera des frontières de Charlevoix. Mercredi, Le Soleil annonçait que le Centre des congrès est désigné comme le centre international des médias. Les chiffres les plus optimistes indiquent que 3000 journalistes couvriront l’événement. 

«Ils travaillent déjà avec la Sûreté du Québec et la police de Québec. Notre personne ressource à la ville est Mme Chantale Giguère», souligne le maire. Elle est directrice générale adjointe, responsable de la sécurité publique. Évidemment, les deux corps policiers provinciaux travaillent de concert avec la Gendarmerie royale du Canada.

La sécurité retient l’attention

Et c’est évidemment la sécurité qui retiendra l’attention. Le Sommet des Amériques de 2001 demeure toujours gravé dans les mémoires. Les gens se souviennent surtout de la haute ville barricadée, des manifestations et des gaz irritants.

Sans vouloir faire aucun parallèle, le maire reconnaît que s’il y a des manifestations, c’est à Québec qu’elles se dérouleront. «Je ne pense pas qu’il va y avoir des manifestations aux Éboulements. Ça va surtout être à Québec. On se prépare en conséquence. Ce que j’aime, c’est qu’ils se préparent d’avance», félicite M. Labeaume.

Outre le Centre des congrès, d’autres lieux devraient être réquisitionnés à Québec pour y tenir des rencontres et événements. Le maire ne pouvait dire lesquels. L’organisation du G7 dit avoir réservé quelque 12 000 chambres pour recevoir les visiteurs.

Le G7 est un club sélect de sept pays parmi les plus grandes puissances économiques du globe. Il comprend le Canada, la France, les États-Unis, l’Allemagne, l’Italie, le Japon et le Royaume-Uni. Se joignent à eux des pays invités. On y discute économie et traités de libre-échange, mais aussi de terrorisme et d’immigration. Jean-François Néron