Antoine Roussel, copropriétaire de l’Érablière au Sucre d’or, est agréablement surpris du soutien de la population en temps de crise.
Antoine Roussel, copropriétaire de l’Érablière au Sucre d’or, est agréablement surpris du soutien de la population en temps de crise.

Les clients à la rescousse des érablières

La saison semblait compromise pour l’Érablière au Sucre d’or de Laterrière, avec l’interdiction de rassemblements et l’annulation de tous les événements qui font habituellement vivre le commerce à ce temps-ci de l’année. Mais les clients ont entendu l’appel des producteurs et se sont rués sur les produits transformés de l’érable, afin de soutenir le commerce.

« La réponse du public a été formidable. On a été agréablement surpris. Je pense que le Saguenay–Lac-Saint-Jean a toujours été un endroit réputé pour la solidarité entre ses citoyens. On en voit les résultats », se réjouit Sylvain Néron, copropriétaire du commerce, en entretien téléphonique avec Le Progrès.

Tout de même, le copropriétaire a dû innover pour faire face à la pandémie. En effet, l’entreprise fait maintenant la livraison de ses produits, afin de respecter les mesures de distanciation sociale imposées par le gouvernement.

Les propriétaires d’érablières doivent innover pour s’en sortir pendant cette crise.

« On n’avait jamais envisagé de faire ça. On se concentrait sur notre importante clientèle commerciale avec les gîtes, restaurants, hôtels et auberges, qui vendaient nos produits. Aujourd’hui, on ne peut plus avoir accès à cette clientèle », explique-t-il, avant de souligner que les touristes européens représentent aussi une partie importante de sa clientèle habituelle.

La clientèle de l’Érablière au Sucre d’or s’est montrée solidaire du commerce.

Les gens intéressés par les produits doivent appeler pour faire la commande. Le producteur livre ensuite le plus rapidement possible, mais la demande est si forte que l’Érablière au Sucre d’or n’est pas en mesure de prendre de l’avance sur les commandes. De plus, les conditions saisonnières ne sont pas optimales, ce qui ralentit la production.

Ce contexte exceptionnel a fait ouvrir les yeux à Sylvain Néron sur les nouvelles manières de fonctionner et les attitudes de gestion à appliquer. Il remercie la clientèle de son soutien des dernières semaines et se dit très soulagé de la tournure de la situation.

Le Temaki vend ces alléchants cornets à la tire et au beurre d'érable.

Cabane à sucre Rose et Roland Girard

La Cabane à sucre Rose et Roland Girard a toujours compté sur les événements, brunchs et autres rassemblements pour faire la promotion de ses produits. L’entreprise laterroise a donc dû innover, elle aussi, pour se trouver de nouveaux revenus cette année.

C’est la première fois qu’elle utilise Facebook pour faire la promotion de produits. « Avant, nous les vendions lorsque les gens venaient bruncher. Ils achetaient donc nos produits directement à la cabane à sucre. Puisqu’ils ne viennent plus, notre garçon a décidé de mettre une publication sur Facebook avec nos produits et les prix », souligne Bruno Girard, en entretien téléphonique avec Le Progrès.

De nombreux produits sont disponibles à la Cabane à sucre Rose et Roland Girard, à Laterrière.
Ce printemps est bien différent des autres, à la Cabane à sucre Rose et Roland. La popularité des produits transformés aide le commerce familial à payer ses frais de production.

Une cinquantaine de personnes se sont donc déplacées au commerce familial, la fin de semaine dernière, pour s’approvisionner en produits de l’érable. Les clients n’ont qu’à appeler pour faire préparer leur commande et peuvent ensuite aller récupérer les produits. « On ne s’était jamais attardés à faire d’annonces comme ça. Mais cette année, on n’avait pas le choix si on voulait arriver à payer nos frais de production », admet-il.

Lui aussi a été agréablement surpris de la réponse des clients.

La Cabane à sucre Rose et Roland Girard misait habituellement sur les rassemblements pour vendre ses produits.

Temaki

Il y a trois ans, Michael Tremblay, propriétaire du Temaki, a acheté une érablière à Saint-David-de-Falardeau, afin de vendre des produits de l’érable à son restaurant. Aidé par les anciens propriétaires de la terre, l’homme souhaite que ses produits de l’érable soient d’aussi bonne qualité que sa spécialité, les sushis.

De son côté, la pandémie n’a pas trop affecté la vente de ses produits de l’érable. « Ils sont saisonniers. Quand tu as le goût, c’est maintenant ou jamais », illustre-t-il, en entretien téléphonique avec Le Progrès.

Le propriétaire n’a eu qu’à les mettre en évidence dans un nouveau coin épicerie de son restaurant. Ce nouvel aménagement et l’aspect nouveauté facilitent la vente des produits, estime-t-il.

Puisque le Temaki propose des repas à emporter, les clients se rendent tout de même au restaurant et peuvent se procurer les différents sirops, beurres d’érable et cornets.

Pour ceux qui désirent se procurer des produits de l’érable, il est préférable d’appeler au restaurant pour les réserver.

Les produits de l’érable Temaki sont offert dans le coin épicerie du restaurant.