Les festivals attendent la suite

La saison estivale semble, en pleine période de confinement, encore à des années-lumière. Toutefois, c’est loin d’être le cas pour les comités organisateurs et les promoteurs qui travaillent depuis des mois à préparer les rassemblements, festivals et spectacles d’envergure prévus cet été au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Les annulations se multiplient déjà en raison d’un dénominateur commun, la maladie à coronavirus.

La semaine a débuté abruptement, lundi, avec l’annulation de l’épreuve de 32 km et du 10 km FINA de la Traversée internationale du lac Saint-Jean. Mardi, c’était au tour de l’organisation du Festival Country de Labrecque d’y aller d’une même annonce via sa page Facebook. Et le Festival du Bleuet de Dolbeau-Mistassini annonçait, la semaine dernière, l’annulation de sa 60e édition.

Le festival À l’eau Péribonka est le dernier à avoir annoncé l’annulation. Le président, Fabien Gagnon, a confirmé au Progrès, vendredi, que la 18e édition du festival n’aura pas lieu. L’événement accueille chaque année plusieurs activités en lien avec la Traversée internationale du lac Saint-Jean, dont le départ du 32 km qui n’aura pas lieu cet été.

La majorité des comités organisateurs et promoteurs d’événement régionaux se retrouvent dans le même bateau, celui de l’incertitude. C’est le cas de l’équipe du festival La Noce, prévu à Saguenay du 2 au 4 juillet.

« Notre conseil d’administration se réunit la semaine prochaine. Techniquement, les mesures de confinement sont jusqu’au 13 [avril], mais on ne connaît pas la suite. On attend les prochaines communications du gouvernement », a mentionné Fred Poulin.

L’équipe de La Noce jongle avec deux options quant à l’actuelle édition. Le travail de préparation se poursuit, tout en limitant les dépenses ainsi que les projets d’envergure. Fred Poulin cite en exemple des demandes de décors, qui, en raison des consignes gouvernementales, pourraient être fabriqués dans un plus court délai. Le second scénario est, sans grande surprise, celui de l’annulation.

À travers toute cette tempête, il souligne la collaboration qui s’est organisée entre plusieurs festivals du Québec. « On essaie de s’aider. On se partage l’information. Quelqu’un qui obtient une réponse la partage aux autres. On s’aide comme on peut », a expliqué Fred Poulin.

Prévus en juin, le Festival des camionneurs de La Doré et le Festival Saint-Honoré dans l’Vent attendent, eux aussi, les prochaines directives gouvernementales. Le comité organisateur a déjà pris l’initiative d’abandonner, pour cette édition, le volet international de cerfs-volants. En revanche, les cervolistes québécois et canadiens demeurent intéresser à participer à l’événement s’il a lieu.

« Nous sommes prêts à présenter le festival si nous avons l’accord des instances gouvernementales. Toutefois, nous sommes conscients que les choses ne se présentent pas bien », laisse tomber le président Lucien Villeneuve, qui mentionne que le festival jongle entre les options de tenir l’événement, de le reporter plus tard cet été ou de le reporter à l’été 2021.

D’autres organisations du Saguenay–Lac-Saint-Jean ont déjà confirmé l’annulation de leur événement. C’est le cas des Fêtes d’été de Sainte-Jeanne-D’arc, qui devaient se tenir au début du mois de juin. Le festival La Note en Folie de Saint-Augustin s’est également retrouvé dans l’obligation d’annuler sa 15e édition du festival, prévue 12 et 13 juin.

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L’équipe de Festirame retient son souffle

Figurant parmi les premiers festivals prévus au calendrier estival, la corporation Festivalma, qui chapeaute Festirame, retient son souffle. Comme bien des événements, les scénarios sur la table sont multiples face à l’inconnu qui enveloppe le Québec. Le dévoilement de la programmation de Festirame et de La Grande Nuit d’Alma, prévu la semaine dernière, a dû être reporté, alors que le sort de la 47e édition n’est pas encore scellé. 

« On a différents scénarios. Chaque semaine, le grand conseil d’administration se réunit virtuellement. On reste également en contact avec nos comités. On envisage des scénarios, tout en restant à l’affût des consignes gouvernementales », mentionne la directrice générale, Janie Maltais, qui assure que son équipe oeuvre, pour le moment, en fonction d’un calendrier maintenu.

Habituellement, le dévoilement de la programmation rime avec la mise en vente des 7000 quelques passeports permettant d’assister aux neufs soirs de spectacle. Questionnée quant au report de cette vente et son incidence sur les finances du festival, Janie Maltais rappelle que de nombreux scénarios sont envisagés quant aux revenus et aux dépenses. 

Advenant la tenue de la 47e édition, le festival, qui comprend des volets culturel et sportif, pourrait bien être différent des éditions précédentes, alors que certaines activités pourraient être modifiées ou retirées de la programmation.

Malgré le temps qui presse, Mme Maltais a bon espoir en son équipe. Les bénévoles expérimentés et les personnes en place permettraient la réalisation d’un événement de grande qualité, malgré tous les chamboulements causés par la COVID-19. « On souhaite de tout coeur pouvoir offrir notre programmation. La semaine passée, on était prêts pour le dévoilement. Les visuels et les vidéos sont prêts, et les passeports sont imprimés » indique-t-elle. 

La directrice générale tient à rappeler qu’à travers cette incertitude, une chose prime : « C’est la santé et la sécurité de tout le monde qui prédomine, autant pour les équipes des artistes, les festivaliers et nos équipes de bénévoles », rappelle Mme Maltais.

Le comité est à évaluer une date limite pour l’annulation. 

Bryan Adams toujours au calendrier 

La venue de Bryan Adams à Place Festivalma, le 21 août, n’est pas, à ce stade, compromise. Janie Maltais indique de l’événement est toujours au calendrier et que les préparatifs sont maintenus. 

En revanche, Festivalma et CrossFit O’Lac ont dû prendre la décision de reporter la deuxième édition d’Epik Battle, prévue les 16 et 17 mai, à 2021.