Une soixantaine de citoyens se sont présentés lundi à l’Hôtel Delta, de Jonquière.

Micoua-Saguenay: 50M$ de retombées

Des retombées économiques de 50 M $ pour la région, la protection du caribou forestier et la proximité des nouvelles lignes de transport de certaines installations privées ont retenu l’attention, lundi, dans le cadre des premières audiences publiques du projet Micoua-Saguenay qu’entend mettre en service Hydro-Québec à compter de 2021.

Une soixantaine de citoyens se sont présentés, lundi, à l’Hôtel Delta de Jonquière, afin de participer à la première partie des audiences du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), mandatée pour procéder à l’examen du projet de nouvelle ligne électrique de 735 kv devant relier le poste Saguenay, à Jonquière, au poste Micoua, situé sur la Côte-Nord.

La nouvelle ligne, d’une longueur de 260 km, est destinée à augmenter la fiabilité du réseau de distribution d’Hydro-Québec, mais aussi à transporter l’énergie produite sur la Côte-Nord, provenant du Complexe La Romaine. Hydro-Québec doit adapter son réseau compte tenu de la baisse de consommation d’électricité sur la Côte-Nord et l’augmentation de la consommation au sud dans le contexte de la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly.

Les audiences sont présidées par Denis Bergeron, membre du BAPE depuis 2011, assisté de Me Marie-Hélène Gauthier, qui agit comme commissaire. M. Bergeron a participé, entre autres, à la commission d’enquête liée à l’exploitation du gaz de schiste dans le shale d’Utica des basses-terres du Saint-Laurent et la commission d’enquête portant sur le projet de construction du poste Saint-Jean à Dollard-des-Ormeaux.

Lors de leur présentation, les représentants d’Hydro-Québec, ayant comme porte-parole Marie Hélène Robert, ont affirmé que la nouvelle ligne de transport sera aménagée au coût de 690 M $, dont 540 M $ constituent des retombées pour le Québec.

Denis Bergeron, président de la Commission d’enquête sur le projet de ligne Micoua-Saguenay, et Marie-Hélène Gauthier, commissaire, ont entendu les interrogations des citoyens sur le projet.

Peu de retombées

À la question posée par Claude Bouchard, directeur du développement industriel à Promotion Saguenay, il a été possible d’apprendre que le Saguenay-Lac-Saint-Jean bénéficiera de seulement 9 % des retombées économiques, soit 50 M $.

Les entreprises de déboisement sont celles qui pourraient potentiellement bénéficier des plus grandes retombées avec des contrats prévus totalisant entre 70 et 90 M $. Les entreprises œuvrant dans la fourniture et le montage d’acier pour les pylônes sont celles qui devraient être gagnantes, mais la plupart n’ont pas leur siège social dans la région, ont expliqué les représentants d’Hydro-Québec.

La fourniture de carburant, d’hébergement, la location d’équipement, l’amélioration d’équipement devraient tirer leur épingle du jeu.

Caribou forestier

Au plan environnemental, la protection du caribou forestier dans une partie du corridor de la nouvelle ligne de transport a fait l’objet d’interrogations. Hydro-Québec prévoit adopter une mesure spéciale de protection pour cette espèce menacée dans une zone de 9 km dans l’aire de répartition Pipmuacan. Une réserve future de biodiversité devrait être mise en place par Québec dans le secteur.

Sous les lignes aménagées, un couvert forestier sera laissé en place pour laisser un dégagement variant entre 18 et 32 mètres entre la cime des arbres et les lignes. Cette mesure nécessitera toutefois un rapprochement des pylônes dans le secteur. Selon les explications fournies, environ 400 caribous forestiers fréquentent une aire d’environ 2000 km carrés.

Parmi les propriétaires présents, Bernard Saint-Louis, de la Pourvoirie Monts-Valin du Archer, a fait part de certaines interrogations étant donné que la nouvelle ligne se retrouvera à 159 mètres de ses installations, ce qu’il considère comme une nuisance future pour ses clients en raison du bruit et de la vue sur le paysage qui sera affectée.

La question d’émissions de gaz à effet de serre reliées à la construction de la nouvelle ligne a été soulevée. Selon Hydro-Québec, la nouvelle ligne aménagée devrait permettre l’évitement de pertes d’électricité équivalant à 37 mégawatts d’énergie annuellement, soit l’équivalent de la production d’une petite centrale hydroélectrique.

Les audiences amorcées lundi se poursuivront mardi à 13 h.

Quant à la seconde partie des audiences, elle aura lieu le 25 février prochain.