L’intégration comme clé du succès [VIDÉO]

L’attraction de travailleurs étrangers au sein d’entreprises régionales représente tout un défi quand on sait que 60 % d’entre eux repartent dans leur pays d’origine dans un délai de cinq ans. L’une des clés du succès pour retenir les immigrants réside dans la capacité des employeurs à les intégrer au sein des entreprises, mais surtout au sein d’un cercle social.

Ce message a été livré mercredi par Josée Bouchard, directrice générale de l’organisme Portes ouvertes sur le Lac, lors du forum organisé par la Société des fabricants régionaux à l’hôtel Delta.

Ce forum a été mis sur pied afin de bien informer les employeurs sur les ressources mises à leur disposition dans leurs démarches pour recruter de la main-d’œuvre étrangère, explique Christian Fillion, président de la Société des fabricants régionaux.

Des représentants d’organismes œuvrant dans l’accompagnement d’entrepreneurs, de consultants et services en immigration, du domaine juridique et du ministère de l’Immigration ont pu échanger sur divers aspects du défi des immigrants travailleurs.

Présentement, beaucoup d’entreprises comme Lar Machinerie, au Lac-Saint-Jean, et Fonderie Saguenay tentent d’attirer des travailleurs mexicains ou tunisiens pour combler leurs besoins.

Selon Mme Bouchard, la qualité de l’intégration des travailleurs immigrants et de leur famille joue un rôle très important dans le niveau de rétention des travailleurs immigrants temporaires qui aspirent presque tous à devenir permanents.

« Il faut se mettre dans la peau de ces gens qui arrivent dans un tout nouveau pays avec des coutumes, des comportements et des façons de faire différents. Parfois, il y a un déphasement entre le monsieur qui est déjà présent depuis un certain temps et sa dame, qui parfois se retrouve isolée dans sa nouvelle société d’accueil et qui convainc souvent son mari de retourner dans leur pays d’origine. »

L’ouverture d’un compte de banque, une demande de carte d’assurance-maladie et de permis de conduire, etc. ne sont que des étapes à franchir.

Le vrai défi se retrouve au niveau social, dans la capacité des personnes à tisser des liens avec la communauté. Mme Bouchard convient que la région est tissée serrée et que l’intégration n’est pas toujours facile. Elle souligne que les travailleurs qui arrivent avec leurs enfants sont plus susceptibles de s’intégrer facilement que les adultes.

C’est dans cette perspective que Portes ouvertes sur le lac a déposé aux autorités publiques un projet visant à mettre sur pied une nouvelle mesure de soutien aux immigrants par la formation de comités de bénévoles en milieu de travail et externes dont le but sera d’aider à l’intégration des immigrants. Ce projet pourrait s’ajouter à la publication d’un guide destiné aux municipalités accueillantes des trois MRC du Lac-Saint-Jean.

Le forum a été l’occasion pour la conseillère en immigration du ministère, Valérie Vermette, de présenter les grandes lignes des programmes destinés à recruter de la main-d’œuvre temporaire internationale.

De façon sommaire, Mme Vermette a expliqué qu’il existe divers types de programmes d’immigration, soit ceux destinés à attirer des travailleurs et des étudiants sur une base temporaire, d’autres pour les immigrants permanents, des programmes pour les bas salariés à un taux horaire de moins de 21,75 $ ou à hauts salaires, tandis qu’un autre existe pour les talents mondiaux.

Dans tous les cas, les employeurs doivent faire preuve de patience puisque les délais sont parfois longs et exigent des déboursés importants pour chaque travailleur recruté. Certaines entreprises vont jusqu’à défrayer 5000 $ par travailleur.

Valérie Vermette, conseillère en immigration au ministère québécois de l'Immigration a passé en revue les programmes destinés à accueillir des travailleurs immigrants.