Gaétan Côté et son gendre Mathieu Chiasson passent la saison estivale dans les pommes et les abeilles.

Les abeilles du rang Sainte-Famille de Pommes et cactus

Les cinq millions d’abeilles de Pommes et cactus se préparent à affronter l’hiver. Une période de repos bien méritée, puisque 6000 livres de miel ont été produites cette année au verger du rang Sainte-Famille. Après avoir pris soin des petits insectes rayés tout au long de la période estivale, les propriétaires de l’entreprise de Chicoutimi, Gaétan Côté et Mathieu Chiasson, se lancent maintenant dans la transformation de la fameuse ambroisie. Curieusement, toute cette histoire a débuté par une passion pour les cactus, il y a trente ans.

Gaétan Côté a toujours été un vrai passionné d’arboriculture. Il y a une trentaine d’années, il a commencé à s’intéresser aux cactus, jusqu’à augmenter sa collection à 600 plantes piquantes, chez lui. « J’aimais beaucoup la culture alors j’ai commencé à m’intéresser aux pommetiers en même temps que je cultivais des cactus. Je me questionnais pourquoi, dans la région, nous n’avions pas vraiment de vergers. J’ai posé des questions à des agriculteurs et on m’a dit que les arbres poussaient bien, mais que la variété de pommes n’était pas très bonne. Elles étaient spongieuses ou trop petites. Je me suis donc intéressé au sujet », explique Gaétan Côté, lorsque rencontré par Le Progrès plus tôt cette semaine.

Il a alors commencé à greffer des bourgeons à des arbres bien implantés et, au fil de ses expériences, il a pu naturaliser des variétés de pommes résistantes et aussi bonnes au goût. Il a testé une soixantaine de cultivars.

« Je n’ai rien inventé, mais j’ai plutôt naturalisé des variétés qu’on connaissait déjà. Aujourd’hui, nous avons plus de 300 arbres à maturité dans le verger », ajoute M. Côté, fier de son travail.

C’est à ce moment que les abeilles sont entrées en jeu.

« Je cherchais un moyen d’améliorer la croissance de mon verger. Je suis allé rencontrer des experts à l’île d’Orléans, notamment. Ils me disaient de mettre des hormones de croissance et des trucs dans le genre et je répondais que je ne voulais pas. Un jour, quelqu’un m’a demandé si j’avais des abeilles. C’est à ce moment que je me suis procuré ma première ruche », raconte M. Côté. L’homme travaillait alors comme conseiller pédagogique au Cégep de Chicoutimi. Il est retraité depuis trois ans, mais il n’a jamais vraiment chômé.

Plusieurs variétés de miel sont offertes chez Pommes et cactus.

De l’usine aux ruches

Au tournant des années 2000, son gendre, Mathieu Chiasson, perdait son emploi à l’usine Cascades de Jonquière, qui fermait ses portes. Il était mécanicien industriel.

« J’aidais déjà beaucoup mon beau-père les soirs et les fins de semaine et lorsque j’ai perdu mon emploi, je lui ai demandé si on pouvait se lancer là-dedans pour en vivre ! Il m’a dit qu’on allait essayer ! », raconte Mathieu Chiasson, qui a suivi une formation collégiale pour finalement décrocher son attestation d’apiculteur.

Pommes et cactus est ainsi passée d’une seule à 300 ruches au cours des 15 dernières années. L’hiver dernier ayant été plutôt rude, plusieurs abeilles n’ont pas survécu, mais une centaine de ruches, comptant entre 50 000 et 60 000 abeilles chacune, ont passé l’été à produire leur nectar. C’est donc dire qu’environ cinq millions d’abeilles se promènent dans le rang Sainte-Famille de Chicoutimi. Mais elles sont bien trop occupées à polliniser les champs et à s’occuper de leur reine pour se préoccuper des humains.

Mathieu Chiasson était mécanicien industriel, alors que Gaétan Côté était conseiller pédagogique. Aujourd’hui, ils sont propriétaires de Pommes et cactus.

+

DEVENIR APICULTEUR AMATEUR

Pommes et cactus ouvrira prochainement une boutique à même ses installations du rang Sainte-Famille à Chicoutimi. Présentement, la variété de produits est offerte en ligne et dans plusieurs points de vente, notamment les IGA. La petite boutique offrira également tout le matériel nécessaire pour devenir apprenti apiculteur, un loisir de plus en plus populaire.

Les abeilles ayant concocté environ 6000 livres de miel cette année, l’équipe de Pommes et cactus est actuellement bien occupée dans la transformation de l’ambroisie. Miel crémeux aux poires, aux framboises, aux fraises et aux pommes, miel de pivoines, de sarrasin, des champs et de bleuets, miel piquant aux piments forts et miel granulé ou en poudre; Pommes et cactus propose une grande gamme de produits. 

«On utilise beaucoup nos propres fruits pour nos recettes, mais on s’approvisionne également chez les producteurs locaux, notamment pour les piments et les fleurs. Par exemple, en collaboration avec les Fleurs Maltais, nous fabriquons du miel de pivoines, qui est assez populaire», note Gaétan Côté. 

Pommes et cactus confectionne également ses propres ruches en bois, que l’entreprise commercialise et vend aux apiculteurs professionnels ou amateurs. 

Des formations sont également offertes pour monsieur et madame Tout-le-Monde qui souhaitent apprivoiser le domaine des abeilles. «Les gens peuvent se procurer une ruche, puis suivre une formation avec Mathieu. Ils partent ensuite avec leur colonie et peuvent avoir une trentaine de livres de miel chaque année», explique M. Côté, précisant qu’il y a tout de même quelques règlements à suivre avant de se lancer dans ce loisir. 

Au printemps dernier, des groupes supplémentaires ont dû être mis sur pied, puisque les formations étaient très en demande. 

+

SAVIEZ-VOUS QUE...

• Les ouvrières réchauffent leur reine tout l’hiver. S’il fait entre cinq et huit degrés à l’intérieur de la ruche, la température peut monter jusqu’à 36 degrés au coeur, où la reine se trouve. Les abeilles n’hibernent pas, mais elles se plongent en période de dormance. 

• Chaque ruche a sa reine, qui peut pondre entre 2000 et 2500 oeufs par jour. Elle passe sa vie à l’intérieur de la ruche, alors que les ouvrières en prennent soin.

• À l’automne, les mâles sont invités à quitter le nid. Si les ouvrières leur montrent alors la porte, c’est qu’ils «ne servent plus à grand-chose» après la période de fécondation et ils passeraient l’hiver à manger leur réserve de nourriture...