Installations de Produits forestiers Résolu à Saint-Félicien.
Installations de Produits forestiers Résolu à Saint-Félicien.

Partenariat d’affaires avec la communauté ilnu: vers plus d’exemples comme celui de PFR

Marc-Antoine Côté
Marc-Antoine Côté
Le Quotidien
Voilà plusieurs années que Produits forestiers Résolu et la communauté de Mashteuiatsh travaillent main dans la main, l’un bénéficiant de ressources supplémentaires, l’autre solidifiant sa filière entrepreneuriale. C’est ce genre de partenariat que la Chambre de commerce et d’industrie Saguenay-Le Fjord veut mettre en valeur, lors de son panel du 3 décembre.

Le Conseil de bande de Mashteuiatsh délègue à PFR les volets planification forestière, récolte, voirie et transport pour l’ensemble du volume de bois auquel la communauté a droit sur le territoire, tout en tirant une certaine redevance. Les entrepreneurs de Mashteuiatsh soumissionnent ensuite pour une partie du contrat et profitent d’un encadrement de la part du géant forestier.

« Pour PFR, ça fait du volume supplémentaire à traiter dans nos usines de transformation du bois du Lac-Saint-Jean, et pour Mashteuiatsh, ça solidifie la filière entrepreneuriale, ça développe de nouveaux entrepreneurs et ç’a des retombées économiques pour la communauté », explique Sylvain Goulet, directeur général, foresterie et opérations forestières Saguenay-Lac-Saint-Jean et Mauricie, chez PFR.

Il souligne que plusieurs comités travaillent en parallèle pour bonifier l’apport de la communauté de Mashteuiatsh à travers les opérations de l’entreprise. Les entrepreneurs sont donc appelés à soumissionner pour divers mandats, « autant dans les scieries que dans les papetières », et pour des travaux de toute nature.

De telles collaborations seront mises en valeur par la CCISF, le 3 décembre, dans le cadre d’un panel portant sur les partenariats d’affaires durables entre la communauté ilnue et le milieu régional.

Sylvain Goulet de Produits forestiers Résolu est du nombre des intervenants qui prendront part au panel du 3 décembre.

Ceux-ci se développent « lentement, mais sûrement » dans la région, selon Caroline Bouchard, directrice générale de la Société de développement économique Ilnu (SDEI), qui a d’ailleurs plusieurs autres exemples en tête, tels que Rio Tinto, la Société sylvicole Chambord (avec Landes forestières Uapats) et Hydro-Québec (pour une portion de la ligne Micoua-Saguenay), pour ne nommer que ceux-là.

« Lors du panel, on va faire parler des gens qui font des partenariats avec la communauté, puis on va montrer que c’est possible, que ça peut être très bénéfique d’un côté comme de l’autre. Donc le but, c’est de démontrer aux entrepreneurs qu’il y a une possibilité de faire des maillages intéressants et de s’ouvrir sur la communauté. On a de belles entreprises et on veut les faire connaître. »

La SDEI travaille depuis 20 ans à la création d’une synergie entre tous les intervenants et intervenantes de la région, car « l’économie de la communauté ne peut pas se développer en vases clos », assure la directrice générale.

D’où le mandat de mettre sur pied des formations et évènements de réseautage qui vont en ce sens. En septembre 2019, par exemple, une quinzaine de personnes provenant d’entreprises et d’organismes du Saguenay-Lac-Saint-Jean ont été formés pour agir à titre d’accompagnateurs auprès des promoteurs allochtones et autochtones qui souhaitent faire affaire.

Aux yeux de Caroline Bouchard, l’évènement du 3 décembre aidera à franchir la barrière de la méconnaissance, et aidera chacun à mieux connaître son voisin. Il réunira entre autres des représentants de la Commission de développement économique des Premières Nations du Québec et du Labrador (CDEPNQL), du Groupe Conseil Nutshimit-Nippour et de la Corporation de développement économique montagnaise (CDEM) - financement autochtone.

Le tout se déroulera de 10h à 12h, par le biais de la plateforme Zoom.