L’usine de granules actuellement en construction.

L'usine de Barette-Chapais tire le maximum des petites billes de bois

Depuis plusieurs années, l’usine de Barrette-Chapais est reconnue comme étant une des plus performantes au Québec, avec un rendement matière sous la barre des 3,2 mètres cubes nécessaires pour produire 1000 pieds mesure de planche (pmp), alors que la moyenne québécoise avoisine 4 m3/1000 pmp. L’usine est si performante qu’elle n’a jamais fermé depuis 40 ans, même pendant les pires moments des dernières crises forestières, lance fièrement Benoit Barrette, président de l’entreprise située à Chapais.

« Le secret est dans le souci constant des détails », mentionne l’homme, qui parle de l’optimisation en termes de philosophie d’entreprise qui doit être partagée par tous les employés. Dès qu’on entre dans l’usine, la quantité de bois impressionne, car elle transforme 980 000 mètres cubes de bois par année, ce qui en fait le plus gros scieur au Québec. Pour parvenir à transformer autant de bois, la scierie opère cinq lignes de sciage, dont trois d’entre elles utilisent un procédé unique au Québec.

Au lieu de déplacer les billes sur un convoyeur avec des presses, les billes sont transportées dans les airs en les manipulant par des emprises aux extrémités, un procédé dénommé « end-dogger ».

« Ce principe est beaucoup utilisé dans l’Ouest canadien, mais à des vitesses beaucoup moindres », remarque Benoit Barrette, en rappelant que c’est son père, Yves, qui a développé le concept adapté aux petites billes du Québec à la fin des années 80.

Ce principe permet de scier plus rapidement, jusqu’à 36 billes par minute, et de manière plus efficace tout en offrant une meilleure précision, car les pièces sont plus stable, ajoute Réjean Dion, directeur des opérations de l’usine.

Après avoir implanté une première ligne de type « end-dogger » au début des années 1990, l’entreprise en a rajouté deux autres. Et depuis cette époque, Barrette-Chapais n’hésite pas à se lancer dans la conception et la fabrication de ses propres équipements lorsqu’elle ne trouve pas ce qu’elle veut sur le marché.

Et même quand les produits existent, l’entreprise exige d’acheter l’accès au code du logiciel pour le modifier selon ses besoins. « On veut maîtriser notre propre destinée, note Benoit Barrette. On ne veut pas attendre quelqu’un pour optimiser nos machines, car on a toujours eu avantage et intérêt à les optimiser nous-mêmes. »

Si bien que l’usine a bâti son propre réseau de 19 optimiseurs qui permet de faire des prévisions et d’assurer une bonne cohérence entre les prévisions et les produits. Ce système intégré permet même de choisir quel est le meilleur produit à faire selon une liste préétablie, note le dirigeant d’entreprise. « J’ai récemment appris qu’on fait du 4.0 depuis plusieurs années sans qu’on le sache », lance-t-il en riant.