Marlène Deveaux veut en savoir plus

La Société de la vallée de l’aluminium (SVA) attend de connaître le détail du programme de garanties de prêts de 100 M$ du gouvernement du Québec pour les entreprises de deuxième et troisième transformation avant de qualifier ce programme mis sur pied pour contrer la taxe de 10 % sur les importations d’aluminium par le département américain du Commerce.

La présidente de la SVA, Marlène Deveaux, affirme attendre les détails du programme gouvernemental avant de se prononcer. Les programmes, poursuit Mme Deveaux, sont conçus avec un certain nombre de critères et les entreprises doivent répondre à ces critères pour y avoir accès. Elle est toutefois satisfaite de l’intérêt porté par le gouvernement du Québec à la situation des entreprises de deuxième et troisième transformation.

La présidente de la société affirme qu’un certain nombre d’entreprises de la région vont devoir composer avec l’imposition de cette taxe. Elle préfère éviter d’identifier spécifiquement les entreprises en question et désire que les propriétaires qui le veulent se fassent connaître.

« Les solutions ne sont pas nombreuses pour réussir à maintenir ses exportations aux États-Unis. Les clients américains n’accepteront pas de payer la surtaxe. Ils vont avoir le choix de s’approvisionner aux États-Unis dans les produits de deuxième et troisième transformation. Ou bien l’entreprise va décider d’absorber l’augmentation. C’est quand même 10 % que vous devez amputer de vos revenus. Ça risque de diminuer la rentabilité. Les garanties de prêts vont aider, mais il y a des intérêts et on n’en sait pas encore quel sera le taux », insiste Marlène Deveaux.

Elle identifie d’autres pertes dans la région. Les entreprises qui exportent vont devoir trouver d’autres marchés pour éviter de devoir absorber la taxe américaine. En attendant, il risque d’y avoir un ralentissement et toutes les entreprises qui font partie des chaînes d’approvisionnement de ces usines vont devoir composer avec ce ralentissement des affaires.

Elle cite sa propre entreprise en exemple, RS Métal. Il s’agit d’une entreprise spécialisée dans l’application de peintures industrielles sur des produits de métaux, dont certains sont fabriqués en aluminium. Elle est donc tributaire du volume des exportations puisque les États-Unis constituent le marché naturel pour les PME de la région spécialisées dans les deuxième et troisième transformations.

Comme le Canada n’a aucun contrôle sur la guerre commerciale que le président américain semble vouloir mener, Marlène Deveaux évoque la nécessité pour les PME de la région d’entreprendre des démarches visant la diversification des marchés d’exportation. Elle est consciente que cette solution demande du temps et des ressources considérables pour les entrepreneurs.

Selon le répertoire des entreprises régionales, au moins six entreprises spécialisées dans la transformation de l’aluminium risquent de subir les conséquences de la taxe américaine. Il s’agit de PCP Canada, General Cable, FjordAl, Sotrem-Maltec et Pexal Tecalum.