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L’Institut économique de Montréal souligne les lacunes du régime forestier

L’Institut économique de Montréal (IEDM) attribue la perte de vitesse du secteur forestier québécois aux lacunes du nouveau régime forestier mis en place par le gouvernement du Québec et qui devait permettre de protéger ce secteur économique contre les guerres commerciales à répétition lancées par les industriels américains du sciage.

Dans une note économique intitulée Comment rendre le secteur forestier québécois plus compétitif, l’organisme livre un véritable plaidoyer pour remettre entre les mains de l’industrie la gestion des forêts. Les économistes de l’institut tirent à boulets rouges sur le régime forestier actuel qui doit être à son avis modifié en profondeur.

Les conclusions de l’IEDM ne sont pas étrangères aux critiques répétées de l’industrie à l’endroit du régime forestier mis en place en 2013. En résumé, l’industrie considère que ce régime a fait exploser les coûts de la fibre sans pour autant empêcher les scieurs américains de se lancer dans une nouvelle guerre commerciale.

« Le gouvernement s’est approprié la quasi-totalité des responsabilités de gestion de la forêt. C’est cette centralisation qui a complexifié la planification des activités des entreprises et contribué à faire augmenter les coûts d’approvisionnement », affirme Luc Vallée, économiste en chef de l’IEDM.

Le bilan de cette industrie qui représente toujours 60 000 emplois au Québec s’est légèrement amélioré entre 2017 et 2018 avec des prix records pour le bois d’œuvre sur le marché américain. À long terme, l’institut considère que la demande devrait demeurer forte, mais que les entreprises québécoises tardent à profiter de cette situation de marché favorable.

Les projections de l’IEDM sur l’avenir de l’industrie ne sont pas roses. L’économiste en chef estime que sans modification majeure du régime, l’industrie n’aura pas entre les mains les incitations nécessaires pour investir. En fin de compte, dit-il, le gouvernement se retrouvera dans une situation où il devra subventionner le secteur pour maintenir les emplois. Le conseil plaide en faveur d’un retour dans le passé sur les principes de gestion des forêts. Les auteurs de la note économique croient que le gouvernement devrait accorder aux entreprises plus de latitude dans l’aménagement forestier.

« Dans le passé, au Québec, c’est bien le gouvernement qui avait surestimé la capacité forestière. Et aujourd’hui, c’est encore à cause de lui si on ne récolte que les deux tiers de ce que la forêt peut offrir, ce qui n’a aucun sens du point de vue économique ou environnemental », précise l’économiste.

En guise de conclusion, l’auteur affirme que le gouvernement doit avoir l’humilité de se retirer de la gestion forestière. Il doit permettre une récolte plus intensive des volumes de bois. Il s’agit selon l’institut de mieux exploiter pour générer de l’activité économique tout en luttant efficacement contre les changements climatiques.

L’Institut économique de Montréal avance qu’aux États-Unis, la gestion privée des forêts donne des résultats supérieurs à ceux du Québec.