Les maires du Lac toujours inquiets

Le Plan d’action pour l’aménagement de l’habitat du caribou forestier du Québec, qui doit entrer en vigueur au printemps 2018 selon la feuille de route du gouvernement du Québec, soulève toujours les mêmes craintes chez les maires du Lac-Saint-Jean. Ces derniers craignent des restrictions additionnelles sur les volumes de bois à récolter.

Le responsable de tout le projet caribou au gouvernement du Québec, le haut fonctionnaire Francis Forcier, était à Alma, mardi soir, pour présenter ce nouveau plan aux élus municipaux. Le gouvernement du Québec doit mettre en place des mesures afin de se plier aux contraintes fixées par le gouvernement fédéral pour sauver les hardes de caribou des bois qui subsistent dans la forêt boréale canadienne.

« Les efforts que nous allons faire seront concentrés sur les endroits où nous avons les meilleures chances et où il y aura un minimum d’impacts socioéconomiques », a insisté Francis Forcier.

Cette mouture du plan d’action a donné naissance à un nouveau concept désigné sous le vocable des « vastes espaces propices ». Ces nouveaux territoires administratifs seront gérés de façon à récolter du bois tout en protégeant l’habitat du caribou forestier. Dans ces zones, il est question d’utiliser des ponceaux temporaires pour accéder aux massifs afin de fermer leur accès une fois la coupe terminée.

Le responsable de tout le projet caribou au gouvernement du Québec, le haut fonctionnaire Francis Forcier, était à Alma, mardi soir, pour présenter ce nouveau plan aux élus municipaux.

Le gouvernement du Québec a d’autre part préconisé une stratégie différente pour modéliser le territoire du cervidé. Le gouvernement fédéral préconise la méthode de la harde par petit territoire alors que Québec préconise l’approche selon laquelle deux ou trois hardes peuvent fréquenter le même vaste paysage forestier.

Sur ce point, Francis Forcier a insisté sur la volonté du ministre de présenter à Ottawa une solution québécoise à la situation du caribou forestier et non la solution préconisée par les fonctionnaires fédéraux.

« Cette approche donne une meilleure marge de manœuvre », indique le haut fonctionnaire. Elle permet de mieux répartir le taux de perturbation des territoires en fonction d’un grand paysage et non d’une petite zone.

La période des questions a clairement démontré que malgré les explications et les enjeux reliés à la position du gouvernement fédéral, il y a des craintes parmi les élus et l’industrie. L’expérience de la chouette tachetée sur la côte ouest américaine a été ramenée sur le tapis. Les Américains ont pratiquement fait disparaître l’industrie forestière de l’Oregon avant de constater que la récolte forestière n’avait aucun lien avec la précarisation de ces oiseaux.

Les élus municipaux refusent d’adopter des mesures sans la certitude qu’elles auront un véritable impact sur les populations des hardes. Dans cette équation, il reste une vaste inconnue qui est celle des changements climatiques sur le déplacement vers le nord des animaux qui préfèrent le froid.

Le gouvernement a de plus l’intention d’avoir une idée très précise du portrait du caribou forestier au cours des trois prochaines années. Un budget de 7 M$ a été voté pour réaliser un inventaire complet de toutes les hardes. Les biologistes vont de plus installer des colliers additionnels pour faire le suivi des bêtes sur le territoire.

Il est impossible pour le moment d’obtenir les impacts de ce nouveau plan sur la possibilité forestière. Le plan devra être mieux défini sur le terrain avant d’obtenir une mesure précise sur les impacts quant à la possibilité forestière.

Le gouvernement du Québec devra obligatoirement satisfaire les demandes du gouvernement canadien. Ottawa pourra, dès l’automne prochain, adopter des décrets pour protéger l’habitat du caribou forestier et rien n’assure que les fonctionnaires du gouvernement canadien vont faire dans la dentelle pour épargner les collectivités forestières.

Le maire Marc Asselin d’Alma a prononcé le mot de la fin en rappelant une rencontre avec un sous-ministre du ministère canadien de l’Environnement.

« Le sous-ministre à Ottawa avait répondu très simplement que leur objectif était de sauver le caribou forestier nonobstant les effets collatéraux. C’est assez troublant de voir qu’Ottawa utilise vos données et que ce sont eux qui ont en bout de ligne le gros bout du bâton. »