Les éducatrices en CPE de la région ont voté à 92% en faveur de la grève générale illimitée.

Les éducatrices en CPE pour une grève générale illimitée

(Anne-Marie Gravel) – Les travailleuses des centres de la petite enfance de la région ont voté à 92 % en faveur de la grève générale illimitée.

Réunies en assemblée générale lundi matin, les quelque 500 travailleuses en CPE, membres du Syndicat des travailleuses des CPE et des BC du Saguenay-Lac-Saint-Jean – FSSS-CSN, ont affirmé qu’elles sont prêtes à poursuivre les moyens de pression. 

Une entente de principe est déjà intervenue avec le gouvernement concernant les clauses à incidence monétaire. Les points qui demeurent en litige concernent notamment les vacances et la banque de temps pour les travailleuses à temps partiel. 

Rappelons que les centres de la petite enfance de la région ont été répartis en trois tables de négociation. Une d’entre elles, représentant quatre CPE, est parvenue à une entente de principe en novembre dernier. 

« Nous avons fait un rapport détaillé des clauses réglées et non réglées. Nos membres sont, tout comme le comité de négociation, désolées et déçues de voir que les directions refusent de nous accorder ce que nos consœurs ont obtenu le 17 novembre dernier, explique la présidente du syndicat, Nathalie Duperré. Nos demandes sont sans incidence monétaire, mais surtout, dans certains CPE, elles sont déjà appliquées. Penser que les travailleuses en CPE vont laisser tomber leurs demandes, c’est bien mal les connaître. Ça fait plus de 30 ans que nous nous battons pour faire reconnaître notre profession et pour améliorer nos conditions de travail et nous n’avons pas l’intention de plier », affirme-t-elle. 

Engelbert Cottenoir, président du Conseil central du Saguenay-Lac-Saint-Jean, a assuré que les travailleuses peuvent compter sur l’appui de la CSN.

« Comment ces directions peuvent expliquer leur entêtement à ne pas accorder ces deux demandes syndicales qui ne coûteront rien aux CPE, se questionne-t-il. Depuis le début de leur négociation, les travailleuses ont un but, soit une région, une convention et elles mettront tout en œuvre pour y arriver. »

Les travailleuses des centres de la petite enfance sont sans convention collective depuis 35 mois. 

Le mandat de grève étonne 

(Mélyssa Gagnon) – Le mandat de grève générale illimitée obtenu par le Syndicat des éducatrices en centre de la petite enfance étonne l’Association patronale des CPE du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Le regroupement estime que les parents paieront le prix du « désaccord qui persiste à la table des négociations ».

« Pour nous, il est inconcevable que les travailleuses aient choisi cette option. D’ailleurs, nous nous questionnons sur ce qui leur a été présenté. Partout dans les médias, le syndicat affirme que l’ancienneté et les horaires de travail ne sont pas réglés, ce qui est complètement faux. La partie patronale a bel et bien présenté des demandes sur ces deux derniers sujets pour tenter d’offrir un service de meilleure qualité aux parents et aux enfants, mais devant la fermeture de la partie syndicale, nous avons décidé de les retirer entièrement », a affirmé la présidente de l’Association patronale, Aline Vaillancourt, par voie de communiqué.

Selon le regroupement patronal qui regroupe 18 CPE (24 installations et deux bureaux coordonnateurs), le syndicat continue d’affirmer publiquement que ces points ne sont pas réglés.

« Le Syndicat exige de nouveaux congés pour ses membres alors que ceux-ci en ont déjà beaucoup. Et c’est la situation de la main-d’œuvre qui empêche les CPE d’en octroyer de nouveaux. Depuis plusieurs mois, nous sommes aux prises avec un important manque de personnel qui fait en sorte qu’il nous est souvent difficile, voire impossible, d’octroyer les congés actuels. Nous ne ferons donc pas des promesses aux travailleuses que nous ne serons pas en mesure de tenir », a tranché Aline Vaillancourt.

Grève dans les CPE: Philippe Couillard déçu

(Meghann Dionne) – Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, écarte pour le moment l’adoption d’une loi spéciale advenant le cas où les éducatrices des 23 Centres de la petite enfance (CPE) de la région déclencheraient la grève. 

Il veut plutôt privilégier « les solutions négociées ». 

« Je suis déçu de voir ça. Ce dossier-là, au niveau national, il est réglé. On va voir comment les choses se déroulent avec les syndicats ici. Moi, je m’attendais à ce qu’on fasse tout pour préserver les parents de l’effet nocif de l’arrêt de travail », a déclaré le premier ministre.