L’homme d’affaires Paul Boivin affirme avoir les 13M$ nécessaires pour enfin aller de l’avant avant la rénovation du Carrefour Racine.

Paul Boivin affirme avoir les 13 M$

Six mois après que l’ancien maire de Saguenay, Jean Tremblay, ait dit vouloir renoncer à l’entente sur la rénovation du Carrefour Racine, le promoteur Paul Boivin affirme aujourd’hui avoir amassé les 13 M $ nécessaires pour aller de l’avant.

Selon un communiqué diffusé par le Carrefour Racine mardi en fin de journée, « le financement est bel et bien réglé à 100 % ». 

D’après le document, le projet comprend l’ajout de 175 places de stationnement ainsi qu’un nouvel ascenseur et un accès via la rue Hôtel-Dieu.

« Celui-ci est prêt à débuter et l’administration municipale en a été avisée en octobre 2017. La nouvelle administration serait à prendre connaissance du dossier », poursuit le communiqué envoyé par l’entreprise.

Contactée en soirée par Le Quotidien, l’attachée de presse du cabinet de la mairesse Josée Néron, Cindy Girard, a confirmé que le cabinet avait bel et bien été avisé par le promoteur. « On évalue l’ensemble de la situation », a-t-elle déclaré. Il n’a pas été possible d’obtenir les commentaires directement de Josée Néron à ce sujet mardi soir.

L’entente initiale

Selon l’entente initiale avec Saguenay annoncée en décembre 2012, Paul Boivin achetait pour 335 000 $ les locaux abritant le CLSC de Chicoutimi, aménagés au troisième et au quatrième étage du Carrefour Racine, dont il est déjà propriétaire via des compagnies à numéros.

La transaction devait également inclure un stationnement à étages de 100 espaces, un stationnement extérieur de 60 places et l’ancien atelier de lutherie Jones Robert, sis au 421 de la rue Hôtel-Dieu.

En contrepartie, l’homme d’affaires devait réaliser des investissements d’au moins 10 millions de dollars, maintenir dans le secteur les quelque 200 emplois à temps plein rattachés au CLSC et assumer la réfection complète de l’autogare. Il était alors question d’y construire un hôtel-boutique, le tout pour un grand total de 17 M $. L’agrandissement du Carrefour Racine devait également permettre d’y regrouper plusieurs organismes culturels de Chicoutimi.

Un an plus tard, en décembre 2013, Paul Boivin avait renoncé à l’hôtel-boutique, disant alors au Quotidien que « la région n’est pas l’endroit idéal pour ce genre de projet ». Il avait ajouté qu’il désirait concrétiser un autre projet avec cette bâtisse. 

Le dossier avait continué de traîner. En juillet 2016, le fils de Paul Boivin, Simon, avait déclaré au Progrès-Dimanche que le financement serait bouclé au cours des jours prochains. Les travaux attendus pour l’automne n’avaient jamais été amorcés.

Arrivé à bout de patience, l’ancien maire de Saguenay, Jean Tremblay, avait indiqué lors d’une séance du conseil municipal en juin dernier qu’il mettait fin à l’entente avec Paul Boivin. Finalement, en juillet 2017, le comité exécutif de Saguenay avait adopté deux résolutions sur l’abandon du contrat initial. Saguenay aurait alors entamé la reprise de possession des actifs cédés. En août, Jean Tremblay avait soutenu au Quotidien qu’un avis avait été expédié à l’entreprise et que cette dernière disposait d’un délai de 60 jours pour se conformer aux exigences des ententes signées. Selon le conseiller du secteur, Simon-Olivier Côté, contacté mardi soir, le processus entamé par l’ancienne administration n’aurait pas été complété avant les élections. « Dans les prochaines semaines, il va y avoir une décision qui va être prise. Il y a un désir de régler rapidement la question des organismes culturels et du stationnement », a-t-il mentionné, sans évidemment présumer de la décision finale de la Ville. Il a affirmé avoir été contacté par Paul Boivin après l’élection de novembre. Il l’a alors référé au cabinet de la mairesse. 

En novembre 2016, la chef de l’Équipe du renouveau démocratique, et actuelle mairesse, avait critiqué le choix de la Ville de déménager les organismes culturels au Carrefour Racine. Elle avait plutôt proposé les locaux de la congrégation des Soeurs de Notre-Dame-du-Bon-Conseil.

Déneigement

Le dossier a refait surface dans l’actualité alors que l’accès au seul étage restant de l’autogare aurait été mal déneigé lundi, comme en faisait mention Le Quotidien dans l’édition de mardi. « La direction de Carrefour Racine désire rappeler que celle-ci en a été avisée hier matin aux alentours de 8 h. La direction a immédiatement contacté l’entrepreneur responsable du contrat de déneigement pour s’assurer que le tout soit réglé rapidement », a fait part l’entreprise dans le même communiqué.