Sur 40 invitations lancées à des entreprises qui oeuvrent dans des domaines en lien avec les formations offertes à Jonquière, 34 ont répondu présentes.

Les jeunes courtisés à l’école

La pénurie de main-d’œuvre en région est réelle. Si bien que de nombreux employeurs se sont précipités, mercredi, à la première édition du rendez-vous de l’emploi organisé par le Centre de formation professionnelle (CFP) Jonquière. L’activité avait lieu à l’édifice du Royaume, où employeurs et étudiants ont pu vendre leur salade.

Directeur du centre, Carl Dumas a confié que sur 40 invitations lancées à des entreprises qui œuvrent dans des domaines en lien avec les formations offertes à Jonquière, 34 ont répondu présentes. Certains employeurs sont même venus d’aussi loin que la région de La Tuque tellement ils peinent à recruter du personnel spécialisé chez eux.

« On a pensé à organiser l’événement un peu sur le tard. Des gens comme Rio Tinto, Saguenay et Bell nous ont dit qu’ils seraient là l’an prochain. Pourquoi on a organisé ça ? C’est parce que les employeurs qui embauchent des jeunes qui proviennent de nos programmes nous disent que le besoin est criant. La pénurie touche particulièrement le domaine de la construction », a résumé Carl Dumas.

En discutant avec des représentants d’entreprises qui avaient érigé un stand au CFP Jonquière, on comprenait toutefois que le manque de main-d’œuvre prévaut aussi en mécanique industrielle. Les machinistes et les soudeurs sont une denrée rare.

« La formation professionnelle a longtemps été boudée. Les jeunes ont beaucoup été poussés par leurs parents vers les études collégiales ou l’université. Il y a eu une baisse de la valorisation des programmes et on en ressent les conséquences aujourd’hui », confirme Marie-Jeanne Bonneau, directrice du développement international chez Dodec. Elle et sa collègue directrice administrative, Sylvie Bonneau, ont rencontré de la relève prometteuse lors du rendez-vous de l’emploi et ont recueilli plusieurs curriculum vitae. Les deux femmes s’entendaient pour dire que ce type d’événement met la table à une opération de séduction.

« On discute avec les formateurs et on les invite à venir nous voir avec leurs élèves pour des visites industrielles. On est fiers de montrer notre usine et on sait qu’il faut commencer à aller chercher les jeunes tôt », a poursuivi Marie-Jeanne Bonneau.

Chez Groupe industriel Ami, la directrice des ressources humaines, Geneviève Bilodeau, a confié que la pénurie de main-d’œuvre force l’entreprise à refuser certains contrats.

« Il n’y avait pas de finissants parmi les élèves qu’on a rencontrés, mais on a pris contact avec une vingtaine de personnes », a relaté la responsable de l’entreprise qui est à la recherche de mécaniciens industriels.

Marc Lapointe, directeur chez Franklin Empire, était à la recherche de la perle rare : un commis aux ventes dans le domaine de l’électricité. Lorsque rencontré par Le Quotidien, il était satisfait du fruit de ses rencontres.

L’étudiant en électromécanique Tommy Kirouac ne finira sa formation que l’an prochain, mais il était déjà courtisé par des employeurs.

Courtisé
Tommy Kirouac, 19 ans, est passé par le cégep avant de se diriger vers la formation professionnelle en électromécanique. Il n’a jamais regretté son choix. D’autant que le jeune homme, qui n’obtiendra son DEP que l’an prochain, est déjà courtisé par des employeurs.

« Il y a beaucoup de demandes pour mon domaine et c’est un peu pour ça que je l’ai choisi. Je ne suis pas prêt à entrer sur le marché du travail, mais c’est intéressant pour moi d’être ici pour me faire des contacts et pour voir dans quel domaine je vais travailler après mon cours », a déclaré l’étudiant.

Carl Dumas aimerait que la seconde édition du salon soit élargie.

« La réponse est excessivement positive. Le message qu’on envoie aujourd’hui aux jeunes et aux gens sans emploi c’est “venez en formation professionnelle. Les employeurs viennent directement chez nous pour trouver leur main-d’œuvre” », a conclu le directeur.