Les PME d’ici misent le moins sur l’innovation

Les dirigeants de PME du Saguenay-Lac-Saint-Jean voient moins l’innovation comme levier pour leur entreprise que leurs semblables d’ailleurs au Québec. QuébecInnove, le Fonds de solidarité FTQ et Ernst & Young LLP (EY Canada) ont publié mercredi une étude de Léger sur les PME du Québec et l’innovation et les données révèlent que les PME de la région sont celles qui misent le moins sur l’innovation.

Seulement 67 % des PME de 25 employés et plus du Saguenay-Lac-Saint-Jean estiment que l’innovation améliorera leur productivité tandis que la moyenne provinciale est de 78 %. Moins de la moitié des entreprises de la région voient l’innovation comme un outil d’attraction et de rétention de la main-d’œuvre (48 %), un pourcentage bien inférieur au reste de la province où la moyenne est plutôt de 67 %. Seulement 43 % des entreprises estiment que l’innovation les aidera à développer de nouveaux marchés (contre 63 % en moyenne).

Évidemment, de telles perceptions se font sentir dans les investissements faits en innovation. Les PME de la région investissent moins que celles d’ailleurs au Québec. Au cours de la dernière année, seulement une entreprise sur deux (51 %) affirme avoir développé une innovation. Les chiffres révèlent également que les entreprises régionales investissement 35 % moins que la moyenne québécoise.

Peu de dirigeants de PME de la région (moins de 20 %) considèrent que les programmes d’aide à l’innovation sont adaptés à leur réalité d’entreprise.

Les collaborateurs à l’origine de l’étude estiment que les résultats obtenus doivent être perçus comme une invitation à tous les acteurs de l’écosystème de l’innovation à adapter leurs approches à la réalité vécue par les PME.

« Les entreprises ont de la difficulté à identifier les différents programmes gouvernementaux d’aide ou de subvention en appui à l’innovation ou à la recherche et développement qui leur sont pertinents. Elles s’accordent également pour dire que ces programmes ne sont pas adaptés à leur réalité. EY a effectué une analyse comparative dans plus de 40 pays sur les écosystèmes les plus performants et leurs programmes. Ceux qui arrivent à tirer leur épingle du jeu sont les écosystèmes structurés et coordonnés permettant aux gouvernements d’intervenir directement, avec seulement quelques programmes stratégiques répondant à leurs besoins », affirme Stéphanie Jean, fiscaliste et associée chez EY Canada.

« Cette étude témoigne de nombreux facteurs de succès pour le développement de l’innovation au sein des entreprises. Elle révèle toutefois un angle mort, celui des PME de 25 à 100 employés qui ont besoin de ressources et d’un soutien adapté à leurs situations spécifiques. Alors que l’économie du Québec fonctionne à plein régime, les PME, notamment les plus petites, en ont souvent plein les bras avec la gestion de leurs opérations et trouvent difficilement le temps de se projeter dans l’avenir. La structure de gouvernance d’une entreprise peut faire une différence quant à son développement et aux réflexes qu’elle développe en matière d’innovation et ce sondage nous le démontre clairement », conclut Isabelle Foisy, présidente-directrice générale de QuébecInnove.