Les professeurs Maxim Brassard et Joël Pouliot se désolent de voir si peu d’étudiants s’inscrire au cours qui avait été longuement réclamé par la région, au début des années 80, dans la foulée des objectifs de deuxième et troisième transformation de l’aluminium.

Pénurie d'étudiants en fonderie

En dépit du fait qu’elles constituent un excellent passeport pour l’obtention d’emplois permanents bien rémunérés en milieux industriels, les formations en fonderie métallurgie et techniques de métallurgie du Centre de formation professionnelle de La Baie et du Cégep de Chicoutimi sont boudées et font face à une pénurie d’inscriptions.

Ce constat a été réalisé à la rentrée au CFP de La Baie, alors que le cours qui devait démarrer en septembre a dû être retardé au début octobre avec une cohorte de seulement quatre étudiants, ce qui est bien loin de suffire à la demande des employeurs qui cognent aux portes pour embaucher ce type de travailleurs.

En entrevue, Maxim Brassard et Joël Pouliot, tous deux professeurs de fonderie-métallurgie du CFP de La Baie, se désolent un peu de voir si peu d’étudiants s’inscrire au cours qui avait été longuement réclamé par la région, au début des années 80, dans la foulée des objectifs de deuxième et troisième transformation de l’aluminium. « Oui, nous faisons face à une pénurie d’étudiants dans un creux démographique. La commission scolaire a fait de la publicité sans arrêt. Les débouchés sur le marché du travail sont encore là. L’an passé, nous avions douze étudiants, ils sont tous placés », affirme M. Brassard.

La pénurie d’étudiants en fonderie-métallurgie a des effets sur le personnel enseignant qui a été réduit à deux tandis que le technicien oeuvre maintenant à temps partiel. Dans les bonnes années, huit enseignants étaient actifs pour dispenser la formation de 1230 heures. En 2011, jusqu’à 48 étudiants en fonderie-métallurgie ont été formés et se sont trouvé des emplois.

« Je peux vous assurer qu’un finissant avec un DEP en fonderie-métallurgie n’aura jamais de problème à se trouver un emploi en milieu industriel. Ils ont acquis beaucoup de connaissances dans les processus industriels à travailler avec du métal liquide. Ils sont bien formés en santé et sécurité du travail. Les quarante gars qui ont été embauchés dernièrement par Rio Tinto proviennent majoritairement de chez nous après avoir passé par la porte de côté chez des sous-traitants », soutient M. Brassard. Ce dernier ajoute que chaque aluminerie possède son centre de coulée qui, dans les faits, sont des fonderies spécialisées dans la production de lingots.

Son collègue Pouliot, responsable des stages de fin d’études au CFP de La Baie, assure que demain matin, il serait capable de placer une trentaine de personnes en industrie. Précicast, Sotrem, Scepter, PCP Aluminium, Niobec, Elkem et Ceradyne Canada font tous partie de la liste d’une vingtaine d’employeurs de la région toujours à la recherche de compétences dans le domaine.

Cégep de Chicoutimi

Du côté du Cégep de Chicoutimi, qui dispense le cours de technique de métallurgie, le directeur des communications, Éric Émond, constate que le recrutement d’étudiants appelés à travailler dans des laboratoires en métallurgie en sarrau blanc demeure difficile. « Même nos meilleures années sont difficiles. Une bonne année, c’est 12 étudiants », affirme M. Émond.

Les efforts de promotion, notamment la création de deux types de bourses, ne rendent pas plus facile l’inscription d’étudiants. « Il est arrivé souvent qu’on ait plus d’offres d’emplois que de futurs diplômés », indique M. Émond.

Le phénomène n’est pas unique au secteur de la métallurgie puisque ce sont toutes les techniques dites « physiques » qui connaissent des problèmes de recrutement d’étudiants.

Selon lui, la métallurgie connaît peut-être un plus grave problème puisqu’il faut démystifier ce secteur qui demeure un domaine inconnu. « Il s’agit d’un domaine très large. On essaie beaucoup de choses. On fait de petits clins d’oeil aux travailleurs de ce domaine pour qu’ils parlent de leur travail à leurs enfants afin de les intéresser », conclut-il.


Les débouchés sur le marché du travail sont encore là. L’an passé, nous avions douze étudiants, ils sont tous placés.
Maxim Brassard

254 finissants formés

Depuis 2009, le programme d’étude professionnel (DEP) en fonderie métallurgie du CFP de La Baie a formé 254 finissants qui ont trouvé des emplois dans tous les coins de la province, selon le tableau de placement des finissants. Outre ceux nommés dans l’article, Paper Aluminium, Bibby Sainte-Croix, Métallurgie Brasco de Sept-Îles, Arcelor-Mittal Contrecœur figurent parmi les plus importants employeurs.