L’ingénieure originaire de Chicoutimi Geneviève Chouinard s’épanouit chez Hatch, une firme de génie-conseil établie à Arvida.

L'international à partir de Saguenay

Après une carrière de 25 ans chez STAS et quelques années d’exil aux Émirats arabes unis, l’ingénieure originaire de Chicoutimi Geneviève Chouinard a choisi de poser ses valises chez Hatch, une firme de génie-conseil dont les bureaux régionaux se trouvent dans le secteur Arvida. C’est à partir de cette antenne que la professionnelle de 53 ans nourrit son ambition de travailler sur des projets d’envergure internationale, à partir de sa région natale.

Geneviève Chouinard est issue d’une famille où, dit-elle, tout le monde avait la bosse des mathématiques. Elle a entendu son père, ingénieur, répéter à elle et à ses deux sœurs qu’elles pouvaient aspirer à des études universitaires et à de belles carrières. Elles ont été encouragées à réaliser leur rêve. L’une est devenue ingénieure et les deux autres sont médecin et professeur d’université.

«Je viens d’une famille de workaholics. Quand j’étais petite, je m’intéressais beaucoup aux sciences et j’aimais construire des choses. Je faisais souvent des constructions en Lego », se souvient Geneviève Chouinard, rencontrée chez Hatch, une firme qui a hissé son enseigne sur le boulevard Mellon il y a moins d’un an. L’entreprise spécialisée dans les grands projets a une présence au Québec depuis 60 ans. Toutefois, elle demeure méconnue et c’est avec la volonté avouée de la mettre sur la carte que Geneviève Chouinard a ouvert la porte de son bureau au Progrès.

Valorisation scientifique et développement régional

« Quand je suis revenue en région, j’ai entrepris une maîtrise en gestion des organisations à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC). En acquérant plus de connaissances en recherche et en contribuant à identifier et à améliorer le processus par lequel la valorisation scientifique peut favoriser le développement régional, c’était un peu ma façon de redonner à la région », a-t-elle expliqué, à la faveur d’une entrevue.

Dans un cours de développement régional avec Marc-Urbain Proulx, il est apparu à Geneviève Chouinard que les grands projets sont souvent décidés en dehors de la région et qu’il est important de nouer des liens avec l’« extérieur ». 

«Les gens de la classe créative, comme les ingénieurs, doivent attirer ces gens-là en région. Ici, on a un bon bassin de connaissances et pour les grands projets, les clients veulent souvent faire affaire avec des gens de la place qui connaissent le milieu et les façons de faire», explique celle qui a obtenu son baccalauréat en génie unifié, option électricité, en 1988 et qui travaille à la rédaction de son mémoire de maîtrise. 

C’est dans ce contexte de tissage de liens qu’elle a entendu parler du désir de Hatch de venir s’implanter en région, non loin du Complexe Jonquière de Rio Tinto. La firme a déployé des effectifs à l’usine Vaudreuil.

L’ingénieure originaire de Chicoutimi Geneviève Chouinard s’épanouit chez Hatch, une firme de génie-conseil établie à Arvida.

Saveur locale

Le savoir-faire mondial de Hatch, pimentée à la sauce Saguenay, était une formule qui plaisait à Geneviève Chouinard. Elle a donc joint la firme de génie-conseil avec enthousiasme. 

Elle y œuvre en contrôle, automatisation et électricité. Animée du désir de développer le bureau, formé de six professionnels, et de faire connaître les activités de l’entreprise au public régional, l’ingénieure croit réellement en la possibilité de contribuer au déploiement de projets globaux, à partir du Royaume. 

«Ce que j’aime du milieu dans lequel j’évolue, c’est que Hatch est une structure horizontale plutôt que verticale et qu’il y a un grand désir d’inclusion. Je suis moi-même en faveur de la diversité. La diversité culturelle et générationnelle aussi. C’est ce qu’on aimerait atteindre ici au Saguenay», pointe Geneviève Chouinard, qui précise que des trois ingénieurs qui œuvrent au cabinet de Saguenay, dirigé par Michel Bouchard, deux sont des femmes. Ceci amène une valeur ajoutée au plan humain, estime-t-elle. 

«La diversité permet d’obtenir une multitude de points de vue, de contrer la rigidité de l’esprit de groupe, de renouveler les idées, d’amener une créativité plus fertile. La présence des femmes en ingénierie peut mener à une meilleure intégration des enjeux humains dans les travaux. Ceci est particulièrement important en cette période d’ébullition dans le domaine de l’intelligence artificielle », énonce-t-elle. 

Embauche

Hatch veut accroître ses effectifs ici en région en recrutant des ingénieurs et des techniciens. Geneviève Chouinard se montre discrète au sujet des dossiers sur lesquels planche son bureau, mais rappelle que Hatch est «une machine faite pour de gros projets» qui souhaite devenir «un pivot de développement du Grand Nord».

«Je pensais que j’étais une fille de PME, mais je me rends compte que c’est très agréable de travailler pour une grande compagnie. La culture est saine, la direction nous écoute et nous donne beaucoup de latitude. On peut changer de siège si on le souhaite», dit-elle. 

Geneviève Chouinard a deux garçons. L’un est actuaire et l’autre en voie de devenir ingénieur. Comme quoi la bosse des mathématiques a décidément quelque chose de génétique.