Partenariats entre la communauté ilnu et le milieu régional: une affaire de communication

Marc-Antoine Côté
Marc-Antoine Côté
Le Quotidien
La Chambre de commerce et d’industrie Saguenay-Le Fjord (CCISF) a fait, jeudi, la démonstration de l’étendue des liens d’affaires qui unissent la communauté ilnu et le milieu régional. Tout en montrant que la table est mise pour en créer davantage.

Des représentants d’entreprises de la région, telles que Groupe Synergis (Groupe Conseil Nutshimit-Nippour) et Produits forestiers Résolu (PFR), sont venus témoigner de leur expérience d’affaires avec la Première Nation des Pekuakamiulnuatsh, dans le cadre d’un panel virtuel.

Alain Nepton, aîné ilnu, a brisé la glace en posant les bases d’une bonne entente. Prenant en exemple les partenariats de longue date impliquant PFR, Rio Tinto et Hydro-Québec, il a souligné l’importance d’un « climat de communication » et d’une ouverture d’esprit.

« La communauté a toujours souhaité travailler avec la région pour pouvoir évoluer d’une façon mutuellement respectueuse, explique-t-il. Le côté autochtone a des facettes particulières, la question des droits notamment, c’est différent. On est comme deux mondes différents, mais d’un autre côté, on vit sur le même territoire, alors on doit essayer de travailler ensemble. Et on voit la richesse d’unir les deux ; on le voit dans nos partenariats. »

L’évènement servait aussi à présenter les outils à la disposition des entreprises autochtones et allochtones qui souhaitent collaborer, notamment l’accompagnement et la formation, ce à quoi œuvre la Société de développement économique Ilnu (SDEI) depuis 20 ans.

Sa directrice générale, Caroline Bouchard, « grande leader » de cet évènement selon la CCISF, en a profité pour détailler tout l’accompagnement qui peut être offert aux entreprises autochtones et allochtones, adaptable selon les besoins.

« Aujourd’hui, nous voulons vous présenter vos voisins », a-t-elle lancé d’emblée.

Daniel Courtois, du Groupe Conseil Nutshimit-Nippour, signale que l’entreprise dont il fait partie est justement le fruit d’une telle collaboration, débutée dans le cadre d’une étude de projet sur la ligne Péribonka-Simard, puis officialisée par une fusion en 2014.

Questionné sur les « secrets » derrière le succès du partenariat, il a souligné la nécessité pour chacun des partis de faire son bout de chemin.

« Il faut apprendre à s’apprivoiser, à travailler et à se connaître. Si notre partenariat n’avait pas été concluant, je ne pense pas qu’on en serait là où on en est aujourd’hui. Faut se faire confiance, se respecter. On a des visions qui ne sont pas tout le temps communes, mais il y a toujours moyen d’atteindre les objectifs de chacun. »

Malgré quelques problèmes techniques, l’évènement tenu jeudi par la CCISF s’est bien déroulé, attirant une centaine de personnes en matinée.