Louis Roy a fondé Optel, une entreprise spécialisée dans les systèmes de traçabilité pour les médicaments et les dispositifs médicaux, qui emploie 850 personnes dans le monde. Son rêve est de bâtir un monde meilleur pour donner un héritage viable aux futures générations.

Louis Roy, le meilleur entrepreneur au monde?

Depuis qu’il est petit, le pdg d’Optel, Louis Roy, a en tête de changer le monde. Ce samedi, il saura si ce rêve lui permettra de remporter le titre de meilleur entrepreneur au monde décerné par la firme Ernst & Young (EY) à Monaco.

Arrivé mercredi dans la principauté, celui qui a été élu entrepreneur de l’année au Canada par EY en 2017 n’est pas là pour se prélasser sur les plages. Entouré de l’équipe de EY Québec et du gagnant de l’an passé, le Canadien Murad Al-Katib, pdg de AGT Food and Ingredients, Louis Roy se prépare à la bataille. Cinq juges et 48 autres candidats lui font face. Il devra leur prouver qu’il mérite le titre. Le dernier Québécois à avoir remporté le trophée est Guy Laliberté en 2007. 

Avant son entrevue de 20 minutes, jeudi, Louis Roy a été soumis à une préparation digne d’un futur champion olympique: questions piège, positionnement, débit de la voix. Rien n’a été laissé au hasard. «J’ai dû répéter une cinquantaine de fois. Ils me disaient, tu parles trop vite, tu es trop technique, mets plus d’intonation, sois plus clair», confie M. Roy en entrevue téléphonique. «C’était un cours intense pour préparer le discours d’ascenseur, c’est-à-dire deux minutes pour présenter toute ton histoire, ta vision, et la direction de l’entreprise et 18 minutes pour répondre à des questions», poursuit-il.

Le défi a été relevé avec brio, a-t-il commenté vendredi, au lendemain de son passage devant les juges. «J’étais prêt, j’ai donné tout ce que je pouvais. Mon message est bien passé, je ne suis pas tombé dans les questions pièges. Je savais que si je tombais dans le technique, j’allais prendre tout le temps et j’ai réussi à dévier les questions en répondant au minimum et à passer mon message à la place», a expliqué le fondateur d’Optel, une entreprise spécialisée dans les systèmes de traçabilité pour les médicaments et les dispositifs médicaux, qui emploie 850 personnes dans le monde.

L’entrepreneur devait démontrer qu’Optel a un plan pour régler les problèmes d’environnement tout en faisant de l’argent grâce aux entreprises qui achètent son système.

«J’ai été chanceux. Une des juges avait beaucoup d’expérience dans le domaine de la traçabilité et de l’alimentation. Elle a presque répondu à ma place à une question. Ça a augmenté la crédibilité de notre plan d’affaires», révèle M. Roy.  

Une expérience enrichissante

Outre la préparation de son entrevue, le pdg a profité de son passage à Monaco pour participer à des conférences, rencontrer de potentiels partenaires de son entreprise et se faire connaître auprès de médias étrangers. 

Parmi eux, Les Échos, un journal français sur l’actualité économique, qui place le Québécois dans le top sept des potentiels gagnants.  

«C’est une place incroyable pour faire du réseautage. C’est l’fun de voir le monde qui reconnaît notre positionnement sur le marché, les solutions qu’on offre et qu’on veut aider à bâtir un monde meilleur», se réjouit-il.

Changer le monde

Bâtir un monde meilleur, voilà pourquoi Louis Roy se retrouve aujourd’hui en lice pour ce prix prestigieux. Cela peut paraître irréaliste aux yeux de certains de croire à ces changements et à des êtres humains responsables et altruistes, mais pour le principal intéressé cette vision et cette volonté sont loin d’être une lubie.

Son parcours et ses choix entrepreneuriaux datent d’il y a longtemps. Dès son plus jeune âge, il s’intéresse à ces questions grâce aux discussions avec son père agronome pour qui l’équité sociale et l’environnement étaient importants.

«À 15 ans, j’étais dans l’impossibilité de faire autre chose que d’essayer de trouver une solution. Je ne pouvais pas voir ma vie en fermant les yeux sur les connaissances que mon père m’a apportées. Quand j’ai fini mon bac en génie électrique, j’ai décidé de devenir entrepreneur», confie M. Roy. 

Qu’il gagne ou non ce samedi, il a déjà remporté un prix. Justin Trudeau lui a écrit pour le féliciter, et il sent que les gouvernements auront une oreille plus attentive à sa volonté de bâtir un monde meilleur pour donner un héritage viable aux futures générations.