L’arrivée du géant pétrolier Mobil sur le boulevard Talbot, à Chicoutimi, semble avoir provoqué une certaine compétition entre les stations-service du secteur.

L’essence vendue à perte dans la région

Les automobilistes du Saguenay-Lac-Saint-Jean continuent de faire de bonnes affaires lorsqu’ils remplissent leur réservoir à essence. Difficile de prévoir jusqu’à quel moment l’économie va durer, mais les prix actuels permettent de démontrer que la compétition fait son œuvre.

Le prix moyen du litre d’essence ordinaire a rarement été aussi différent d’une station-service à une autre dans la région. Le boulevard Talbot à Chicoutimi remporte sans contredit la palme du prix le plus abordable, où les détaillants Ultramar et Canadian Tire se tirent la pipe avec un prix de 1,21 $ pour un litre d’essence ordinaire. Les deux dépanneurs sont situés à quelques mètres de distance.

Nouvellement installé, le géant pétrolier Mobil, placé juste en face du Ultramar et du Canadian Tire, affiche 1,22 $ le litre.

« Il faut se compter chanceux, admet le conseiller en communication chez CAA-Québec, Pierre-Olivier Fortin. Ça prouve que le libre marché et la compétition opèrent. Ce n’est pas toujours le cas dans les autres régions du Québec. »

Un peu partout au Lac-Saint-Jean, dont à Alma, le prix du litre d’essence affiche 1,29 $.

Pierre-Olivier Fortin avoue que l’arrivée du détaillant Mobil peut peser dans la balance. Il soutient que l’ajout d’un nouveau joueur ne peut qu’être bon pour rehausser la compétition, profitant ainsi aux consommateurs.

M. Fortin met également l’accent sur la marge au détail moyenne des 52 dernières semaines, qui permet d’établir les profits engendrés par litre vendu. Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, la marge est de 10 cents. En revanche, le coût d’acquisition se situe à 124,6 cents. C’est donc dire que les trois stations-service du boulevard Talbot vendent le litre d’essence à perte.

Ailleurs dans la région, le prix moyen à la pompe varie entre 1,24 $ et 1,30 $. Selon CAA-Québec, le prix moyen au Saguenay-Lac-Saint-Jean est de 1,26 $.

« Si on prend l’exemple de Montréal, où le magasin Costco, qui vend de l’essence depuis quelques années, a tendance à faire baisser les prix, où il y a beaucoup d’automobilistes et où il y a beaucoup de détaillants d’essence, toutes les conditions sont réunies pour que la compétition fasse son œuvre, a fait valoir Pierre-Olivier Fortin. Ce n’est pourtant pas ce qu’on voit, d’autant plus que la marge au détail est très élevée (moyenne de 13,3 cents au cours de la dernière année), ce qu’on ne peut comprendre ou justifier. »

C’est d’ailleurs dans la grande région de Montréal que le prix moyen du litre à la pompe est le plus élevé. Il en coûte tout près de 1,47 $ pour acheter un litre d’essence ordinaire, tandis que le coût réaliste est de 1,45 $ et le coût d’acquisition est de 1,32 $. Les profits sont donc bien réels.

Pendant ce temps, les automobilistes du Saguenay-Lac-Saint-Jean profitent du prix le plus bas au Québec, devant la région de Chaudière-Appalaches avec son prix moyen de 1,29 $, selon CAA-Québec. La situation va-t-elle perdurer encore longtemps ?

« Bien malin celui qui peut le prédire, et les stations-service ne vont pas nous dévoiler leurs stratégies et astuces, a exposé Pierre-Olivier Fortin. Ce qui est sûr, c’est qu’on n’est pas habitué de voir des prix aussi près du coût d’acquisition. Ça ne serait pas étonnant que les prix soient à la hausse éventuellement, d’autant plus que certaines stations-service doivent ronger leur frein. En attendant, on serait fou de ne pas en profiter. »

Avec l’arrivée des vacances de la construction, on pourrait être porté à croire que le prix à la pompe va augmenter. Le conseiller en communication chez CAA-Québec a tenu à remettre les pendules à l’heure.

À Dolbeau-Mistassini, le prix du litre d’essence affiche aussi 1,29 $.

« C’est un mythe de dire que le prix de l’essence va augmenter avant un long congé ou une période de vacances, a observé Pierre-Olivier Fortin. En regardant les tendances des dernières années, on remarque que l’été se retrouve dans le plus haut de la courbe parce que la demande est plus forte. Lorsqu’il y a une forte demande, ça fait augmenter les prix. »