PFR: un bénéfice malgré la pénurie de wagons

Des hausses de prix enregistrées dans ses différents secteurs d’activités ont permis à Produits forestiers Résolu d’afficher un bénéfice net de 10 M$ au premier trimestre de 2018 comparativement à une perte nette de 47 M$ à la même période de 2017.

Depuis trois mois, les ventes globales ont atteint 874 M$, en progression de 2 M$ comparativement à la même période de 2017.

Les résultats indiquent que les ventes des produits du bois et de pâte commerciale continuent d’être le cœur des activités de l’entreprise. La Division Produits forestiers a enregistré un bénéfice de 53 M$ pour le trimestre, en baisse de 4 M$, en dépit de la hausse de coût livré de 24 $ du prix du millier de pieds-mesure-planche (PMP) qui s’établit à 342 $. La diminution des prix de vente internes de copeaux, la hausse des droits de coupe fondés sur le marché et la hausse des frais de transport expliquent les résultats. Les volumes expédiés ont diminué de 11 millions de PMP en raison de la disponibilité limitée des wagons, ce qui a contribué à une hausse de 16 millions de PMP des stocks de produits finis. 

Le secteur de la pâte commerciale bénéficie de la remontée des prix qui s’établissent maintenant à 710 $ la tonne métrique au premier trimestre. Les volumes expédiés ont également diminué de 26 000 tonnes à 362 000 tonnes en raison de la baisse de productivité des usines américaines en raison des températures froides.

Du côté de la production du papier journal, une perte d’exploitation de 4 M$ a été enregistrée, comparativement à une perte de 6 M$ pendant le premier trimestre de 2017. Le prix moyen de la tonne s’est établi à 558 $, en hausse de 33 $.

En entrevue, Yves Laflamme, président et chef de la direction, qui en est à son premier trimestre complet à la tête de l’entreprise, souligne qu’il s’agit de résultats intéressants même si certains phénomènes comme le froid qui a affecté certaines usines dans le sud des États-Unis et le manque de disponibilité de wagons au Canada ont affecté négativement la performance de la papetière.

« L’adaptation au poste de président se fait correctement. On tente de relever les nombreux défis », a indiqué M. Laflamme.

Ce dernier a indiqué que la pénurie de wagons affecte négativement l’ensemble de l’industrie forestière canadienne comme c’est le cas également pour les producteurs de grains de l’Ouest. Il a rappelé que dans les derniers mois, le gouvernement canadien a dû intervenir auprès du CN pour qu’il augmente la disponibilité des wagons.

Selon lui, la pénurie a des impacts importants aussi du côté des clients qui achètent des papiers spécialisés comme ceux produits à l’Usine Alma selon la formule « juste à temps ». « On doit se tourner vers le camionnage qui connaît des problèmes de pénurie de main-d’œuvre, ce qui met une pression sur les taux de transport. »

Dans le secteur du bois d’œuvre, PFR continue d’effectuer des dépôts en espèces sur les droits compensateurs et antidumping sur les papiers surcalandrés, le bois d’œuvre et les papiers non couchés. Une somme de 21 M$ a été déposée depuis le début de l’année. M. Laflamme a bon espoir de récupérer ces sommes avec l’abandon de certaines plaintes par les producteurs américains.

Il a conclu en saluant l’entente intervenue avec les syndicats Unifor et l’annonce d’investissements de 13 M$ à la Scierie de Saint-Félicien. M. Laflamme a conclu en mentionnant qu’une partie des 175 M$ des immobilisations prévues en 2018 serait réalisée dans le secteur de la pâte commerciale et de la production de bois.