Jean Simard, président de l’Association de l’aluminium du Canada

Marché de l’aluminium: la déprime continue

Ce n’est pas demain la veille que les roulottes de chantier vont revenir sur les terrains de Rio Tinto pour la relance des grands projets AP60 et Alma II alors que le contexte mondial du marché de l’aluminium offre toutes les perspectives d’une crise parfaite avec un prix en déprime.

C’est du moins ce qu’il faut retenir d’une allocution du président de l’Association de l’aluminium du Canada Jean Simard, lors du lancement de la 50e édition de la revue spécialisée AL13. Les enjeux de l’industrie découlent d’une surcapacité mondiale de production combinée à un début de ralentissement économique qui tire la demande à la baisse.

«En ce moment, il n’y a pas un seul investisseur sérieux qui voit les conditions économiques nécessaires pour justifier un projet d’expansion de l’ordre de 1 à 2 G$. L’indice des commandes des manufacturiers qui permet d’évaluer la situation confirme un début de ralentissement important», explique Jean Simard.

Pour l’industrie de l’aluminium, les deux marchés majeurs qui ont une influence déterminante sur la demande et les prix sont ceux de l’automobile et de la construction. Les indicateurs de ces deux secteurs confirment aussi un ralentissement. L’économie mondiale a ainsi entrepris la décroissance d’une fin de cycle de 10 ans.

À ce constat s’ajoute la réalité chinoise. Ce pays qui produit plus de 50 % de l’aluminium sur la Terre et qui subventionne hautement l’électrolyse est aussi en situation de ralentissement économique. Les Chinois disposent d’énormes capacités de laminage en seconde transformation qui permettent maintenant de déplacer les productions nord-américaines dans des marchés traditionnels.

«Il y a aussi un autre facteur qui est le coût de construction des nouvelles usines. La Chine réalise des projets à 2500 $ la tonne de capacité de production alors que nos projets coûtent 8000 $ la tonne. Nous allons devoir travailler sur cet enjeu et cesser de voir une construction d’aluminerie comme la création d’emplois, mais comme une création de valeur. Nous allons discuter avec les syndicats pour améliorer cet élément», ajoute Jean Simard.

Prix à la baisse

Quant au prix mondial, l’industrie considère qu’il pourrait poursuivre sa baisse jusqu’à un plancher de 1500 $ US la tonne. Il est déjà assuré que le prix moyen de 2020 sera inférieur au prix moyen de 2019.

Plus de détails à venir.