L’union de femmes d’affaires et de coeur

Propriétaire de la boutique de chaussures pour enfants Au Petit Cordonnier, à Chicoutimi, Sylvie Côté a toujours eu le désir de créer un commerce qui vendrait à la fois des souliers et des vêtements pour les petits. Myrianne Savard, copropriétaire de la boutique almatoise L’Enfantillage, qui habille les plus jeunes, caressait la même idée. Le hasard a fait rencontrer les deux compétitrices, qui ont la même vision du service à la clientèle, et une alliance est née. L’union a abouti cette semaine avec l’ouverture d’une nouvelle succursale Au Petit Cordonnier, sur l’avenue du Pont Sud, à Alma.

Elles sont en tout quatre partenaires dans ce projet. Stéphanie Tremblay travaille depuis 12 années avec Mme Côté dans le commerce de Place du Royaume, et Geneviève Savard est devenue propriétaire de L’Enfantillage avec sa cousine, il y a un an.

« Nos deux duos se sont mis ensemble », résume Sylvie Côté, en entrevue, dans l’arrière-boutique où les boîtes de chaussures montent plusieurs pieds dans les airs.

Celle qui est propriétaire depuis près de 26 ans a reçu de nombreuses offres, d’achat ou de partenariat, au cours de sa carrière, mais aucune ne lui a laissé une aussi belle impression.

« Ce ne sont pas juste des femmes d’affaires, ce sont des femmes de coeur, souligne la gestionnaire. Nous avons le même amour des enfants et du service à la clientèle. »

Les dernières semaines ont été particulièrement intenses pour les partenaires.

Le nouveau Au Petit Cordonnier s’est installé dans le local libre voisin de L’Enfantillage, et des travaux d’aménagement ont permis de relier les deux boutiques, si bien que les clients peuvent naviguer de l’un à l’autre. Plusieurs milliers de dollars ont été investis.

Le quatuor ne voulait pas manquer la rentrée scolaire, période particulièrement achalandée. On retrouve d’ailleurs sacs à dos et boîtes à lunch dans les boutiques.

« Ç’a été un défi de constituer l’inventaire. J’avais déjà fait toutes mes commandes pour Chicoutimi... Il n’y a pas encore tous les modèles à Alma, mais ça viendra », affirme Sylvie Côté, qui avoue qu’un inventaire de chaussures, avec toutes les grandeurs nécessaires, représente un montant considérable. Les articles vendus aux Almatois et aux citoyens des environs transiteront par Chicoutimi d’abord.

« Nous voulions offrir un commerce qui n’existait pas, innovateur. Nous sommes des spécialistes pour ce qui touche les enfants et nous voulions faciliter la vie des parents. Ça fait partie de notre mission », décrit Mme Côté, qui sentait un désir de la clientèle de voir Au Petit Cordonnier s’établir au Lac-Saint-Jean.

Photo Le Progrès, Gimmy Desbiens

Travailler pour des enfants présente des particularités.

« On ne peut servir qu’un client à la fois, indique Sylvie Côté. Dans un monde idéal, ça prend plusieurs personnes sur le plancher pour ne pas faire attendre. Les enfants se fatiguent vite, ils peuvent devenir impatients. Et ça prend du temps trouver la bonne chaussure ! Avec une petite fille, j’en ai essayé une douzaine avant d’arriver avec la bonne. Il faut qu’elle soit au goût de l’enfant... et à celui des parents ! C’est beaucoup de travail. »

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40 ANS À CHAUSSER LES PETITS

Sylvie Côté avait 16 ans quand elle a commencé à travailler à la boutique Au Petit Cordonnier, en attendant de retourner à l’école, il y a de ça près de 43 années. «Finalement, ç’a été mon école!»

La femme d’affaires expérimentée, même pendant l’entrevue, était toujours disposée à résoudre les problèmes avec aisance. Elle s’est replongée, le regard un peu nostalgique, dans ses souvenirs du commerce, présent depuis les débuts de centre commercial dans les années 70.

«Il y a eu la grève des professeurs et des autobus, et j’avais hâte de gagner des sous. À l’époque, c’était un peu normal de décrocher. Je voulais retourner à l’école pour devenir enseignante. C’est d’ailleurs un petit regret de ne pas l’avoir fait, mais je me suis épanouie ici. Le magasin allait bien, c’était extraordinaire de le voir tourner.»

Sylvie Côté se rappelle la routine de la rentrée: les parents venaient acheter des espadrilles de sport, des souliers et des pantoufles. Pour les temps plus froids, les clients recherchaient des bottes chics, des bottes chaudes et des bottillons. Elle remarque que dorénavant, les espadrilles sont plus prisées.

Celui qui l’a engagée a été son mentor. «J’ai appris la comptabilité, la gestion. C’est un peu ma famille ici. Je n’ai pas eu la chance d’avoir des enfants, alors en étant ici entourée d’enfants, je suis comblée. On crée un attachement avec les clients. Quand on dit travailler avec amour, c’est vraiment ça.»

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DES ASSOCIÉES EXPÉRIMENTÉES

Des associées expérimentées

Propriétaires de la boutique L’Enfantillage à Alma depuis un an, les cousines Geneviève et Myrianne Savard ont déjà une bonne expérience en vente de vêtements et d’accessoires pour les jeunes de 0 à 13 ans.

« Quand ça concerne les enfants, les parents sont prêts à payer beaucoup plus que pour eux-mêmes. Particulièrement pour les chaussures ! Ils veulent de la qualité, que ça puisse durer, que ce soit confortable et aussi que ce soit beau », remarque Geneviève Savard.

Le Progrès l’a contactée jeudi, durant la vente sous la tente organisée pour l’ouverture du nouveau Au Petit Cordonnier.

« C’est un beau projet, on n’a pas vraiment arrêté depuis un mois ! Nous sommes vraiment satisfaites du travail », lance-t-elle. D’importants travaux ont été réalisés dans la boutique almatoise, pour permettre la connexion avec la succursale voisine.

Du côté de L’Enfantillage, les partenaires d’affaires aimeraient développer davantage le service pour les articles de portage, de plus en plus prisés par les nouveaux parents pour transporter leur bébé. « C’est important de bien les conseiller dans ce domaine », souligne Mme Savard.