Parmi le personnel d’Industries GRC, on compte un jeune autiste, Danick Girard. Une façon pour l’entreprise de s’acquitter de sa mission sociale.

Les Industries GRC misent sur les ressources humaines

Le développement et la croissance d’industries manufacturières dans une région comme le Saguenay-Lac-Saint-Jean nécessitent d’être à la fine pointe du côté technologique, mais exigent également d’apporter une grande attention à la gestion des ressources humaines.

Pour le président d’Industries GRC, Patrick Bourgeois, accompagné lors de la rencontre avec Le Progrès de la directrice des ressources humaines, Stéphanie Boily, la recette du succès en entreprise compte ces deux ingrédients essentiels. Les deux ont dû trimer dur depuis l’acquisition de l’entreprise en 2014 pour redresser la situation.

Patrick Bourgeois, président-directeur général, et Stéphanie Boily, directrice des ressources humaines, sont fiers du travail accompli depuis deux ans au chapitre des relations de travail.

L’entreprise manufacturière, installée depuis 33 ans sur la rue de la Salle à Arvida, se spécialise dans la découpe, l’assemblage, la finition et la peinture d’équipements spécialisés à partir de tôle d’acier, d’aluminium, de cuivre, d’inox et de plastique Lexan. L’entreprise fabrique, entre autres, de courtes séries de pièces entrant dans la fabrication de boîtiers électriques pour des clients comme Hydro-Québec, Alstom, Grimard ou encore ADD, qui commercialise des bornes de recharge électriques pour les voitures. L’entreprise compte une centaine de clients qui lui confient, selon les commandes, jusqu’à 250 tâches de travail différentes.

Au cours des dernières années, GRC a décidé d’entreprendre un virage en procédant à des investissements de l’ordre de 3 M $ dans l’acquisition de nouveaux équipements et en reconfigurant la chaîne de production de l’usine.

Parmi les pièces produites par GRC, on compte des composantes entrant dans la production de bornes de recharge pour autos électriques.

« Il y a quatre ans, l’usine comptait quatre machines poinçonneuses. On en a gardé une seule et avons acquis une machine au laser optique qui sert à découper le métal avec précision. Nous avons acquis une nouvelle presse plieuse. On en a maintenant trois dont les logiciels de programmation sont interconnectés. Avant ces acquisitions, on travaillait sur trois quarts de travail. En entrant ça, on serait capable de tripler la production », explique M. Bourgeois lors d’une tournée en usine.

Depuis son entrée en scène en 2014, M. Bourgeois constate que produire des pièces de métal en courte série en région n’est pas un défi facile à relever puisque la production de grande série est principalement l’apanage des fabricants chinois tandis que l’industrie du plastique accapare de plus en plus de marché au plan international. « Auparavant, on fabriquait des pièces pour des boîtes de camions réfrigérés fabriquées à Grand-Mère. Ça valait 1,5 M $. La production plastique a été développée et c’est rendu à 50 000 $. Le plastique et l’Asie représentent davantage ma compétition que les entreprises d’ici ou de la Beauce. Il faut constamment se réinventer. Ce qui nous distingue est la vitesse d’exécution et la qualité des produits », explique M. Bourgeois.

Un système de découpe au laser a permis d’améliorer les performances de production de pièces de précision.

Le prochain investissement projeté consistera à moderniser la chambre de peinture sur poudre et la chambre de cuisson.

Ressources humaines

Au-delà des investissements et de la croissance qui se poursuit, ce qui rend M. Bourgeois le plus fier est le travail accompli dans la gestion des ressources humaines et le climat de travail. Il ne cache pas qu’à son arrivée en 2014, le climat était mauvais, les employés se faisant constamment des reproches à chacune des étapes de production, ce qui empoisonnait les relations. Il en résultait que les taux d’efficacité à la production atteignaient un seuil de 40 % à 45 %.

De concert avec le Syndicat des Métallos de l’usine, un comité de concertation formé avec Trigone, le ministère de l’Économie et Emploi Québec, du travail a été accompli afin de développer parmi le personnel un esprit de collaboration. « À titre d’exemple, les chefs d’équipe syndiqués sont près des opérations. Chaque matin, des rencontres ont lieu pour faire le point et ajuster la production selon les échéanciers. En cas de problème, une partie de l’équipe peut aider une autre selon un principe de polyvalence. Depuis deux ans, le plancher s’est approprié le plancher. Tout le monde est à son affaire et les opérations sont autogérées », évoque-t-il.

En cas de difficultés ou de réussites particulières, un repas pizza est offert.

Une autre mesure mise en place consiste à offrir des horaires flexibles. Des employés ont le choix d’entrer au travail de 5 h 45 ou 7 h 30 à 16 h et de se présenter à l’usine pendant quatre ou cinq jours, selon le choix. Ceux qui travaillent sur quatre jours peuvent même travailler en supplémentaire le vendredi, ce qui plaît à certains d’entre eux.

Cette autonomie acquise parmi le personnel permet de dégager le président-directeur général afin qu’il se consacre au développement de nouveaux marchés et ce, à même un bureau présent sur la rue Racine à Chicoutimi. « Mes valeurs en tant que chef d’entreprise sont le respect, l’humain et l’esprit d’équipe. Je travaille pour le plaisir. J’aime que les gens avec qui je travaille aient du plaisir. Faire de l’argent sur le dos des autres, ce n’est pas mon genre. »

Dans le cadre de l’accomplissement de sa mission sociale, GRC a procédé à l’embauche d’un jeune autiste affecté à différentes tâches. Il s’en acquitte avec attention.